Il est toujours intéressant de comparer les réponses faites par les candidats, sur une même question, à des publics différents… Voici donc la réponse faite par Ségolène Royale, d’une part au professeur Got, de l’association « sécurité sanitaire », au sujet de la consommation de vin, et d’autre part, aux viticulteurs…

Ségolène Royale écrit au Professeur Got, et aux membres de l’association « sécurité sanitaire », adeptent du « zéro alcool«  :

« Chacun connaît aussi les ravages de l’alcoolisme dans notre pays. Là encore, je tiens particulièrement à ce que l’on applique précisément la loi Evin, telle qu’elle était à l’origine.

Bien évidemment, je serai très ferme sur la réglementation publicitaire, afin de ne pas exposer les enfants et les adolescents aux tentations de la consommation précoce d’alcool. Dans le même sens, je veux intervenir sur l’omniprésence dangereuse des distributeurs d’alcool en milieu universitaire et dans les lieux festifs dédiés aux jeunes.

Je veux aussi renforcer l’information en direction des femmes enceintes.

L’information aux consommateurs est une nécessité dans la stratégie de prévention que je veux mettre en place. Cette stratégie appelle la concertation des différents acteurs concernés pour que nous sachions rendre ces dispositions efficientes.

Je veux aussi que l’on sorte de l’opposition factice entre la défense légitime des intérêts des viticulteurs et la santé publique. Ce n’est en aucun cas le renforcement des mesures visant à lutter contre les ravages de l’alcoolisme qui met en péril l’avenir de notre belle viticulture. D’une part, la surconsommation d’alcools concerne tous les produits alcoolisés et pas uniquement le vin. D’autre part, l’essentiel de la crise que la viticulture traverse tient à la fragilité de ses stratégies commerciales dans le cadre de la mondialisation.

Le Conseil de la Modération et de la Prévention n’apporte pas de solution à la filière viticole et son action ne me semble pas aller dans le sens d’une politique de santé transparente. »

Programme de Ségolène Royale envoyé aux viticulteurs : « Promouvoir l’image du vin :- Promouvoir l’image du vin comme produit culturel, festif et convivial, – éduquer tous les publics à une consommation modérée et responsable comme le définit l’Organisation mondiale de la santé. Il faut arrêter de diaboliser le vin, encourager l’oenotourisme afin de faire mieux connaître aux visiteurs étrangers la qualité et la variété de nos vins et de nos terroirs. »

Le programme de la candidate, envoyé aux viticulteurs n’est pas applicable si les engagements promis au professseur Got sont tenus!

En effet, la loi Evin, remise dans sa version d’origine ne permet pas aux viticulteurs de communiquer sur un produit « culturel, festif et convivial »! La « culture », la « fête » et la « convivialité » sont banis par la loi de toute communication sur le vin. A chaque fois que ces thèmes sont utilisés dans une campagne pour le vin, l’ANPAA et le professeur Got porte plainte en justice!

Par ailleurs, selon des observateurs indépendants, et contrairement à ce qu’affirme Madame Royal, la crise viticole française est due notamment à l’effondrement de la consommation en France. Cet effondrement est du notamment à l’application de la loi Evin qui, depuis sa création, a vu diminuer la consommation de vin de 30%, alors que, dans le même temps, la consommation d’alcool augmentait de 13%!!! Aujourd’hui, plus d’1 français sur 2 ne consomme jamais de vin… La prétendue « lutte contre l’alcoolisme », en prenant le vin comme bouc émissaire systèmatique, a eu comme effet de dissuader nos concitoyens d’un consommation modérée et régulière de vin, qui, pourtant, est bénéfique pour la santé! (cf les travaux du Professeur Renaud, du Professeur Belpomme, du Professeur Orgogozo, etc…)

Le conseil de la modération et de la prévention pourrait très bien permettre une communication entre les professionnels et assurer une transparence… Mais le problème est que l’ANPAA et les amis du Professeur Got refusent d’y sièger! Au lieu de leur demander de sièger, la candidate socialiste leur donne raison en annonçant qu’elle supprimera cette instance de concertation!

Voilà comment d’un salon à l’autre on sert aux uns et aux autres les propos qu’ils souhaitent entendre…le tout sans aucune cohérence!

Illustration : Voici comment l’ANPAA attaque en justice une publicité pour le vin à cause de son incitation à la consommation et à la convivialité, en s’appuyant sur la loi EVIN ‘article paru dans VITI, avril 2007

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