Mardi 13 mars, le quotidien économique Les Echos a fait un cahier spécial sur « L’audit de la France » à la veille des élections présidentielles. En dernière page, Les Echos ont donné la parole à cinq grands prix Nobel d’économie.

Les prix Nobel déclarent :

1°) Qu’il faut changer notre modèle économique pour créer du dynamisme en redonnant toute sa place au travail : il faut éviter que les jeunes les plus motivés quittent la France pour Londres, Dublin ou la Silicon Valley.

2°) Que le partage du travail, façon 35h, est une très mauvaise idée et qu’il tire vers le bas l’économie française.

3°) Que la remise en cause des 35h, l’introduction de contrats de travail plus souples (CNE) et la réforme des retraites vont dans la bonne direction.

4°) Que l’économie française pourrait être en bien meilleure santé si nous réduisions la forte pression fiscale.

5°) Que la France a besoin en 2007 « d’un leader populaire et persuasif capable de déplacer le curseur de l’équilibre de la société vers moins d’égalitarisme » !

4 commentaires sur “Un audit de la France”

  1. Jean-Yves Rossignol

    A propos de la proposition n° 5 (que j’ai récupérée sous la forme : « Il faut que les Français acceptent que leur société soit davantage inégalitaire » (Paul Samuelson, prix Nobel 1970), il est intéressant de la rapprocher de l’enquête rapportée dans l’article "L’exception culturelle française" du présent blog (05/03/07).
    Les statistiques montrent que depuis le début des années 80, le corollaire d’une forte croissance est l’augmentation de l’inégalité, voire parfois d’inégalité et de paupérisation (l’argent va prioritairement là où il se reproduit et non pas là où on en aurait le plus besoin !).

  2. Jean-Yves Rossignol

    La phrase citée : "La France a besoin d’un leader populaire et persuasif capable de déplacer le curseur de l’équilibre de la société vers moins d’égalitarisme" est bien retranscrite (l’idée a été formulée plusieurs fois par l’auteur et reprise différemment par les médias).
    Paul A. Samuelson a également dit ceci : "j’ai conscience qu’une approche uniquement guidée par le " laisser-faire " est brutale et injuste, mais en même temps je reconnais qu’elle est plus efficace. D’autre part, je sais que la mondialisation est favorable à la croissance, mais accentue en même temps les inégalités. Compte tenu de ces dilemmes, il faut trouver le bon équilibre. Il me semble que les Français devraient aujourd’hui tolérer la remise en question de certains privilèges et accepter que leur société soit davantage inégalitaire…
    Or, dans le monde actuel, les capitaux et les connaissances circulent librement vers les systèmes les plus efficaces, même s’ils sont plus injustes et plus brutaux."
    Surréaliste !
    Efficace pourquoi, pour qui ???
    Mais à quoi sert l’efficacité si le plus grand nombre n’en bénéficie pas, si elle engendre l’injustice et la brutalité ?
    L’humanisme est nuisible à l’efficacité du marché !

  3. Yves d'Amécourt

    L’homme et le bonheur existaient avant l’argent. L’argent est un fluide. La modélisation de sa circulation s’appelle l’économie. L’erreur, me semble-t-il est de vouloir confondre la "croissance de l’économie" et la "croissance du bonheur". La politique ne saurait se limiter à l’économie…d’autant que la politique a de moins en moins de pouvoir pour agir sur le fluide "argent".

  4. Jean-Yves ROSSIGNOL

    Tout à fait d’accord sur la distinction à faire entre croissance économique et accroissement du bonheur.
    Tout à fait d’accord aussi sur la réhabilitation indispensable du politique (vie de la cité).
    En revanche, l’idée que la politique aurait perdu son pouvoir face à la sphère financière est tout à fait contestée par Jacques Généreux dans son excellent livre "la dissociété".

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