Pourquoi le gouvernement est responsable de ce qui se passe en Bretagne, et ailleurs !

La France a quelques filières d’excellence, parmi elles, l’aérospatiale, les vins et spiritueux, l’agroalimentaire, le nucléaire… Dans la filière agroalimentaire la Bretagne et plus largement l’ouest de la France sont les leaders. On peut dire que ces filières arrivent en tête des filières qui apportent des recettes à la balance commerciale de la France.

Depuis quelques années la filière automobile a quitté le trio de tête:

  • Renault a petit a petit délocalisé ses productions à l’étranger, et s’est mis à importer des voitures « low-cost » vendues par le réseau Renault ;
  • Peugeot, qui a toujours joué la carte de la fabrication Française, a pris la crise et la baisse du pouvoir d’achat en pleine poire et a perdu des parts de marché en France, concurrencé par les voitures « low-cost » arrivant d’ailleurs ; A l’étranger, nos voitures sont trop chères.

Peugeot, leader mondial sur le moteur Diesel, est tancer par notre gouvernement en particulier EELV, qui n’a pas de mot assez dur contre cette technologie ; On voudrait tuer Peugeot, on ne s’y prendrait pas autrement ; Le gouvernement prépare aussi une « fiscalité comportementale » qui va nuire à la filière « vins et spiritueux », vilipende en permanence la filière « nucléaire »… Bref, on a l’impression que le gouvernement a décidé de tuer les filières d’excellence en France, en commençant par celles qui marchaient le mieux !

Le modèle social français, financé par le seul travail (employeurs et travailleurs) n’est plus compensable par les seuls gains de productivité. Gains de productivité, qui, par ailleurs, envoi à « Pôle Emploi » des travailleurs qui ne demandaient qu’à travailler, faisant encore augmenter les charges sociales sur les salaires payés aux travailleurs, diminuant ainsi le pouvoir d’achat, et sur les dépenses des employeurs, réduisant les marges et les Capacités de Financement et d’Investissement des entreprises.

Bref, notre système s’auto-détruit, lentement mais surement : plus les cotisations sont élevées, moins la capacité d’emploi des entreprises est grande, suit l’inévitable « désemploi », qui génère une augmentation des cotisations, puis des charges,… Les plus jeunes commencent à travailler de plus en plus tard, ¼ d’entre eux commencent leur carrière professionnelle par un temps de chômage !

Après l’automobile, c’est la filière agroalimentaire qui est touchée. Comment s’en sortir ?

Faire ce que l’Allemagne a fait en 2007 : baisser les charges sur le travail et basculer ces charges sur la TVA. Pourquoi cette recette fonctionnerait-elle ? Parce que la TVA s’applique sur tous les produits commercialisés en France : qu’ils soient fabriqués en France, ou qu’ils soient fabriqués ailleurs.

L’agroalimentaire Breton est aujourd’hui soumis à la double peine : lorsqu’il vend en France, il est concurrencé par des produits Allemands qui sont vendus sur notre sol en exonération de TVA, donc en exonération de charges sociales ; Lorsqu’il vend des produits en Allemagne, ils payent d’une part les charges sociales en France, et d’autre part, les charges sociales en Allemagne, via la TVA Sociale Allemande ! C’est juste impossible !

En France, l’augmentation des prix de vente est rendu impossible par la concurrence des produits importés. Mais les charges continuent d’augmenter mécaniquement et inlassablement. Les entreprises sont prises en étau, l’excédent brut d’exploitation diminue, les marges se rétrécissent, jusqu’à l’étouffement… Et puis un jour il n’y a plus qu’une solution possible : le « plan social ».

Les entreprises, les salariés n’ont plus les moyens de supporter seuls le financement d’un modèle social à bout de souffle. Un modèle social qui ne sert de modèle qu’à nous ! Où est l’excellence d’un modèle sociale qui laisse de coté ¼ de ses jeunes, et ¼ de ses séniors ?

Le passage à la TVA Sociale doit se faire dans l’urgence : suppression du Crédit d’Impôt Compétitivité, baisse des charges drastiques dans les entreprises, en commençant par les emplois non-qualifiés, augmentation de la TVA partout ; Pour ma part je préconise un taux de TVA unique sur toutes les productions, et une baisse des charges plus importante dans les secteurs qui bénéficient aujourd’hui, d’une TVA à taux réduit (Agriculture, Bâtiment,…);

En augmentant le prix des produits importés, en rééquilibrant la concurrence entre les produits importés et les produits fabriqués en France, la TVA SOCIALE permettra de redonner des marges de manœuvre aux entreprises Française, et ainsi de gagner des points de croissance très rapidement tant en France, qu’à l’export.

