
Bordeaux, lundi 1er décembre 2025 – La Chambre de Métiers et de l’Artisanat Nouvelle-Aquitaine – Gironde et la CCI Bordeaux Gironde s’insurgent face à la revalorisation des bases minimales de Cotisation foncière des entreprises (CFE), votée le 9 septembre 2024 par la Communauté de communes Rurales de l’Entre-Deux-Mers. Dès 2025, cette mesure se traduit par des hausses spectaculaires, parfois supérieures à 700 %, pour les TPE et PME du territoire, suscitant colère et incompréhension parmi des entrepreneurs déjà en grande difficulté.
Une décision votée dans l’opacité
Les entreprises ont découvert fin octobre 2025, à la réception de leurs avis d’imposition, l’ampleur de cette augmentation. Aucune concertation, aucune information en amont : la hausse a été votée sans publicité ni transparence. À Sauveterre-de-Guyenne, un commerçant a vu ainsi sa CFE passer de 206 € en 2024 à 1 811 € en 2025, soit une augmentation de près de 800 %. Un artisan menuisier subit, quant à lui, une multiplication par huit de sa taxe. Dans certaines communes des Portes de l’Entre-Deux-Mers, la CFE a même été multipliée par cinq, voire par neuf pour certains commerçants et artisans. Un collectif rassemblant plus de 1 000 entreprises s’est déjà constitué pour exprimer son inquiétude et demander des explications.
Des conséquences dramatiques pour un territoire déjà fragilisé
Cette hausse brutale frappe de plein fouet un territoire rural où les TPE et PME, déjà éprouvées par l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie et les tensions de recrutement, n’ont tout simplement pas les moyens d’absorber un tel choc fiscal. Contrairement aux grands groupes, ces entreprises ne peuvent pas recourir à l’optimisation fiscale. Elles constituent pourtant le poumon économique des centres-bourgs, et leur fragilisation menace directement l’emploi local et la vitalité commerciale du territoire.
Les risques sont réels : fermetures d’entreprises, renoncement à l’investissement, désertification commerciale des centres-bourgs. Une question légitime se pose alors : les Communautés de communes sortiront-elles vraiment gagnantes d’une telle politique, au risque de tuer l’économie locale ?
Un appel pressant à la responsabilité des élus locaux
Pour Nathalie Laporte, Présidente de la Chambre de métiers et de l’artisanat Nouvelle-Aquitaine – Gironde, et le Président Seguin, « Les entreprises ne doivent pas assumer seules le manque à gagner des collectivités ». Déjà fragilisées par des crises successives, ces entreprises sont pourtant les piliers de la vitalité économique de nos territoires. « Il est urgent d’engager un dialogue constructif pour définir une fiscalité plus équilibrée et progressive », insistent-ils. En urgence, des possibilités d’étalement doivent être proposées et mises en place pour éviter toute fermeture.
Ils appellent ainsi la Communauté de communes Rurales de l’Entre-Deux-Mers et l’ensemble des EPCI à faire preuve de responsabilité, rappelant que « Nous soutenons avec force le collectif et nous sommes bien déterminés à faire en sorte que cette question se retrouve au cœur des prochaines élections municipales. ».
L’occasion de rappeler que les chambres consulaires sont à l’écoute des entreprises et collectivités pour trouver ensemble les meilleures solutions.
Contact presse : David Chevalier 0602020167 / Ludovic Groult : 0681316773

