A louer, 1 million d’hectares, gratuitement…

Ce qui se passe à Madacascar va se développer en Afrique Centrale, où une autre forme de « colonialisme » se développe, entre les pays émergents d’Asie (Chine, Corée) et ceux d’Afrique Centrale… Au Congo, dont je reviens, les Chinois ont développé une flotte de pêche, des usines de traitement du poisson, et viennent désormais, sur les marchés, concurrencer les petits pêcheurs Congolais !

Article paru sur « Boursorama » :

« L’offre peut, en ces temps de franche disette financière, paraître fantaisiste. Mais que l’on ne s’y trompe pas, elle est en réalité des plus sérieuses !

Ainsi la Corée du Sud vient-elle de signer avec Madagascar un bail de 99 ans portant sur la location de 1,3 million d’hectares de terres potentiellement arables, soit tout de même l’équivalent de la moitié de la superficie de la Belgique…

La Corée ne paiera aucun loyer pour l’usage de ces terres ! Mais il est vrai que les travaux de viabilisation devraient représenter un investissement de 6 milliards de dollars, pris en charge, lui, par Séoul.

Un tel accord paraît d’emblée répondre aux intérêts des deux parties : d’une part, Madagascar donne un coup d’accélérateur à la filiale agroalimentaire, l’un des axes de développement prioritaires de l’île, d’autre part, la Corée, 4e importateur mondial de maïs, pourrait à terme en produire jusqu’à 4 millions de tonnes sur place.

Qui plus est, il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autres : ainsi le conglomérat britannique Lonhro ambitionne de louer 2 millions d’hectares en Afrique tandis que les pétromonarchies du Golfe ont depuis longtemps déplié leurs cartes d’état-major pour étudier de tels desseins.

De tels développements ne manqueront évidemment pas de provoquer un concert de hurlements, lamentoso furioso, des chœurs traditionnels de l’Armée Verte… Alors, néocolonialisme nauséabond avançant à visage masqué ou bien plutôt pragmatisme incontournable et mutuellement bénéficiaire ?

Il va de soi que nous ne prétendrions jamais – ô grand jamais !… – trancher un débat aussi épineux et sulfureux. »

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