
Il y a des mots qui paraissent techniques et qui, en réalité, décident de nos vies. « Métropolisation » est de ceux-là. Sous ses allures savantes, ce terme a justifié quinze ans de politiques publiques qui ont déplacé le pouvoir loin des habitants, concentré les richesses dans quelques centres et transformé nos campagnes en périphéries administrées. C’est contre cette logique que je soutiens la candidature de Philippe Dessertine à la mairie de Bordeaux.
La leçon oubliée des bassins de vie
Je parle ici comme un homme du terrain. Ancien maire de Sauveterre-de-Guyenne, ancien conseiller général du canton — supprimé par les socialistes comme on efface une ligne sur une carte — puis président d’une communauté de communes qui, sous l’effet de la loi NOTRe, s’est étendue jusqu’à cinquante communes, j’ai vu se défaire peu à peu ce que l’on appelait jadis le bon sens. La loi NOTRe promettait l’efficacité ; elle a surtout ignoré la notion la plus précieuse : celle de bassin de vie, cet espace où l’on travaille, où l’on se soigne, où l’on élève ses enfants. Puis est venu le Zéro Artificialisation Nette, relayé par des PLUI , qui ont transformé les maires en simples agents d’exécution. J’ai toujours refusé ces PLUI : une commune n’est pas un quartier anonyme, elle est une liberté vivante.
Une scène qui résume tout
Je me souviens de cette rencontre avec la préfète Fabienne Buccio. Elle m’invitait, en tant que président de la Communauté des communes rurales de l’Entre-deux-Mers, à lancer un PLUI. C’était à la Sous-Préfecture de Langon. Je lui ai répondu calmement :
— Madame la Préfète, ce n’est pas le souhait des maires. Ce serait une privation de liberté pour nos communes.
Et j’ai rappelé que Sauveterre, fondée en 1281, avait été tracée sur la base d’ une simple charte, quelques principes écrits sur une seule feuille recto-verso. Huit siècles plus tard, cette bastide demeure un modèle d’urbanisme. Notre PLU contemporain, lui, comptait 250 pages, incompréhensible pour le citoyen, inopérant pour l’élu, déjà obsolète le jour de sa publication, après cinq ans de procédures.
Entre la clarté des anciens et la prolifération des normes modernes, mon choix était fait.
Sauveterre, ou la politique du possible
On nous répète que les territoires ruraux seraient condamnés. À Sauveterre, nous avons prouvé l’inverse. Nous avons accueilli quatre jeunes médecins généralistes, une sage-femme, un orthoptiste, des infirmiers, et comptons aujourd’hui cinq dentistes, trois pharmaciens, des kinésithérapeutes, des ostéopathes. Notre ville est devenue une petite capitale de santé de l’Entre-deux-Mers, sans privé les territoires voisins de leurs médecins. Nous sommes sortis du zonage « désert médical ».
Dès 2009, nous avons créé l’une des premières maisons de services publics de France. Nous avons bâti une zone d’activité prospère contre l’avis des services de l’État, avec le seul soutien de notre Sous-Préfète, Michèle Cazanove, développé le logement, soutenu l’artisanat, la culture, le sport — sans augmenter l’impôt.
Tout cela n’est pas un miracle : c’est le fruit de la liberté locale.
Ce que la métropolisation menace
Aujourd’hui pourtant, cet équilibre vacille. La crise viticole frappe le cœur de notre économie. La hausse de la CFE fragilise commerces et artisans. le politique nationale menace le bâtiment et la construction (DPE, HCSF, ZAN, ZNT, CEP, TF, DMTO etc.) Les normes nationales traitent Sauveterre comme un « arrondissement bordelais ». Ceux qui ont organisé la concentration découvrent les dégâts de leur propre doctrine.
Le choix de Philippe Dessertine
Philippe Dessertine n’est pas un professionnel des appareils. Il est un économiste qui regarde le réel avant de commenter les chiffres. Là où le système Hollande/Macron — dont Thomas Cazenave est l’héritier — a détruit les échelons de proximité, tourné le dos aux corps intermédiaires, Dessertine veut les relever. Là où NOTRe a oublié les bassins de vie, il veut les replacer au centre. Là où ZAN et PLUI verrouillent, il défend la liberté communale.
Il sait qu’une métropole n’est grande que si son arrière-pays l’est aussi ; que Bordeaux doit être une alliée de Langon, Libourne, La Réole, Sainte-Foy, Sauveterre et au delà — non leur tutrice.
Deux visions de la France locale
Le choix qui s’ouvre à Bordeaux dépasse une élection municipale. D’un côté, la voie Hollande/Macron/Cazenave :
cantons effacés, bassins de vie niés, urbanisme punitif, fiscalité montante, territoires subordonnés. De l’autre, la voie Dessertine : liberté communale, investissement utile, services publics ancrés, économie réelle. Je connais l’une pour l’avoir subie. Je connais l’autre pour l’avoir pratiquée.
Pour une Gironde qui respire
La Gironde n’est pas un décor pour cartes postales métropolitaines. Elle est une terre de vignes, de chais, d’ateliers, de ports, de villages, de villes moyennes, de rivières lentes et de projets patients.
Face à la gauche altermondialiste emmenée par le maire écologiste Pierre Hurmic, je préfère la voie proposée par Philippe Dessertine à celle incarnée par Thomas Cazenave : la voie de la liberté retrouvée, celle qui manque cruellement aux Français.
Je soutiens Philippe Dessertine parce qu’il parle le langage des bassins de vie, parce qu’il respecte l’initiative locale,
parce qu’il sait que la France commence toujours par ses communes.
Bordeaux mérite un maire qui libère au lieu de corseter. La Gironde mérite Philippe Dessertine.
