PSA : questions au 1er Ministre sur la politique économique de la France.

Vendredi, lors d’une visite à Nantes, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, « exhortait les dirigeants du groupe PSA, de répondre à plusieurs questions précises sur le plan de suppression de 8.000 postes en France annoncé jeudi. ».

J’ai, moi aussi, quelques questions à poser au 1er Ministre, sur la politique économique de la France.

« Pourquoi cette annonce maintenant? Est-ce que cette situation n’était pas connue déjà depuis plus longtemps, voire un an, voire deux ans? Pourquoi cette situation s’est dégradée alors que l’Etat (…) a versé 4 milliards d’euros à ce groupe industriel. Quel a été le rôle de l’actionnaire notamment de la famille Peugeot? », s’est notamment interrogé M. Jean-Marc Ayrault devant la presse.

Le 1er Ministre insinue-t-il dans ses propos que l’Etat a fait un cadeau de 4 milliard à PSA ? Comme en son temps il a fait croire au Français –avec succès- que l’aide aux banques du gouvernement Filon était un don, alors que c’était un prêt.

Monsieur Ayrault est-il informé que PSA tout comme les banques, a remboursé à l’Etat son prêt de 4 milliards, avec un bénéfice pour l’Etat ?

Monsieur Ayrault connait-il le dossier ? A-t-il intégré que depuis quelques semaines, il n’était plus chef de l’opposition, mais qu’il était le 1er Ministre de la France ?
Le président François Hollande a de son côté estimé vendredi à propos du plan de restructuration annoncé par PSA-Peugeot-Citroën que « le gouvernement a réagi comme il convenait ».

Plutôt que de poser des questions à PSA, je souhaite pour ma part que le 1er Ministre et le Président de la République répondent aux questions suivantes :

Trouvez-vous convenable de prendre les mesures suivantes, alors que l’industrie Française, notamment l’industrie automobile, demande une baisse du coût du travail sans précédent ?

  • Augmentation des charges sociales patronales qui pèsent sur les salaires pour financer le départ à la retraite à 60 ans
  • Suppression de la TVA sociale mise en place par le gouvernement Fillon dont l’objectif était de réduire une part importante de charges sociales qui pèsent sur les salaires.
  • Suppression de l’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires.

Pensez-vous que les mesures suivantes vont redonner du pouvoir d’achat aux français et relancer le marché de l’automobile en France :

  • Augmentation de la CSG (Contribution Sociale Généralisée)
  • Suppression de l’exonération fiscale des heures supplémentaires avec un effet rétroactif au 1er janvier 2012 ;
  • Augmentation les charges sociales salariales qui pèsent sur les salaires pour financer le départ à la retraite à 60 ans ;

Enfin, si vous supprimer le principe de la TVA sociale, comment allez vous rééquilibrer la concurrence entre les voitures produites par PSA et RENAULT en France, et celles, produit par DACIA en Roumanie et en Afrique du Nord, KIA en Corée ?

Monsieur le 1er Ministre, Monsieur le Président de la République, vos actes engagent le Pays, ils engagent l’industrie. Vos choix en induisent d’autres. Il n’y a pas d’un coté la politique, et de l’autre l’économie.

Je ne vous « exhorte » pas, mais je vous demande d’y réfléchir, peut-être avec l’aide de Manuel Valls… plutôt que celle d’Arnaud Montebourg.

A lire aussi sur ce blog :

4 commentaires sur “PSA : questions au 1er Ministre sur la politique économique de la France.”

  1. Le groupe PSA fait ce qu’il veut de son argent.

    Faire payer à tant de salariés et de sous-traitants leur mauvais choix stratégique est là l’aveu de leur incompétence.

    Pourquoi dans ce cas, garder un groupe industriel qui coûte de l’argent à la collectivité, un groupe qui joue contre son pays, un groupe incapable de créer de la richesse ?

    Au contraire qu’il s’en aille, nous devrons assumer seuls la crise sociale qui en découlera. Je souhaite que les dirigeants et les actionnaires soient déclarés personæ non gratæ, ici en France pour la durée de vie d’une société, soit 99 ans.

    Ne plus revoir la France durant 99 ans, ne plus y investir d’avenir, même pas en rêve, ça doit faire quelque chose non, le bannissement par les siens ?

  2. il faut qu’ ils atterrissent ! ils se croient toujours en campagne et se contentent de proposer des idées contraires aux réformes de l’ ancienne majorité.
    Monsieur Ayrault a choisi l’ arrogance pour cacher au pire son incompétence, son manque d’ information sur les dossiers au mieux ! La suffisance de Monsieur Montebourg sera la troisième qualité de la gauche pour faire croire..que rien n’ a été fait avant ça !

  3. Il est effectivement dommage que l’avis de Mr VALLS sur la TVA dite sociale , largement évoqué lors des primaires en octobre dernier, ait été passé à la trappe.
    Il avait eu, comme sur les 35h , un trait d’objectivité et de pragmatisme, que la majorité actuelle serait bien inspirée de retrouver rapidement.
    En attendant, sus aux entreprises , aux entrepreneurs, aux pourvoyeurs d’emplois, et aux createurs de richesses !
    Plus vite nous toucherons le fonds, plus vite nous remonterons…..

    Encore un effort….

  4. Je suis un fervent défenseur de la TVA Sociale, depuis très longtemps.

    Une TVA à 25% sur les voitures, qu’elles soient fabriquées en France ou importées, et , en compensation, la suppression des charges sur les salaires en France, avec deux objectifs :

    – augmenter le salaire net des travailleurs en France,
    – diminuer le coût du travail pour les employeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.