La TVA SOCIALE doit avoir deux objectifs :

  • Redonner du pouvoir d’achat aux salariés, en augmentant le salaire net ;
  • Redonner des marges aux entreprises en diminuant le coût du travail ;

Le mécontentement Breton s’est focalisé sur l’ECOTAXE et c’est bien dommage. Car l’ECOTAXE est un bon principe à condition que ce ne soit pas « une taxe en plus » mais bien un déplacement de la fiscalité sur le transport. C’est-à-dire que l’ECOTAXE doit être entièrement reversée sous forme d’allégement de charges salariales sur les entreprises de transport Françaises. Ainsi elle contribuera a rééquilibré la concurrence entre les entreprises de transport, tout en favorisant les circuits courts.

Si l’on veut sauver l’emploi en France, il faut :

  • baisser les charges qui pèsent sur les salaires afin de pouvoir augmenter les salaires nets versés aux travailleurs ;
  • baisser les charges qui pèsent sur les salaires afin de baisser le coût du travail pour l’employeur ;
  • appliquer ces charges sur l’ensemble des produits commercialisé en France, afin de rééquilibré une « concurrence libre et non faussée »
  • Maintenir l’ECOTAXE et créer une TAXE CARBONE, mais réduire d’autant les charges sociales dans les entreprises française qui utilisent des énergies fossiles ; Afin de redonner de l’air aux entreprises Française et lutter contre la concurrence déloyale ;

Un début de TVA SOCIALE avait été mis en œuvre par Alain Juppé, 1er Ministre, avec des résultats tangibles, puis avait été en partie défait par le PS en 1997. Elle avait été mise en place par le gouvernement Fillon en 2012 –trop peu et trop tard- puis défaite par le PS en 2013. La TVA SOCIALE avait été annoncée, mais jamais réalisée par le Président Jacques Chirac en 2006… François Mitterrand avait dit : « Pour l’emploi, on a tout essayé »… tout, sauf la TVA SOCIALE. Alors qu’attendons-nous ?

Quand il n’y aura plus d’entreprises en France, la relance sera devenue impossible.

Il y a urgence ! Le changement c’est maintenant !


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2 commentaires sur “Pourquoi le gouvernement est responsable de ce qui se passe en Bretagne, et ailleurs !”

  1. Hollande, Ô désespoir, Ô stupide énarchie,
    N’avons-nous tant voté que pour cette infamie ?
    Et ne sommes-nous blanchis à tant et tant œuvrer
    Que pour voir en dix mois fleurir tant d’insuccès ?
    Nos cœurs qu’avec ardeur faisons battre « français »
    Nos cœurs sont las de vous et de tous vos compères.
    Blessés, trahis, usés, l’ambiance est délétère ;
    Une affaire survient et fait tout exploser.
    Ô cruel souvenir d’une gloire passée
    Œuvre de tant d’histoire décimée le 6 mai
    Nouvelle hiérarchie fatale à nos espoirs,
    Précipice abyssal où nous allons tous choir.
    Faut-il, par votre faute, voir ce pays crever
    Et souffrir sans un mot ou souffrir de dégoût ?
    Hollande ! Il est grand temps de redonner à tout,
    Une plus grande exigence et un plus grand projet.
    Président, la fonction n ‘admet point d’à peu près.
    Et les faux pas nombreux que vous accumulez
    Les erreurs, les mensonges et cette suffisance
    Font déborder la coupe de notre tolérance.
    Le moment est venu où tout peut basculer
    Évite la débâcle, sauvegarde la paix.
    Va, quitte donc l’Elysée, en voiture ou en train
    Et laisse le pouvoir en de meilleures mains.

  2. Les ouvriers de Fagor désemparés, les Bretons en révolte, le gouvernement en panique, les Français démoralisés, Standard & Poor’s qui abaisse sa note de AA+ à AA: la France fait peine à voir. Peine, car on sait exactement ce qu’il faudrait faire pour la sortir du marasme. On le sait depuis plus de dix ans. Le rapport de Michel Camdessus en 2004 ou celui de Jacques Attali en 2008[1] et des dizaines d’autres ont indiqué la solution: la France peut rester elle-même, elle peut conserver son modèle social, à la condition d’engager des réformes pour le rendre plus efficace et moins dispendieux; elle peut regagner de la croissance et elle peut répondre aux nouvelles difficultés sociales comme le précariat ou le chômage des jeunes. Tout cela est connu, tout cela est même détaillé mesure par mesure.

    La crise financière a, c’est vrai, beaucoup renforcé les difficultés. La récession a détruit des entreprises et augmenté le chômage, elle a tant creusé les déficits que l’Etat est désormais contraint à la rigueur. Mais, si le défi est plus grand, il n’est pas changé sur le fond. Il existe toujours une issue conforme aux voeux des Français, le XXIe siècle ne sera pas obligatoirement celui de la destruction de leur «modèle», mais à la condition de l’amender, cette fois-ci sérieusement.

