L’école O’Clock nous interpelle sur les grands enjeux de la formation professionnelle.

Pour la prochaine mandature, la Région va être un acteur attendu sur le plan de la formation professionnelle pour plusieurs raisons :

  • La crise sanitaire a détruit beaucoup d’emplois dans les territoires, obligeant de nombreux actifs à se tourner vers une reconversion professionnelle, et de nombreuses personnes éloignées de l’emploi à reprendre une formation ;
  • Dans plusieurs régions, la formation et l’emploi constituent les principales attentes des électeurs, après la situation sanitaire ;
  • La formation va être un outil indispensable du plan de relance économique ;
  • La formation est un outil indispensable à l’insertion économique et sociale des publics éloignés de l’emploi.

L’école O’clock entend être un partenaire de référence des Régions en matière de formation, pour :

  • Le secteur numérique, et particulièrement le développement web, qui répond à une demande très forte des entreprises (180 000 offres à pourvoir d’ici 2022 selon France Stratégie)
  • La qualité des formations qu’elle dispense, pour lesquelles l’organisme accuse un taux d’insertion positive de 70%
  • L’originalité du format des formations au sein de « classes virtuelles », offrant les avantages à la fois des formations en ligne en termes d’accessibilité, et ceux des formations en présentiel, grâce à l’échange direct avec les formateurs, et des élèves entre-eux au sein de la classe virtuelle.
  • L’accessibilité de cette formation pour les publics isolés géographiquement, ou les publics à faible mobilité (personnes en situation de handicap).
  • Une formation inclusive, comprenant des sessions spéciales (3 par an) pour les publics malvoyants et malentendants.

Parce que la formation constitue un enjeu majeur de la prochaine mandature du Conseil Régional O’clock nous adresse un questionnaire, pour connaître nos engagements en termes de formation professionnelle.

1   VOS PRINCIPALES PROPOSITIONS EN MATIÈRE DE FORMATION

La crise sanitaire, et la crise économique, ont entraîné de nombreuses cessations d’activités, avec pour corollaire des demandes de reconversions professionnelles et des difficultés d’insertion professionnelles pour de nombreux concitoyens. Ce contexte devrait favoriser de fortes attentes des électeurs vis-à-vis de la Région, en matière de formation professionnelle et d’insertion dans l’emploi.

La Région joue un rôle central en matière de formation professionnelle, en coordonnant les Contrats de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelle (CPRDFOP), et en déployant sur leur territoire lespactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC) conclus avec l‘Etat.

Elle peut également déployer des dispositifs propres sur son territoire en matière de formation professionnelle.

Quels objectifs et quelles mesures concrètes entendez-vous prendre, dans ce contexte, en faveur de la formation professionnelle, pour votre région ?

Notre réponse : Former aux métiers dont la région a besoin, relancer la recherche, innover et faire de l’apprentissage et de la formation professionnelle deux voies d’excellence. 

Dans l’ensemble de la Région, département par département, secteur par secteur, nous réaliserons une consultation des entreprises, des corps intermédiaires, des partenaires sociaux, des chambres consulaires. Nous engagerons des comparaisons avec les autres territoires nationaux et européens dans les domaines d’activité équivalents, afin de détecter les besoins en formation, en innovation et en recherche. Fort de cette analyse nous définirons avec les établissements d’enseignement supérieur et d’enseignement professionnel, les formations et les spécialités de recherche dont la Région a besoin. Nous voulons généraliser chaque fois que c’est possible, dans toutes les formations et dans tous les cursus, l’apprentissage pour les élèves et les enseignants-chercheurs. Nous créerons des Lycées à taille humaine, qui seront autant d’antennes des campus, sur les territoires, adaptées aux nouvelles générations d’élèves et équipées des technologies du futur.

Les personnes en situation de handicap restent encore largement en dehors du marché du travail avec un taux de chômage deux fois plus important. Nous œuvrerons pour la promotion et l’inclusion des personnes handicapées en milieu de travail et soutiendrons la création d’entreprises par des personnes en situation de handicap grâce à des aides dédiées et fléchées. Nous développerons un écosystème d’innovations lié au handicap pour créer de nouvelles voies de croissance économique tout en facilitant le quotidien des citoyens, notamment grâce aux nouvelles technologies. Nous veillerons à la bonne accessibilité des réseaux de transports en lien avec les associations locales. Nous refuserons toute publication régionale en écriture inclusive, une “langue illisible, incompréhensible” et “proprement indéchiffrable par nos lecteurs d’écrans”, comme l’a indiqué la fédération des Aveugles de France.

