
À une époque où trop de lois semblent écrites dans l’urgence, dictées par les sondages ou l’émotion du moment, il faut savoir saluer les initiatives politiques qui prennent le temps du fond, de l’analyse, et de la concertation. La loi récemment adoptée sur le narcotrafic en est une illustration exemplaire.
Ce texte ne surgit pas de nulle part. Il est l’aboutissement d’un travail parlementaire rigoureux mené par la commission d’enquête sénatoriale sur l’emprise croissante du narcotrafic dans notre pays. Le rapport « Un nécessaire sursaut : sortir du piège du narcotrafic », présenté par le sénateur Étienne Blanc* en mai 2024, a joué un rôle clé dans la structuration de cette loi ambitieuse. Son diagnostic sans concession, nourri de plus de 150 auditions et d’enquêtes de terrain, a permis de faire bouger les lignes là où, trop souvent, les rapports s’empilent sans lendemain.
Le constat est sans appel : un marché criminel de 3,5 milliards d’euros par an, une violence endémique dans certains territoires, des réseaux qui infiltrent nos institutions et une menace directe pour la sécurité nationale.
Pire encore, le rapport établit un lien clair entre narcotrafic et financement du terrorisme. C’est donc aussi une loi de sécurité intérieure et de souveraineté que le Parlement vient d’adopter.
Les récentes attaques violentes perpétrées contre des établissements pénitentiaires et des agents de l’administration confirment, si besoin était, la gravité de la situation. Elles peuvent être interprétées comme une réaction brutale des trafiquants face à une loi qui, pour la première fois depuis longtemps, menace réellement leurs intérêts. Cela montre aussi, en creux, l’efficacité potentielle de l’organisation judiciaire et opérationnelle que cette loi dessine, avec notamment la création d’un Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et la refonte du régime des repentis.
Cette loi a le mérite rare de satisfaire à la fois les exigences de la Nation et les besoins concrets des acteurs de terrain, en particulier ceux qui sont en première ligne : forces de l’ordre, magistrats, douaniers, surveillants pénitentiaires. Elle leur donne enfin les outils pour répondre avec force et efficacité à une menace protéiforme.
Je tiens donc à saluer le travail remarquable du sénateur Étienne Blanc* et de l’ensemble des parlementaires engagés dans ce combat. Leur engagement démontre qu’il est encore possible, en France, de légiférer avec sérieux, lucidité et courage — et non à la seule lumière de l’actualité ou des émotions passagères.
(*)Étienne Blanc est sénateur LR du Rhône et porte-parole de Nouvelle Énergie (NE), parti politique fondé par David Lisnard. Il a été rapporteur de l’enquête parlementaire de mai 2024, qui fut à l’origine de la loi contre le narcotrafic en voie d’adoption définitive.
