« Élus de France, découvrez nos forêts ! » Antoine d’Amécourt

FRANSYLVA* invite tous les élus, parlementaires, maires, élus des départements, des régions et des métropoles à découvrir ou redécouvrir les ressources des forêts françaises.

« Venez en forêt avec les sylviculteurs de votre territoire, nous vous attendons ! »

La forêt a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines : pillage de la forêt française par les Chinois, réchauffement climatique, remise en cause des « coupes rases »… A quelques jours de l’ouverture des Assises de la Forêt et du Bois organisées par le gouvernement, Fransylva, représentant des 3,5 millions de propriétaires forestiers en France, s’investit pour que ce grand rendez-vous de filière soit pragmatique et concret et non le fruit d’annonces médiatiques simplistes et caricaturales.

Une forêt attaquée…

Elle est attaquée de toutes parts.

Les maladies ont décimé des secteurs entiers de nos forêts avec en particulier la chalarose du frêne et les scolytes sur les résineux.

Le déséquilibre sylvo-cynégétique n’est plus acceptable, il rend difficile le renouvellement forestier et fragilise la gestion durable de nos massifs, même avec des investissements supplémentaires.

Les incendies de cet été ont montré les vulnérabilités générées par un déséquilibre entre protection de la biodiversité et maintien d’actes sylvicoles (débroussaillements, entretiens des pistes et pares-feux).

Par ailleurs, certains ultras opposent à toute gestion de la forêt des arguments fallacieux et jouent sur l’émotionnel en agitant les fantasmes d’une forêt primaire ou l’horreur des coupes rases en faisant l’analogie avec les forêts équatoriales (or dans l’hexagone, jamais du bois n’a été coupé pour produire du soja ou de l’huile de palme, bien au contraire la forêt s’accroît !).

Et même en interne les conflits existent et surgit alors l’ombre de l’ogre chinois et des exportations sauvages de chêne… Cela tout simplement pour continuer à payer les bois à bas prix. Or sans un « juste prix » aucun propriétaires ne pourra engager les investissements couteux et de très long terme indispensables pour assurer le
renouvellement forestier, surtout en cette période de changement climatique. Par ailleurs, cette tension est focalisée sur le chêne, or le problème est plus global et révèle en fait une inadéquation entre la production et la transformation de nos bois, trop centrées sur quelques essences.

Et pourtant la forêt est une opportunité formidable pour notre pays ! Et les premiers à le dire sont les membres du gouvernement, les élus qui connaissent la forêt, les associations professionnelles.

Notre forêt offre de formidables opportunités d’un point de vue économique, social et environnemental.

La forêt permet aussi de valoriser la bio économie, en circuit court et de transformer en France. Elle peut aussi contribuer à limiter davantage les importations de bois et éviter le pillage de forêts gérées non durablement de par le monde.

Les répercussions sociales sont incroyables et immédiates pour nos territoires avec des emplois valorisants, porteurs de sens et non délocalisables.

Le volet environnemental est tout aussi primordial, surtout en cette période de dérèglement climatique, puisque la forêt, tout en luttant contre l’érosion et la pollution de l’eau, offre un gisement unique de biodiversité (80 % de la biodiversité terrestre s’y refugie) et le plus fort captage de CO2 après l’océan.

Construire en bois de France plutôt qu’avec des produits d’import, privilégier des habitats qui stockent du CO2 sur le long terme tout en offrant une merveilleuse qualité de vie, utiliser les dérivés du bois dans l’industrie, la chimie verte, l’alimentation… Les pistes sont nombreuses et toutes riches de perspectives pour toute une filière et pour tous les Français.

Ainsi, si la forêt n’est pas un bien commun, elle est vraiment d’intérêt général pour notre pays !

Élus, mobilisez-vous avec les forestiers.

Vous l’avez compris, les stériles polémiques ne feront qu’alimenter les réseaux sociaux et les amateurs de scandales.

Seules les rencontres et la compréhension commune de la forêt et de la filière bois permettront d’avancer. Nous vous invitons, dans votre commune ou communauté, dans votre département ou votre région, à nous contacter pour organiser ensemble une visite en forêt et échanger.

Antoine d’Amécourt, Président de FRANSYLVA


(*) FRANSYLVA, la Fédération nationale des syndicats des forestiers privés de France représente les 3,5 millions de propriétaires et regroupe : 15 unions régionales, 73 syndicats départementaux ou interdépartementaux en métropole et 3 structures dans les DOM (Martinique, Guadeloupe, Réunion), soit plus de 50 000 adhérents (pour environ 1/4 de la surface des forêts privées). Elle représente les sylviculteurs auprès des pouvoirs publics français et européen, des partenaires de la filière forêt bois et des organismes non gouvernementaux impliqués dans la filière forestière. Elle informe les propriétaires forestiers sur les questions politiques, juridiques, environnementales et économiques. Elle leur donne ainsi les moyens de gérer leur forêt en acteurs économiques responsables avec sérénité et les incite à s’engager dans une gestion durable de leur forêt.

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