« Le droit de comprendre » : une page de pub de Philippe Madrelle dans Sud Ouest…

Philippe Madrelle…financée en période de crise par le contribuable Girondin…

Au stupeur ce matin en ouvrant le journal Sud-Ouest : une pleine page de publicité achetée par le Conseil Général pour permettre à Philippe Madrelle de communiquer sur le budget avant même qu’il ne soit voté !

Cette manière de faire pose question, tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme.

C’est faire payer la communication du groupe socialiste au Conseil Général et aux Girondins !

Dans son texte, quand le Président dit « nous ». De qui parle-t-il ? Des élus du groupe socialiste ? Des membres de son cabinet ? En tout cas il ne parle pas de l’assemblée plénière du Conseil Général, ni même de la commission des finances ! Et pour cause, le Conseil Général ne s’est pas réuni et n’en a pas débattu. La commission des finances elle-même ne se réunira que mardi après-midi, la veille de l’assemblée plénière !
En communiquant ainsi sur un budget qui n’est pas encore voté, Philippe Madrelle parle en son nom propre. S’il parle en son nom propre, il ne peut pas faire payer sa communication par l’institution !

C’est museler les médias et l’opposition,

Pourquoi faire payer à notre institution une page de pub dans le journal Sud Ouest, alors que cette semaine un débat aura lieu à ce sujet qui sera suivi par les médias ? Pourquoi agir ainsi si ce n’est pour court-circuiter les médias, et museler l’opposition ? En effet, de quels moyens disposons nous, au groupe Gironde Avenir pour répondre à Philippe Madrelle ? Nous offrira-t-il une page de publicité dans le journal Sud Ouest ?

C’est cher !

Au moment où on parle de faire des économies, le Président du Conseil Général fait payer aux contribuables Girondins une page de pub dans le journal Sud Ouest pour faire de la politique ! Combien a coûté cette page de pub ?

Pas besoin de l’opposition, pas besoin de la majorité non plus…

Philippe Madrelle le dit souvent, l’écrit même, il n’a pas besoin de « sa minorité »… On observe qu’il n’a pas besoin de consulter sa majorité non plus… Quant aux communistes du groupe majoritaire, n’en parlons pas. Certains au sein du groupe socialiste, commencent à trouver cela un peu lourd…

Deux exemples :

  • chaque année Philippe Madrelle envoie un agenda à tous les Maires de la Gironde avec les politiques du Conseil Général pour l’année suivante, alors que ces politiques ne sont pas encore votées…
  • Aujourd’hui voilà qu’il communique et anticipe sur le vote du budget, sans sa majorité !

Désormais, que chacun le sache, dans la majorité : « la politique qui sera votée cette semaine a déjà été publiée et envoyée aux Maires de la Gironde dans l’Agenda offert par Philippe Madrelle, quant au budget que nous voterons il est publié dans Sud Ouest ce lundi ! ».

Sur le fond

Sur le fond, Philippe Madrelle, comme à son habitude, contourne la vérité pour aller là où il souhaite ! L’objectif est de faire supporter à l’état, aux yeux des citoyens, quelques errances dans la gestion du Conseil Général de la Gironde…

  • Quand il écrit « l’état transfère des nouvelles compétences au département, mais pas les moyens », il omet de dire que depuis 2002 les transferts de compétences ont été largement compensés par les fonds de compensation d’une part, et l’augmentation des « droits de mutation » d’autre part. Si au global les charges supplémentaires cumulées sur 4 années sont de 109 M€, comme l’écrit Philippe Madrelle, les taxes sur les droits de mutation ont augmentées en cumul de 173 M€ pendant la même période. La « cagnote » accumulée est donc de 64 M€ ! Mais qu’à-t-on fait de cette cagnotte ?
  • Au sujet du Service Départemental d’Incendie et de Secours. Philippe Madrelle se plaint de l’augmentation de la participation du Conseil Général… Mais il omet de dire que cette augmentation est lié à la loi sur la « démocratie de proximité » qu’il a lui-même votée en février 2002 !!! Bien sûr l’état et les EPCI payent moins…Philippe Madrelle, Président de la Gironde se plaint, mais Philippe Madrelle, sénateur, a voté pour ! Au fait qui est en charge de la gestion du SDIS ???
  • Sur l’évolution des droits de mutations qui sont adossés au marché de l’immobilier, Philippe Madrelle annonce qu’ils sont en « chute libre ». Dont acte. Si les droits de mutation sont en chute libre -ce que nous croyons- pourquoi cette chute libre ne figure-t-elle pas dans le budget primitif ? Le chiffre annoncé est de -6,8%… rien d’une chute libre ! Si cette chute libre est réelle -ce que nous croyons- quelle politique de maîtrise des dépenses compte-t-il mettre en œuvre en 2009 ? Rien n’est annoncé : une mise en place de méthode d’achat, une étude des processus, une gestion prévisionnelle des emplois ? Comme ce que nous demandions lors du vote du BP 2008. C’est tout le contraire qui est prévu : Le poste des « charges à caractère général » connaît une augmentation de 10% par rapport au BP 2008. On peut s’étonner d’une telle évolution sur des postes qui, en période de crise, devraient faire l’objet d’une réelle politique d’économie et de réduction de coûts.

