Christian Saint-Étienne claque la porte du Conseil d’analyse économique. L’économiste a fustigé le nouveau gouvernement, avec lequel il se dit « en opposition totale » (AFP).

L’économiste Christian Saint-Étienne a annoncé sa démission du Conseil d’analyse économique (CAE), rattaché à Matignon, en s’affirmant « en opposition totale » avec les premiers choix du gouvernement Ayrault, dans un entretien au Figaro Magazine à paraître vendredi. « Je ne suis pas d’accord avec les orientations de la politique économique du gouvernement », déclare M. Saint-Étienne. « Je suis en opposition totale avec les options prises (…), qui sont contraires aux idées que je défends en tant qu’économiste depuis plus de vingt ans », ajoute-t-il.

Ces options sont également, fait-il valoir, « en contradiction avec les recommandations récentes de la Cour des comptes, de la Commission européenne ou encore du FMI et de l’OCDE ». « François Hollande a beau être doté de qualités indéniables, j’estime que lui et son gouvernement font fausse route et qu’il est de mon devoir de dénoncer les conséquences extrêmement négatives des premières mesures qui ont été prises », poursuit M. Saint-Étienne, se disant « inquiet et attristé ». « Je pense qu’ils mettent en oeuvre des actions contraires aux intérêts fondamentaux du pays, par ignorance de la réalité de la situation économique française », martèle-t-il, jugeant « impératif de corriger le tir ».

L’économiste, classé au centre droit, qualifie de « choix intolérable » la décision gouvernementale de revenir à la retraite à 60 ans pour certains salariés, estimant qu’elle « nie totalement les réalités économiques et la situation extrêmement précaire des régimes de retraite ». Il dénonce également pêle-mêle le choix de stimuler la consommation pour relancer la croissance, « une folie » selon lui au regard du déficit extérieur, l’abandon de la TVA sociale ou encore la taxation à 75 % des plus hauts revenus, promise par M. Hollande. Selon lui, les seules mesures annoncées par François Hollande en matière de fiscalité des entreprises vont entraîner « un choc fiscal représentant plus de 2 points de PIB ». « J’estime que cela pourrait conduire d’ici à l’été 2013 à plus de 300000 suppressions d’emplois », met-il en garde.

Lire un article du Point à ce sujet

2 commentaires sur “Christian Saint-Étienne claque la porte du Conseil d’analyse économique. L’économiste a fustigé le nouveau gouvernement, avec lequel il se dit « en opposition totale » (AFP).”

  1. L’honnêteté intellectuelle devrait mentionner que pour un qui démissionne (Saint Etienne (et ce n’est pas le plus brillant!!!), tous les autres ci-dessous listés, restent et nombreux sont ceux qui défendent une économie libérale (comme lui)…
    Excusez du peu:

    M.Philippe Aghion
    M. Patrick Artus.
    Mme Agnès Bénassy-Quéré.
    M. Jean-Paul Betbèze.
    M. Gilbert Cette.
    M. Philippe Chalmin.
    M. Daniel Cohen.
    M. Elie Cohen.
    M. Jacques Delpla.
    M. Michel Didier.
    M. Emmanuel Farhi.
    M. Jean-Paul Fitoussi.
    M. Xavier Gabaix.
    M. Olivier Garnier.
    M. Michel Godet.
    M. Francis Kramarz.
    M. Augustin Landier.
    Mme Mathilde Lemoine.
    M. Jean-Hervé Lorenzi.
    M. Philippe Mongin.
    M. Jean Pisani-Ferry.
    Mme Hélène Rey.
    M. Christian Saint-Etienne. (démissionnaire 12 juin)
    M. Gilles Saint-Paul.
    M. David Thesmar.
    M. Jean Tirole.
    M. Philippe Trainar.
    M. Jean-Pierre Vesperini

    Sachez, pour terminer, que je ne partage aucun concept avec tous les autres restant du CAE. Ce sont des libéraux, des physiocrates disait-on au siècle des lumières à la suite de Monsieur Du Pont de Nemours, Turgot…

    Bon week-end

  2. Y aurait-il censure?

    Mon commentaire n’est toujours pas passé.
    Quatre jours, déjà. Comme le temps passe vite.
    Bien à vous.

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