Fiscalité, dépenses publiques… Pourquoi les salariés français sont-ils si mal payés ? [Tribune collective]

En France, le travail coûte cher… mais il ne paie plus. Pour qu’un salarié perçoive 1 000 € nets, son entreprise dépense 1 650 €. Pour 5 000 € nets, le coût grimpe à 10 800 €. Et pourtant, après prélèvements et inflation, le salarié a souvent l’impression de stagner – voire de s’appauvrir. Cet écart considérable alimente une profonde frustration. D’autant plus que la différence entre ce salaire minimum net et les revenus de l’assistance est trop faible pour justifier les efforts, les contraintes et les risques liés à l’exercice d’un emploi.

Le cœur du problème ? La France est l’un des pays au monde qui taxe le plus le travail. Mais ce que l’on appelle « charges sociales » est souvent trompeur : près de 43 % de ces charges sont en réalité des impôts déguisés. Elles ne donnent droit à aucune prestation en retour. Elles financent des dispositifs universels (RSA, logement, santé) qui bénéficient aussi à ceux qui ne cotisent pas. Dès lors, pourquoi les faire peser uniquement sur les revenus du travail ? A l’inverse, les impôts financent abondamment un système de retraite dit « par répartition » qui ne l’est plus !

Résultat :

  • Le taux d’effort de l’employeur pour augmenter significativement le salaire net est trop élevé ;
  • Les salariés sont découragés, car leur effort est peu ou mal récompensé ;
  • La société s’enlise dans une trappe à bas revenus et à inactivité.

Face à ce constat, les signataires appellent à un nouveau contrat social fondé sur la justice et l’efficacité :

  • Redonner 100 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux 28 millions d’actifs en cinq ans, en supprimant les charges non contributives sur les salaires ;
  • Réduire les dépenses publiques de 100 milliards d’euros (soit 6 % du total), en réformant l’appareil d’État et en supprimant les gaspillages ;
  • Réformer la fiscalité de la consommation pour rééquilibrer l’effort fiscal entre travail et consommation, comme le font la plupart des pays européens.

Ce contrat a plusieurs vertus : il redonne du souffle aux travailleurs, améliore la compétitivité, réduit le déficit, et envoie un message fort à ceux qui se lèvent tôt : le travail sera à nouveau reconnu à sa juste valeur.

Les signataires :
Arnaud Vaissié – Charles Beigbeder – Denis Payre – Olivier Babeau – Stanislas de Bentzmann – Benoît Perrin – Loïc Le Floch-Prigent – Marc de Basquiat – Pierre Danon – Martin Tronquit

Lire la tribune parue dans le FIGARO le 19 mars 2025

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