2 LE FINANCEMENT REGIONAL DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

Aux côtés des financements de l’Etat, qui a déployé un budget de 15 Md€ consacré au financement du pilier « emploi-formation-compétence » dans le cadre du plan de relance, les Régions consacrent une part substantielle de leur budget de fonctionnement et d’investissement à la formation professionnelle (plusieurs centaines de millions d’euros selon les Régions).

Les montants peuvent varier en fonction des orientations politiques et des priorités de l’Exécutif régional.

Envisagez-vous de faire progresser le budget régional alloué à la formation professionnelle ? Dans quelles proportions ?

Notre réponse : C’est très compliqué de répondre à cette question car le budget de formation est dans plusieurs sections du budget de la Région. Mais notre souhait est d’atteindre en 10 ans le plein-emploi dans notre Région. La formation est donc un objectif prioritaire : orientation, formation initiale, formation tout au long de la vie.

Dans le cursus de formation, notre priorité sera l’inclusion grâce à l’apprentissage, sans limite d’âge. Dans ce processus les modes de formation innovant (Mooc, formation sans séminaire, auto-formation, …) que vous développez sont essentiels, y compris au sein des Lycées.

3 VOS PRIORITES EN MATIERE DE FORMATION 

La formation répond d’une part au besoin d’insertion et d’emploi pour les publics éloignés de l’emploi, et d’autre part à un besoin de main d’œuvre de la part des acteurs économiques du territoire, dans des secteurs en tension.

Ainsi, le secteur du numérique est en tension. 80 000 postes soumis à candidature n’étaient pas pourvus en 2019 en France. Une note de la cour des comptes, adressée au Premier Ministre en décembre 2020 souligne que « le nombre de jeunes diplômés en formation initiale dans ces métiers – moins de 5 000 par an – reste très insuffisant au regard des besoins des entreprises qui ne pourront que s’accroître dans un proche avenir » (180 000 recrutement prévus les 18 prochains mois selon France Stratégie).

La crise sanitaire a en outre considérablement augmenté les demandes de reconversion ou d’insertion professionnelle de publics éloignés de l’emploi, dans un contexte économique incertain.

L’école de formation O’clock répond à ce double enjeu. Sur le plan sectoriel, il forme des apprenants « développeurs web », permettant de soulager un secteur d’activité en tension.  En outre, l’école poursuit une politique résolument inclusive : mixité femme-homme dans le secteur du numérique, accessibilité de la formation aux personnes en situation de handicap, aux personnes éloignées de l’emploi (55% des apprenants en 2020 sont des demandeurs d’emplois). En outre, trois sessions de formations par an –integra11y– sont spécifiquement dispensées pour les personnes malvoyantes et pour les personnes malentendantes.

Quels sont selon vous les secteurs prioritaires et les publics prioritaires en matière de formation professionnelle pour la Région ?

Notre réponse : Notre public prioritaire sera le public intéressé par les métiers dont la région a besoin.

Nous souhaitons notamment plus d’agriculteurs et plus d’éleveurs ! Nous développerons l’agriculture pour produire ce que nous consommons. Nous souhaitons le plein emploi pour notre région. Trop de nos produits agricoles et forestiers quittent le territoire national pour être transformés ailleurs. Parler de « circuits courts » aujourd’hui, n’a de sens que si l’on réinstalle la production et la transformation dans nos régions. Nous aiderons à l’installation de jeunes agriculteurs et à la transmission des exploitations agricoles ; Nous mettrons en place un plan régional « lait et viande » pour soutenir et encourager l’élevage et la production laitière ; Nous réindustrialiserons nos territoires notamment en recherchant de nouveaux débouchés pour la transformation des ressources naturelles, pour créer de la valeur ajoutée, de l’emploi en transformant nos produits agricoles et forestiers, et ainsi assurer une meilleure rémunération aux agriculteurs et aux forestiers. 

Nous voulons plus d’industries locales. Nous développerons l’industrie, l’artisanat, le commerce, plus de TPE et de PME qui sont la pépinière des entreprises de demain. 

Nous travaillerons avec les organisations concernées sur un grand projet « l’emploi au féminin » : adapter la vie professionnelle à la vie de famille, lutter contre les inégalités, aider à l’installation des femmes comme entrepreneuses et aider à la reconversion professionnelle. 

