Boualem Sansal

13 novembre : certaines blessures attendent que nous les comprenions.

Il arrive, dans la longue vie des peuples, que certains mois ressemblent à ces nuits où l’on croit entendre quelqu’un frapper à la porte. On hésite, on se redresse, on se dit que ce n’est rien — un courant d’air, une branche contre le volet — et puis soudain, on comprend que ce bruit discret, récurrent, obstiné, n’est autre que le retour du passé, venu réclamer un peu de notre attention. Novembre 2025 fait partie de ces mois-là, et c’est peut-être sa grande vertu que de nous obliger à rouvrir les yeux sur un chapitre que nous avions refermé trop vite.

Car voici que reviennent, comme des fantômes qui n’ont jamais vraiment quitté la pièce, les éclats du RER Saint-Michel … Lire la suite

Boualem Sansal est libre !

« La liberté commence où s’arrête la peur. » Boualem Sansal

Enfin, une bonne nouvelle. Boualem Sansal est libre. Après un an d’emprisonnement en Algérie, l’écrivain franco‑algérien a été gracié par le président Abdelmadjid Tebboune, à la suite d’une démarche humanitaire du président allemand Frank‑Walter Steinmeier¹. L’annonce est tombée ce 12 novembre 2025 : Boualem Sansal, âgé de 76 ans, malade, sera transféré en Allemagne pour y recevoir des soins. Mais avant tout, il retrouve ce qu’il n’a jamais cessé d’incarner : la liberté de penser, de parler et d’écrire.

Merci à l’Allemagne

Merci à l’Allemagne, dont la diplomatie a su conjuguer fermeté et humanité. Merci au président Steinmeier, qui a parlé avec cette justesse tranquille qui donne du sens … Lire la suite

« La vérité ne sert à rien si elle n’est pas dite. » Boualem Sansal

Il fut un temps où accueillir un dissident, c’était défendre la liberté. Où soutenir un écrivain menacé, c’était une exigence morale. Où le courage de dire valait plus que la conformité des idées. Ce temps semble révolu.

Aujourd’hui, Boualem Sansal, l’un des plus grands écrivains francophones vivants, libre penseur, laïc, antitotalitaire, humaniste, est laissé seul face à l’acharnement du régime algérien. Assigné au silence, ignoré par la diplomatie française, il paie le prix de son courage, dans une indifférence glacée. La France, pourtant, est son autre patrie. La patrie des droits de l’homme, dit-on encore. Mais que valent les droits de l’homme lorsqu’on les applique à géométrie variable ?

L’attitude du Président de la République et de son ministre des … Lire la suite

[Tribune] «Pour faire libérer Boualem Sansal, il faut le nommer ministre français de la Francophonie !» Le Figaro.


Tribune publié le 20 mars 2025 dans LE FIGARO à l’occasion de la journée internationale de la francophonie.


Le Français est la langue de l’impertinence. Qui dit impertinence dit contre-pouvoir, distance, recul, critique. En gestation, dès l’aube, notre langue est une langue de liberté. La littérature médiévale s’adonne à la satire, Rabelais plus tard se moque, Montaigne tance, Molière dénonce les Tartuffes, Voltaire est l’homme de l’esprit auquel il donne son nom et son élan, Beaumarchais se rit des grands, Hugo invente Gavroche, Zola accuse, Maurice Leblanc fait d’un cambrioleur un gentleman, Goscinny rend les Gaulois irréductibles avec à leur tête un Astérix comme symbole d’une France espiègle et rebelle, Brel chante les Bourgeois.

Notre histoire politique se nourrit de littérature … Lire la suite

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