Boualem Sansal est libre !

« La liberté commence où s’arrête la peur. » Boualem Sansal

Enfin, une bonne nouvelle. Boualem Sansal est libre. Après un an d’emprisonnement en Algérie, l’écrivain franco‑algérien a été gracié par le président Abdelmadjid Tebboune, à la suite d’une démarche humanitaire du président allemand Frank‑Walter Steinmeier¹. L’annonce est tombée ce 12 novembre 2025 : Boualem Sansal, âgé de 76 ans, malade, sera transféré en Allemagne pour y recevoir des soins. Mais avant tout, il retrouve ce qu’il n’a jamais cessé d’incarner : la liberté de penser, de parler et d’écrire.

Merci à l’Allemagne

Merci à l’Allemagne, dont la diplomatie a su conjuguer fermeté et humanité. Merci au président Steinmeier, qui a parlé avec cette justesse tranquille qui donne du sens à l’histoire. Merci aussi à tous ceux — écrivains, journalistes, lecteurs anonymes — qui ont fait vivre, au fil des mois, la voix de Boualem Sansal quand on voulait la réduire au silence. En écoutant la conscience plutôt que la prudence, l’Allemagne a montré que la défense de la liberté d’expression ne se proclame pas, elle s’exerce.

Un écrivain de vérité

Depuis ses premiers romans — Le Serment des barbares, Harraga, Le Village de l’Allemand, 2084² — Boualem Sansal n’a cessé d’interroger la mémoire, la religion, la liberté, la peur. Il a dit, sans détour, ce que d’autres taisaient. Et s’il a dérangé, c’est parce qu’il a éclairé. Aujourd’hui, il retrouve la lumière du jour, sans rancune, sans emphase. Son combat devient le nôtre : celui de tous ceux qui croient encore que les mots peuvent ouvrir les consciences.

La joie d’un homme libre

Puissent ses livres circuler , ses idées respirer, ses mots retentir au‑delà des frontières. Puissent les jeunes lecteurs d’Algérie, de France, d’Europe et d’ailleurs, découvrir dans son œuvre un appel à la dignité, à la vérité, à la paix. Car chaque fois qu’un écrivain retrouve la liberté, c’est un peu d’air qui revient dans le monde.

« La liberté, disait‑il, n’est pas un droit acquis : c’est un combat sans fin. »³

Aujourd’hui, ce combat connaît une victoire. Et cette victoire, nous la partageons avec lui, dans la joie et la reconnaissance.

En savoir plus sur Boualem Sansal sur ce blog
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¹ Voir Reuters, « Algerian president pardons writer Boualem Sansal after German request », 12 novembre 2025.

² Voir Boualem Sansal, « 2084. La fin du monde », Gallimard, 2015.

³ Citation extraite de « Le Village de l’Allemand », Gallimard, 2008.

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