    Chirac n’a strictement rien fait, Sarkozy a été velléitaire, Hollande est autosatisfait. Pourquoi la classe politique française hésite-t-elle, pourquoi tergiverse-t-elle, pourquoi manque-t-elle de courage et, question corollaire, pourquoi les Français l’élisent-ils?

    La réponse tient à ce qu’on peut appeler la préférence pour le déclin. Les Français savent que l’immobilisme conduit au pire, mais il n’y mène que lentement. Le pays est encore très riche, la situation de la grande majorité (les deux tiers sans doute) est satisfaisante, mieux vaut ne rien changer. Le réformisme obligerait à des remises en cause, non merci.

    Denis Olivennes avait relevé «la préférence française pour le chômage»[2], parce que les «in», ceux qui sont en CDI, ne veulent rien assouplir qui fasse un peu de place aux exclus du marché du travail, les «out»: le même réflexe national est aujourd’hui élargi à l’ensemble du modèle économico-social. Les «in», les actifs, vivent suffisamment bien pour accepter de payer 46% de ce qu’ils produisent (taux des prélèvements obligatoires), à charge pour l’Etat de subventionner les «out». C’est cher, record d’Europe, certes, cela plombe aujourd’hui la croissance, mais c’est le prix de la paix sociale française.

    Jean Pisani-Ferry, dans un article consacré à la croissance en Europe, donne des clefs supplémentaires de compréhension[3]. Son diagnostic européen s’applique à la seule France. Il constate que, si la croissance est molle, c’est qu’il n’y a pas d’accord en faveur de cette croissance.

    Le premier différend porte sur la stratégie: les keynésiens réclament de mettre fin aux politiques de rigueur pour ne pas stopper le moteur de la demande, tandis que les partisans des politiques de l’offre veulent des réformes structurelles. Comme le débat n’est pas posé et assumé clairement, le pouvoir zigzague, il laisse la place à des initiatives parlementaires incohérentes. Par son silence, il continue de justifier les radicaux, pour qui il s’agit d’un choix entre des politiques «de droite» ou «de gauche». La vérité concrète est de tenir compte et de la demande et de l’offre, et d’agir dans le détail de façon pratique. Mais le goût de l’idéologie passe devant. La France est incapable d’abandonner les joies primaires de l’opposition paresseuse «gauche contre droite». Elle préfère le pseudo-débat d’idées aux débats réels et le paie par la lenteur de ses réformes.

    Les nourritures nostalgiques

    La deuxième opposition à la croissance vient des écologistes et de tous ceux qui ne veulent pas que le travail soit le centre de leur vie. Ils craignent que l’économie n’abîme la nature, ils se satisfont, ou disent se satisfaire, d’une vie «frugale». Pour eux, au fond, le déclin va dans le bon sens.

    Troisième catégorie, la gauche dans sa majorité, pour laquelle les réformes sont le prétexte à une remise en cause des avantages sociaux. Ceux-là considèrent encore que le capital et le travail s’opposent et ils voient dans l’amélioration des marges des entreprises non pas la condition de l’investissement mais des cadeaux au patronat. Cette résistance est vécue comme salutaire, elle défend la «bonne» économie, celle des «avantages acquis». Si l’usine devenue non rentable ferme, c’est la faute à l’euro fort, à l’Europe, à la mondialisation, bref au capitalisme. Le déclin, c’est les autres.

    Depuis la tentative chiraquienne en 1986 d’introduire le libéralisme en France et son échec à la présidentielle de 1988, la droite n’a plus de ligne claire en matière économique. Elle appelle sur le papier aux réformes, mais n’assume pas les remises en cause sociales qu’elles contiennent. Elle est divisée sur les questions de l’interventionnisme, du protectionnisme comme de l’Europe. Bref, elle n’aide aucunement à promouvoir les solutions qui existent. Nicolas Sarkozy, qui promettait la rupture, s’était empressé de ranger le rapport Attali dans un tiroir.

    Il y a en France une sorte de consensus pour le déclin. Rêve d’hier, des Trente Glorieuses, repli et discours protectionniste, la France n’arrive pas à accepter le monde qui change et d’en considérer les immenses opportunités. Tous les Français voient le déclin venir, mais la vie reste encore, pour un moment, confortable. Quand on est dans la nostalgie, on s’en nourrit maladivement, on s’y accroche. Dans les vieux empires, le déclin, c’est tout ce qu’il nous reste.

    Eric Le Boucher

    Article également publié dans Les Echos

    [1] NDLE: Eric Le Boucher était membre de la commission Attali.
    [2] «Le Débat» n° 82, 1994.
    [3] «L’insaisissable consensus européen autour de la croissance», Project Syndicate, 2013.

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