Nous aurons l’occasion d’en débattre cette fin de semaine, mais nous avons des doutes sur la sincérité des chiffres qui nous sont présentés.

  • L’exemple du SDIS qui nous interroge… Philippe Madrelle nous annonce 78,65 M€ pour le SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours), alors que le Conseil d’Administration du SDIS, géré par Alain David, Conseiller Général, a voté une recette d’équilibre du Conseil Général de près de 82 M€… Qui croire ?
  • Pour le Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille (CEDEF), l’écart entre le budget présenté au Conseil de Surveillance Présidé par Edith Moncoucut, Conseillère Générale, et celui présenté au Conseil Général est de 276000 €… Qui croire ?

Comment imaginer que le même élu présente un budget différent dans des assemblées différentes, concernant la même dépense ? Une fois cela su, quelle sincérité donner à un budget du Conseil Général dans lequel certaines dépenses auraient été sciemment minimisées ?

Philippe Madrelle, une fois encore, est dans la communication politique, payée aux frais du contribuable Girondin !

La vérité c’est que depuis des années, nous disons qu’il faut investir pendant que les taux sont bas et que les recettes de la taxe sur les droits de mutation sont hautes… Mais pendant ce temps le Département de la Gironde n’a pas investit et il s’est glorifié d’avoir « réduit son endettement » ! Pas assez d’investissement et qui plus est du retard sur les investissement prévus : l’année dernière encore, nous étions en retard de 70 M€ sur les investissement prévus.

Aujourd’hui, il faut emprunter pour soutenir l’investissement, c’est une exigence républicaine ! Mais les taux sont hauts, et les recettes fiscales directes et indirectes diminuent. De plus, il est hors de question d’augmenter la fiscalité des ménages et des entreprises. Nous le disons depuis si longtemps… Philippe Madrelle l’a admis, lui, l’année dernière. C’est une vocation tardive…

Il faut donc entrer dans une période de gestion des deniers du contribuable Girondin. Cela faisait partie des préconisations de la cour des comptes… Gérer en période de crise, ça commence par « diminuer les dépenses inutiles », comme par exemple, une page de pub dans Sud-Ouest pour faire de la politique politicienne !

6 commentaires sur “« Le droit de comprendre » : une page de pub de Philippe Madrelle dans Sud Ouest…”

  1. Les droits féodaux du Seigneur Madrelle, qui se prend pour Robin des Bois !
    Bon courage pour supporter ce simulacre de débat démocratique.

  2. C’est sûr que vous, Sud Ouest vous sert la soupe gratuitement …
    Quant au contenu de cette page d’information dans un journal, c’est une bonne preuve de transparence, dans le cadre du vote d’un budget, non ?

  3. Je pense que cette page d’information sur le budget(payée avec nos impôts !) est en trop.
    Les journaux font toujours un bon compte-rendu une fois le budget voté.

    C’est dailleurs là que l’on attend la transparence : après les débats, pas avant !

  4. Yves,

    Je vous invite à acheter le journal Le Résistant qui recouvre surtout le Libournais car il y à aussi une page entière pour le Conseil Général, la même que ci-dessus…
    Jusqu’ou allons nous aller ???

    Cordialement,

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