
Présenté comme une « trajectoire vers le désendettement », le projet de loi de finances pour 2026 n’est qu’un nouvel exercice d’illusion budgétaire. Derrière les promesses de rigueur, la dette enfle, les impôts s’ajoutent et les réformes attendront. La France n’a plus de cap : seulement une trajectoire, celle de l’endettement perpétuel.
Des taxes pour masquer l’absence de courage
Le déficit public reste à 4,7 % du PIB, la dette dépasse 3 345 milliards – soit plus de 48 000 euros par Français. L’État vit à crédit et appelle cela de la « responsabilité ». Au lieu de réduire la dépense, le gouvernement multiplie les taxes : sur les colis importés, les emballages plastiques, les tickets-restaurants … Une mosaïque d’expédients présentés comme équitables, qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Loin s’en faut. Chaque mesure est un pansement fiscal posé sur une plaie : celle d’un État incapable de se réformer. Quant aux projet de taxes sur le patrimoine financier, comme l’exprime David Lisnard : « Ce n’est pas une taxe sur la rente, c’est une taxe sur la réussite. » En France, l’effort devient suspect et le succès, taxable.
Un État fort pour taxer, faible pour réformer
Sous la promesse d’un “redressement”, tout continue comme avant : maintien du malus automobile, prolongation des contributions “exceptionnelles”, gel des dotations locales. Le service de la dette atteint désormais 55 milliards d’euros – plus que le budget de la Défense. Quant à la CRDS, impôt “provisoire” né il y a trente ans, qui devait s’arrêter en 2023, elle poursuit tranquillement sa route. En France, rien n’est plus durable qu’un impôt temporaire. L’État s’accroche à ses leviers fiscaux faute de réforme structurelle : aucune réduction du nombre de fonctionnaires, voire des augmentations, aucune simplification, aucune clarification des compétences. La dépense publique flirte avec 57,1 % du PIB, un record européen ; mais les services publics, eux, se dégradent. Augmenter la fonction publique, ne garanti pas la qualité du service public. A l’Hôpital, on a fermé des lits pour ouvrir des bureaux. Il fallait faire l’inverse.
Un budget social sans vision
Le versant social n’échappe pas au bricolage. Les réformes des retraites sont repoussées à 2028 ; ce decalage sera financé par le gel des pensions ; l’abattement fiscal de 10 % remplacé par un forfait de 2 000 €. La promesse de ne pas augmenter les impôts est tenue en baissant les exonérations. Les “économies” annoncées reposent sur un gel des cotisations sociales et la suppression d’allègements patronaux : autrement dit, un prélèvement supplémentaire sur le travail et sur les entreprises. On promet un équilibre budgétaire en 2029 : horizon lointain, repoussoir commode… L’agence Standard & Poors a baissé la note de la France dès vendredi, pour signifier qu’elle ne pense pas que les objectifs annoncés seront ainsi réalisés.
L’administration contre la nation productive
Pendant que les ministres promettent la simplification, la complexité prospère : facturation électronique obligatoire, contrôles redoublés, normes mouvantes. La suppression de la CVAE, impôt de production, annoncée en 2022, est repoussée à 2028. La France s’enlise dans la bureaucratie. « On ne sauvera pas la France en tuant ses entrepreneurs », avertit David Lisnard. C’est pourtant ce qui se joue : une asphyxie lente, méthodique, de la production et de l’investissement.
Une autre méthode est possible
Face à ce budget de replâtrage, Nouvelle Énergie propose une voie de refondation : réduire de 200 milliards la dépense publique, non par des coupes aveugles mais par la clarification des missions ; recentrer l’État sur le régalien ; stabiliser la fiscalité sur cinq ans ; récompenser le travail et la prise de risque ; restaurer la subsidiarité pour redonner de l’autonomie aux territoires. C’est la condition pour rétablir la confiance, moteur de toute prospérité.
S’inspirer de ceux qui pensent, pas seulement de ceux qui taxent
Le budget 2026 prolonge dix ans d’impuissance : un État qui s’endette pour retarder les réformes, un pouvoir qui se rassure en taxant, une administration qui croit gouverner en complexifiant. Pourtant, les solutions existent. Il suffirait de relire les travaux des deux derniers prix Nobel d’économie, Philippe Aghion et Jean Tirole. Le premier montre que la croissance vient de la “destruction créatrice”, c’est-à-dire de la liberté d’innover ; le second que la prospérité dépend de la confiance et de l’incitation, non de la contrainte. Dans le monde politique, tout le monde s’en félicite, mais personne ne les lit ! Ces deux économistes, pourtant français, tracent le chemin que notre pays refuse d’emprunter : celui de l’éducation, du mouvement, du savoir et de la création. À force de croire qu’on peut bâtir l’avenir avec des taxes, on oublie que seules les idées produisent de la richesse durable. La France n’a pas besoin d’une politique de rustine, mais d’une refondation fondée sur la liberté, la responsabilité et la confiance. Elle n’a pas besoin de bricoleurs, elle a besoin de bâtisseurs.
Notes et références
1. Selon l’INSEE, la dette publique des administrations publiques s’est élevée à 3 345,4 milliards d’euros à la fin du 1er trimestre 2025, soit 113,9 % du PIB (INSEE, 2025).
2. Le gouvernement a fixé l’objectif de ramener le déficit public à 4,7 % du PIB en 2026 (Ministère de l’Économie et des Finances, avril 2025).
3. La charge budgétaire de la dette est estimée à environ 55 milliards d’euros pour 2025 (Cour des comptes, rapport 2025).
4. La dépense publique représente 57,1 % du PIB en 2024 (Vie-publique.fr, 2025).
5. Selon le Haut Conseil des finances publiques, le ratio dette/PIB pourrait atteindre environ 118 % en 2026‑2027 (HCFP, 2025).
