Par Yves d’Amécourt
Publié le 29 mai 2025 à 13h00 Mis à jour le 28 mai 2025 à 14h32

L’élection de Bruno Retailleau à la présidence des Républicains marque un tournant dans l’histoire récente de la droite française. Elle consacre un homme de convictions, au parler franc, dans un pays assoiffé de vérité politique. Son action remarquée au ministère de l’Intérieur, où il ose nommer les maux et proposer des remèdes, sert la lucidité républicaine. Alors que tant d’autres enrobent les réalités pour mieux les fuir, lui a choisi la clarté — et cette clarté a été entendue.
Il y a, dans la trajectoire de Bruno Retailleau, une filiation discrète mais profonde avec une autre grande figure vendéenne de la République : Georges Clemenceau. Ministre de l’Intérieur de 1906 à 1909, le Tigre créa les fameuses Brigades mobiles — dites plus tard Brigades du Tigre — pour moderniser la police et restaurer l’autorité de l’État face au banditisme itinérant. Clemenceau, républicain intransigeant, patriote sans compromission, repose aujourd’hui à Mouchamps, au cœur même du canton de Chantonnay que Bruno Retailleau a longtemps représenté au conseil général. Cette proximité géographique dit peut-être quelque chose d’une proximité morale : même enracinement vendéen, même exigence républicaine, même fermeté face au désordre. Comme un écho d’héritage, entre deux époques que tout sépare, sauf l’essentiel.
Mais cette victoire n’est pas seulement politique. Elle est aussi symbolique et culturelle. Comme l’a souligné Julien Aubert, jamais depuis la fusion du RPR et de l’UDF, un ancien UDF — issu de la mouvance souverainiste du MPF — n’avait pris les rênes du parti. Bruno Retailleau, sénateur vendéen, lecteur de Bauman, Goodhart, Guilluy ou Muzergues, représente cette droite enracinée, rigoureuse, à rebours du spectacle politique. Un élu qui a gravi un à un les échelons de la démocratie locale et nationale, sans jamais céder aux sirènes du “bling-bling” ou du buzz.
Cette victoire est aussi celle de la fidélité. Celle d’un homme qui fut pendant vingt-cinq ans un compagnon de route loyal de François Fillon, y compris dans la tempête. Il était là, au Trocadéro, et la veille même, il tenta de convaincre Fillon de ne pas renoncer. C’est finalement la décision qu’il a prise, le lendemain. Aujourd’hui, l’ancien Premier ministre dit de lui : « J’ai toujours misé sur lui. C’est l’anti-Macron. » Constant dans ses convictions, mais jamais dogmatique. Conservateur assumé, mais profondément républicain. Pragmatiste, mais fidèle à ses engagements fondamentaux.
Symbole fort, sa réconciliation publique avec Philippe de Villiers, lors du dernier Vendée Globe, a réactivé un lien enraciné dans la Vendée, cette terre de fidélité et de résistance. La présence régulière de Villiers dans les médias a aussi contribué à rapprocher une partie de l’électorat autour de valeurs essentielles : le courage, la transmission, l’enracinement. Un électorat qui plébiscite le retour du “récit national”.
Mais cette élection est avant tout celle du rassemblement. Là où d’autres entretenaient la guerre des ego, Bruno Retailleau a su fédérer : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier, et tant d’autres. Il n’a pas cherché à s’imposer par la division, mais par l’unité. Le score de 75 % ne s’explique pas autrement. « Ce résultat marque une volonté claire de tourner la page des ambiguïtés stratégiques », a résumé David Lisnard. « C’est une bonne nouvelle si elle se transforme ensuite en épopée victorieuse pour le pays. »
À Nouvelle Énergie, nous nous reconnaissons dans cette exigence. Nous connaissons Bruno Retailleau, sa rigueur, sa loyauté, sa profondeur. Nous partageons ses priorités : la défense de l’autorité républicaine, l’amour des territoires, le soutien à l’initiative, la maîtrise des comptes publics, la transmission des savoirs et des valeurs.
Oui, Retailleau veut défendre la France des « honnêtes gens ». Ce n’est pas un slogan. C’est une ligne claire, un cap. Face à la confusion du “en même temps” et à l’érosion de la parole publique, il trace un chemin pour la droite. Il ne faut pas craindre la radicalité lorsque celle-ci est le retour à la racine, à ce qui fonde notre civilisation, notre nation, notre contrat social.
Les municipales de 2026 approchent. L’échéance présidentielle de 2027 se profile. Il nous faut un projet solide, structuré, populaire. Mais les Républicains seuls ne gagneront pas. Il faudra une coalition sincère, ambitieuse, enracinée.
Nouvelle Énergie y prendra toute sa part
David Lisnard l’a dit avec force : « Il ne s’agit pas seulement de proposer une alternance, mais de construire une véritable alternative. […] L’élection interne [au sein des Républicains] n’est pas un aboutissement, mais un point de départ. »
C’est pourquoi nous appelons à un grand débat national, prélude à des primaires ouvertes. Le peuple ne doit pas être craint, mais écouté. C’est de lui que viendront les élans et les idées nouvelles.
Face à une gauche mélenchoniste qui appelle à une “constituante” pour fonder une nouvelle République mais refuse de consulter le peuple pour choisir son candidat à l’élection présidentielle, nous opposons exactement le schéma inverse : nous souhaitons débattre puis consulter le peuple pour choisir notre candidat et notre projet et sauver la République !
Ainsi, la victoire de Bruno Retailleau n’est pas un aboutissement. C’est le commencement d’un nouvel élan, porté par une droite qui assume ce qu’elle est, qui ne cherche plus à plaire à tous, mais à servir avec clarté.
À nous tous de lui donner un futur, un avenir, un cap !
Yves d’Amécourt (Nouvelle Énergie)
