La difficile question du 19 mars 1962, cessez le feu en Algérie.

Le 4 mai prochain nous baptiserons une rue de Sauveterre : « 19 mars 1962 , Cessez le feu en Algérie. En mémoire de ceux qui sont mort pour la France, avant et après cette date »

Pendant la campagne électorale des élections municipales je m’étais engagé publiquement, lors de la réunion du 12 février à la salle des fêtes de Sauveterre, à respecter le choix du Conseil Municipal précédent, à savoir, la pose d’une plaque « Place du 19 mars 1962, cessez le feu en Algérie ». Cet engagement pris publiquement venait en réponse à une question posée pour cette réunion, par écrit, par Monsieur François de La Rivière.

A l’issue de cette réunion publique, le Général Guichard est venu me voir pour me dire qu’il n’était pas d’accord avec ce choix. Monsieur Gérald Joubert m’a envoyé un email pour me faire part de son opposition. Je leur ai proposé que nous en parlions si j’étais élu.

Le lendemain de mon élection comme Maire de Sauveterre. Le Général Guichard m’a fait parvenir un courrier. A la suite de ce courrier je l’ai rencontré avec Monsieur Daniel Paludetto, Président de la FNACA. Monsieur Joubert, excusé par le Général, ne pouvait pas être à ce rendez vous

Ensuite, j’ai réuni les conseillers municipaux afin de leur exposer l’ensemble de la problématique. J’ai eu de nombreuses conversations avec le Général Guichard au sujet du 19 mars, depuis 2004.

A l’issue de cette réunion nous avons décidé la pose de cette plaque en demandant que le texte en soit changé. Le texte que nous avons proposé à la FNACA est le suivant : « 19 mars 1962 , Cessez le feu en Algérie. En mémoire de ceux qui sont mort pour la France, avant et après cette date ».

Ce faisant nous avons pensé prendre en compte le message relayé par le Général Guichard, Monsieur Joubert, et Monsieur de La Rivière, au cours de la campagne : le 19 mars 1962 n’est pas la fin de la guerre d’Algérie, après le cessez le feu de nombreux hommes sont morts pour la France

La FNACA a accepté ce nouveau texte. Ainsi ce sera la première plaque « 19 mars 1962 » en France métropolitaine, faisant état explicitement de ceux qui sont morts pour la France, en Algérie, après le 19 mars. En effet, se souvenir du Cessez le Feu du 19 mars 1962, de doit pas occulter :

  • Le nombre de morts ou de disparus français après cette date qui se monte à plusieurs dizaines.
  • Les dispositions administratives prises par la France, au titre de l’Algérie, qui s’échelonnèrent jusqu’au 1er juillet 1964.

Se souvenir du 19 mars 1962, c’est se souvenir aussi de l’interdiction faite aux autorités militaires de ramener en France les harkis et leur famille, avec les conséquences que l’on sait.

Nous souhaitons que cette plaque permette à ceux qui connaissent l’histoire, de la raconter à ceux qui ne la connaissent pas : la guerre l’Algérie, les accords d’Evian le 18 mars, le cessez le feu le 19 mars qui n’a pas été respecté également des deux cotés, la déchirure du départ pour les pieds noirs et l’abandon des harkis par la France.

Il y a quelques mois je parlais avec mon oncle et parrain de la guerre d’Algérie. Cette période que je connais si mal. Il a prononcé ainsi quelques phrases qui me restent en mémoire : «J’ai connu des Algériens qui voulaient leur indépendance, mais pas avec le FLN», «Pendant qu’on se faisait la guerre pour se séparer, des milliers d’Algériens traversaient la mer pour devenir Français. Aujourd’hui les Algériens citoyens Français sont plus de 3 Millions», «Les Algériens, s’ils ont gagné la guerre, n’ont toujours pas gagner la paix véritable».

La pose de cette plaque aura lieu le 4 mai prochain à Sauveterre.

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