Le courrier de Virginie Calmels aux syndicats de personnel de la future grande région

« Le dialogue social constituera donc pour moi une priorité. Si je suis élue Présidente de la future Grande Région, je m’engage à recevoir immédiatement les représentants des agents du Conseil régional pour engager sans tarder une concertation afin de trouver des solutions acceptables et bénéfiques pour tous. »

La prochaine fusion des trois régions aura une incidence considérable sur les conseils régionaux. Prétendre l’inverse, comme le fait avec complaisance le candidat socialiste sortant, revient tout simplement à mentir aux agents ainsi qu’à leurs représentants. Il est par ailleurs nécessaire de s’assurer que cette fusion ne reviendra pas à instituer la domination des habitudes et des pratiques d’une région sur les autres.

Ce vaste chantier ne saurait donc souffrir des atermoiements et des lenteurs que semblent vouloir lui imposer les exécutifs sortants. Leurs promesses vagues témoignent d’un véritable mépris pour le mal-être des agents et l’incertitude qu’ils peuvent entretenir quant à leur avenir. Cette situation est déplorable : quand des femmes et des hommes se consacrent à l’intérêt général d’une collectivité régionale, le minimum serait de leur témoigner la même loyauté.

Le dialogue social constituera donc pour moi une priorité. Si je suis élue Présidente de la future Grande Région, je m’engage à recevoir immédiatement les représentants des agents du Conseil régional pour engager sans tarder une concertation afin de trouver des solutions acceptables et bénéfiques pour tous. Mes priorités seront les suivantes :

  • Harmoniser sans tarder les régimes indemnitaires

À travail égal doit correspondre une rémunération égale. Cette harmonisation, j’entends qu’elle puisse être profitable au plus grand nombre d’agents. Je suis ainsi favorable à une meilleure valorisation du travail et de l’engagement des agents, sur le modèle par exemple des primes à la présence instituées pour les agents de la région Poitou-Charentes. Une harmonisation des indemnités par le haut pourrait donc, si elle est assortie d’objectifs permettant d’améliorer l’efficacité du service public, emporter tout mon soutien.

  • Donner de véritables perspectives d’avenir aux agents

Le profond malaise des agents, que révèle l’importance du taux d’absentéisme, notamment en Aquitaine, a pour cause un encadrement défectueux et l’absence de perspectives professionnelles offertes aux agents. Je souhaite donc mener un vaste bilan de compétences afin de déterminer les possibilités d’évolution de chaque agent et d’identifier des besoins individualisés de formation pour permettre à chacun de travailler au niveau de son ambition.

Dans la même perspective, je souhaite revaloriser les ratios d’avancement et de promotion. La Région doit devenir un employeur exemplaire, et qui n’abandonne personne et donne à chacun un avenir et la possibilité de s’épanouir dans son travail.

Dans cet esprit républicain, je suis ainsi extrêmement attachée à faire de la méritocratie le principe actif de la gestion humaine de la Région. Celle-ci passe par le recrutement transparent des agents, la gestion impartiale – voire en partie indépendante – de leur évaluation, et enfin une réorganisation du travail en projets et missions, de manière à assurer aux agents des évolutions professionnelles quand ils le souhaitent.

  • Organiser la répartition des services régionaux dans les territoires

La loi NOTRe a modifié le périmètre des régions en fusionnant Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. Il est d’ores et déjà clair que dans cette nouvelle configuration, nous ne pourrons pas conserver trois directions des ressources humaines, trois directions financières ou trois directions de l’agriculture par exemple. En revanche, je ne souhaite pas concentrer à Bordeaux les cadres A de la fonction publique mais au contraire, les répartir sur les différents sites au plus près de leurs services. Dans cet esprit, Bordeaux sera la capitale régionale, et Limoges et Poitiers ont vocation à rester des capitales territoriales au sein de la Grande Région. Elles hébergeront certaines directions du Conseil régional, ainsi que des antennes locales pour les autres services. Je serai ainsi attachée à maintenir le nombre des fonctionnaires régionaux dans chaque ville. Pau ou Bayonne pourraient également accueillir des directions régionales, comme par exemple les services relatifs aux langues régionales ou aux affaires transfrontalières.

La répartition des directions régionales supposera en revanche le renforcement local de certaines compétences au détriment d’autres. La Région accompagnera donc autant que possible la formation et l’adaptation des agents souhaitant rester dans leur ville d’origine et s’adapter à de nouveaux périmètres de travail, tandis que la mobilité des autres sera évidemment valorisée. Dans ces conditions, le recours aux mobilités forcées devra être réduit au minimum.

La réorganisation des services tiendra par ailleurs compte de la suppression des missions et des activités, et ne sera donc pas répercutée sur tous les agents.

Enfin, le temps nécessaire à leur adaptation, la centralisation des instances paritaires ne sera pas systématique, mais prendra en compte un critère de proximité, notamment pour les CHSCT et CAP.

Ces différents points constituent des axes de réflexion pour mener ensemble une concertation qui sera seule gage de succès pour la fusion de nos trois régions. Je souhaite intégrer tous les agents et leurs représentants dans le processus qui fera naître notre nouvelle Région. Si les citoyens me font confiance, je serai à votre écoute et ferai de ce chantier ma priorité d’action.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations dévouées.

Virginie CALMELS

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