« On a beau être combatif, vient un moment où on s’écroule » : la détresse des petits patrons face à la crise.

Ricardo Blanch, 64 ans, patron de Paris Querido Voyage.  Aubervilliers.

Sur près de quatre millions de petites et moyennes entreprises (PME), combien sont-ils, ces dirigeants qui, en ce moment, livrent une bataille à corps perdu pour tenter de « sauver la boîte » ? Alors que peu de procédures ont été engagées durant le confinement et que les entreprises étaient assez protégées de la faillite par différents dispositifs, une hausse des défaillances se profile – de l’ordre de 21 % d’ici à 2021, selon un rapport de l’assureur-crédit Coface publié début juin. 

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A Armentières (Nord), Rousselle Industrie, petite société quasi centenaire qui fabrique des machines pour la chimie, y a échappé de peu. Après des mois à remuer ciel et terre, Eric Plaisant a fini par arracher les accords de prêts qui conditionnaient le redémarrage de son activité. Reste à ce que les fonds soient versés. Soulagé, le patron de 59 ans est aussi « à genoux » : « Six mois comme ça, c’est l’équivalent de trois ans. On a l’impression qu’on ne verra jamais le bout », dit-il. La société se relevait à peine de la crise de 2008 et d’un plan de continuation sur dix ans. L’homme, lui, a encore besoin de somnifères pour trouver le sommeil.

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