Derrière les restaurateurs, il y a les viticulteurs …

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Nos gouvernants sont en train de briser une à une les filières d’excellence françaises… Après l’automobile (la plupart de nos voitures sont désormais fabriquées hors de France), le nucléaire (fermeture de Fessenheim et annonce d’un plan de démantèlement global), l’aérospatiale (fermeture des lignes intérieures), … on n’imaginait pas que l’on s’attaquerait à ce qui est au cœur de notre culture : la gastronomie et le vin ! C’est chose faite !

Les stations de ski seront bien ouvertes, mais sans remontée mécanique et sans restaurant ! Nos restaurants sont fermés dans le cadre du confinement lié à la crise du Coronavirus. Ils n’ouvriront pas avant le 20 janvier 2021 !

On s’appuie pour justifier cette décision, sur une étude menée aux Etats-Unis, avant la mise en place des gestes barrières (gel hydro alcoolique, port du masque, distanciation, …), dans un pays où la restauration n’est pas organisée du tout comme en France…

Cette décision appelle une question : comment se fait-il que depuis le printemps et le 1er confinement, aucune étude n’ait été effectuée en France, sur un échantillon de restaurants qui appliquaient les gestes barrière ?

Le 14 juillet, pourtant, le Président de la République nous annonçait que la France était prête pour affronter une seconde vague. Je pense au contraire que le Président ne croyait pas à l’arrivée d’une seconde vague. Preuve en est qu’il a limogé, ou plutôt « havré » son 1er ministre. On ne change pas de général entre deux batailles ! Contrairement aux promesses et aux annonces on n’a pas armé nos hôpitaux pour la 2ème bataille de cette « guerre » !

La filière viticole est totalement solidaire de nos amis restaurateurs. Et pour cause, ils sont nos premiers ambassadeurs.

La production nationale de vin est de 45 millions d’hectolitres. La restauration à elle seule commercialise 6,5 millions d’hectolitres : 1 bouteille sur 4 consommées en France. 15% de nos ventes !

Pour 43% des Français, le restaurant est le lieu préféré de consommation de vin. Le vin est consommé à la fois dans la restauration traditionnelle indépendante (ce qui représente 5.55 millions d’hectolitres = c’est la production annuelle de l’ensemble des vins de Bordeaux), dans la restauration en chaîne (250000 hectolitres), dans la restauration collective (600000 hectolitres) et dans les cafétérias (100000 hectolitres).

Ajoutons aux difficultés de la filière viticole que :

# le grand export est arrêté (l’exportation de vins et spiritueux français c’est 14 milliards d’€uros). Le différend entre les États-Unis et l’Union européenne sur le dossier des subventions accordées à Boeing et Airbus n’est pas clos. La guerre commerciale UE/US est loin d’être éteinte avec l’élection de Joe Biden, l’escalade avec nos « alliés » continue et l’Europe vient d’instaurer une nouvelle taxe de 25% sur les spiritueux américains. Pas sur que ces nouveaux droits de douane servent à indemniser les entreprises victimes de ces conflits qui ne sont pas les leur !

# la convivialité est interdite à cause du confinement : mariages, communions, repas de famille, sont reportés. Au cœur des moments conviviaux, il y a la consommation de vin ; Après la liberté, c’est la fraternité qui est danger ;

# le tourisme est à l’arrêt : 5 millions de touristes étrangers visitent chaque année nos entreprises de vins et spiritueux en France pour un chiffre d’affaires lié dépassant les 5 milliards € …

Après la coulure de 2013, la grêle de 2013 et 2014, le gel de 2017 et 2019, les attaques de mildiou de 2020, voilà que c’est désormais nos marchés qui sont gelé par les choix discutables et les décisions iniques gouvernementales …

Nos entreprises ne manquent pas de liquide, mais elles manquent cruellement de liquidité… Les PGE souscrits en mars sont aujourd’hui consommés et les vins restent dans nos chais faut de marchés et de consommateurs. En janvier, il faudra commencer une nouvelle campagne et tailler les vignes … Comment payer nos salariés ?

Pas sûr que la viticulture ne s’en relève sans un plan de sauvegarde ambitieux. Mais est-ce l’intention du gouvernement de sauver ce joyau de notre économie ?

Pourtant, chaque année, la filière vin et spiritueux participe au budget national, avec la seule TVA, à minima, de 5 milliards d’€uros. Avec un excédent de 12,7 milliards d’€uros, c’est le deuxième contributeur à la balance commerciale de la France après l’aérospatiale.

Monsieur le Président, il est urgent de rouvrir nos restaurants car derrière un restaurateur il y a des agriculteurs, des maraichers, des pêcheurs, des conchyliculteurs, des artisans, et des viticulteurs ! Une armée de travailleurs qui sont aujourd’hui en grand danger !

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