Aujourd’hui, une vie est constituée de plusieurs vies, il convient d’accompagner ces transitions (familiales, professionnelles, géographiques …), entre deux métiers, avant et après l’éducation des enfants. La formation est un maillon essentiel de cette succession de vies.

Nous avons besoin de former nos acteurs pour agir sur le climat grâce à l’agriculture et à la forêt en lançant un plan régional 3S : « S » comme séquestration du CO2 dans les sols, dans la forêt, « S » comme stockage du carbone dans les usages du bois (construction , transport…), « S » comme substitution des énergies fossiles par le bois-énergie. Nous aiderons les villes et les villages à faire rentrer le végétal dans les zones urbanisées ; Nous soutiendrons la recherche sur la vie marine et ses écosystèmes pour comprendre le rôle de l’océan dans la captation du carbone.

Nous souhaitons une Région ouverte sur l’international : Nous accentuerons la politique de coopération internationale de la Région. A proximité avec les régions voisines des Pyrénées et du golfe de Gascogne (création de jumelage avec les villes, les lycées et les universités de Nouvelle- Aquitaine). Sur les 5 continents, sur des actions ciblées, en œuvrant pour la mise en place des « coopérations véritables » comme le préconisent l’Europe et la « fondation pour le progrès de l’homme » (FPH), qui profiteront à la fois aux pays aidés et aux forces vives de la Nouvelle-Aquitaine. Le Sud de notre région a un lien spécifique avec l’Espagne nous y encouragerons l’enseignement de l’espagnol afin d’élargir nos coopérations dans tous les domaines. Nous nous appuierons sur les diasporas de notre région présentes à l’international. Là encore les besoins de formation sont immense.

Vous l’aurez compris, la formation n’est pas un programme : la formation est partout dans notre programme !

4 VOS ATTENTES SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE À DISTANCE

La crise sanitaire a bouleversé nos habitudes : le travail ou l’apprentissage à distance a été rendu possible, et intégré dans nos habitudes. Cette expérience a montré que la formation à distance permettait une large accessibilité du public aux contenus, quelles que soient les contraintes de mobilité (zones rurales, personnes en situation de handicap)… Elle a montré en revanche que les logiciels de visioconférence n’étaient pas toujours adaptés, et que la mise à disposition de contenus (Mooc) en dehors d’un accompagnement individualisé génère un fort taux d’abandon.

L’originalité du format développé par O’clock tient à concilier les avantages d’une formation « en ligne » (en matière d’accessibilité) mais avec un accompagnement collectif et individuel des apprenants, dans le cadre des « classes virtuelles » auxquels ils sont chaque jour connectés.

Avec la levée progressive des contraintes sanitaires, l’offre de formations professionnelles « en présentiel » va donc certainement s’enrichir d’offres de formations « à distance », dont l’enjeu consiste à garantir la qualité de l’accompagnement et de la formation, et le taux de réussite et d’insertion professionnelle des apprenants.

Cependant, les modalités des appels d’offre aujourd’hui ne sont pas adaptés pour ces formations, qui ne proposent pas de présentiel, et qui pour autant ne sont pas des Mooc, rendant plus difficile l’offre de formations “à distance” qui proposent un véritable “accompagnement”.

Malgré la levée progressive des contraintes sanitaires, quels avantages et quels inconvénients voyez-vous à ce que l’offre de formations professionnelles sur votre territoire soit enrichie de formations innovantes qui soient “100% en ligne”, tout en offrant un accompagnement que les Mooc ne proposent pas ? Seriez-vous prêt à adapter vos critères d’appels d’offre de sorte que ces organismes puissent pleinement répondre aux besoins en formation des Régions ?

Nous n’y voyons que des avantages ! C’est aussi pour cette raison que nous souhaitons implanter la fibre optique (FTTH) dans chaque maison de la grande région, y compris dans l’habitat isolé.

Oui, nos appels d’offre doivent laisser de la place à l’innovation. C’est pour cette raison que nous consulterons sur la base d’un Cahier des Charges Fonctionnel (CDCF) et non sur la base des Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP) afin que chacun puisse proposer les solutions les plus innovante possible pour répondre aux besoins des utilisateurs. Les appels d’offre trop précis sur les solutions d’organisation empêchent les réponses innovantes et ajustées en terme de moyen et d’objectif.

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