Souvenons-nous, veillons, aimons la France !

Chaque 11 novembre, la France se recueille. Sous la pluie ou le soleil, dans la pierre des monuments et dans le silence des clairons, elle se souvient de ses fils tombés pour elle. C’est un moment de vérité où le passé éclaire le présent, où les morts parlent encore aux vivants. Je pense, en ce jour, à mon arrière-grand-père Henry , tombé sur le front en 1915, à cinquante-six ans, c’est mon âge aujourd’hui. Il avait tout pour rester à l’arrière ; il choisit de partir. Il repose aujourd’hui quelque part entre Reims et Verdun, parmi ceux qui donnèrent leur vie pour que la France demeure libre. À travers lui, c’est toute une génération que j’honore : celle du courage tranquille, de l’amour de la patrie, du sens du devoir sans emphase.

Les morts pour la France, les morts parce que la France

Cent dix ans après sa mort, d’autres Français continuent de mourir pour la France — ou, devrais-je dire, parce que la France. Ceux du 13 novembre 2015, tombés dans les rues de Paris, aux terrasses des cafés, au Bataclan, ne portaient pas d’uniforme. Ils n’avaient pas choisi la guerre ; c’est la guerre qui est venue à eux. Ils sont morts parce qu’ils incarnaient ce que la France a de plus précieux : la liberté de rire, de chanter, de s’aimer.

Mais il y a aussi ceux qui sont tombés dans les opérations extérieures, loin du territoire national : au Liban, au Tchad, au Togo, en Centrafrique, au Rwanda, en Yougoslavie, au Kosovo, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Sahel, au Niger, et dans tant d’autres théâtres d’ombre où la France combat le terrorisme et défend la paix au nom de la liberté.
Ces soldats, souvent jeunes, ont porté le même uniforme que leurs aînés de 1914, de 1940 ou d’Indochine. Ils ont servi la même idée de la France : celle d’une nation qui ne se replie pas sur elle-même, mais qui assume sa part de responsabilité dans le monde. En ce jour du souvenir, leurs noms rejoignent ceux gravés sur les monuments : car dans les tranchées, à Kaboul ou à Gao, c’est le même combat — celui de la civilisation contre la barbarie.

La guerre a changé de visage

En Ukraine, des hommes meurent pour défendre leur terre et leur souveraineté. Au Proche-Orient, des enfants grandissent dans la peur, prisonniers de haines transmises comme un héritage. En Afrique, des villages entiers disparaissent sous la violence aveugle de factions fanatisées. Et partout, l’islamisme radical avance ses pions dans les failles de nos démocraties, exploitant nos doutes, nos faiblesses, notre fatigue morale. Comme l’écrit Boualem Sansal, « le fanatisme n’est pas une foi, c’est une peste ». Et cette peste, si nous cessons d’en parler par crainte de “stigmatiser”, finira par étouffer ce que nous avons de plus cher : la liberté de penser, de croire ou de ne pas croire, d’aimer, de débattre, d’exister.

La fidélité comme résistance

Il est de bon ton, aujourd’hui, de se méfier des mots de patrie, de devoir, d’honneur. Pourtant, c’est dans ces mots simples que réside la résistance la plus profonde. Être fidèle à la France, ce n’est pas se figer dans le passé ; ce n’est pas l’oublier non plus : c’est prolonger un héritage, sans jamais rien nier, pour comprendre et préparer l’avenir, celui d’une civilisation qui place la dignité humaine au-dessus de la peur. Une civilisation qui refuse de s’inscrire dans ce que certains nomment « le sens de l’histoire » , comme si l’histoire avait été écrite avant même d’être vécue. Nos ennemis veulent nous diviser, nous faire douter de nous-mêmes. La meilleure réponse n’est pas la haine, mais la fermeté ; non pas la vengeance, mais la mémoire. Car un peuple qui se souvient ne meurt pas.

Souvenir et vigilance

Ce 11 novembre 2025, en pensant à Henry de Ponton d’Amécourt et à tous les morts pour — et parce que — la France, je mesure combien la paix est fragile et précieuse. Elle ne vit pas d’incantations, mais de courage.
Elle ne se conserve pas dans la tiédeur, mais dans la fidélité. Souvenons-nous, veillons, aimons la France assez pour la défendre, encore et toujours, par la parole, par l’esprit, par l’exemple.

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