Retour à Lubituku (Congo-Brazzaville)

16 août 2026, les 90 ans du Père Christian de La Bretesche, missionnaire au Congo-Brazzaville.

Chers cousins, chers amis, Cher Oncle Christian,
Cher Parrain,

Il y a des anniversaires où l’on célèbre un âge. Et puis il y a ceux où l’on célèbre une vie.

Aujourd’hui, nous sommes près de quatre-vingt-dix autour de vous, autant de convive que de bougies sur votre gâteau d’anniversaire !

Il y a votre famille.

Il y a vos amis.

Il y a ceux qui ont travaillé avec vous.

Ceux qui vous ont accompagné.

Ceux que vous avez accompagnés.

Ceux qui ont partagé vos projets, vos enthousiasmes, vos combats, vos colères…

Et si nous sommes tous là aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que vous avez quatre-vingt-dix ans.

C’est parce que, d’une manière ou d’une autre, vous comptez dans nos vies.

Tout à l’heure, au cours de cette messe d’action de grâce, nous avons entendu l’Hymne à la charité de saint Paul, que vous aviez choisi comme seconde lecture.

« La charité prend patience ; la charité rend service… elle espère tout, elle endure tout. »

En préparant ces quelques mots, je me suis dit que, tout était peut-être là.

Parce que votre vie pourrait se raconter par les dates, les pays traversés, les œuvres créées, les responsabilités assumées.

Mais ce serait passer à côté de l’essentiel.

Car derrière tout cela, il y a d’abord des hommes et des femmes que vous avez aimés, servis et auxquels vous avez fait confiance.

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Pour moi, le Congo a commencé par une petite planche de bois.

J’étais enfant.

Vous étiez venu passer quelques jours à Pescheseul. C’était au mois de mai.

Je vous vois encore trouver une petite planche, la poncer soigneusement, puis demander un pyrograveur.

Et sous mes yeux d’enfant, vous avez commencé à dessiner.

Une case.

Puis des hommes.

Des femmes, qui portent leur enfant sur le dos.

Des enfants qui courent.

Et, tout en dessinant, vous me racontiez un village du Congo dont le nom, depuis, ne m’a jamais quitté :

Lubituku.

Vous me racontiez que les sages du village prenaient leurs décisions sous un toit de palmes.

Que les femmes revenaient de la rivière avec l’eau portée sur leur tête.

Que les enfants jouaient.

Puis vous avez pris de la gouache.

Vous avez ajouté des palmiers, des bananiers, des collines.

Et surtout cette terre rouge du Congo dont vous me parliez comme si elle était là, devant nous.

J’étais émerveillé.

Le 9 mai, jour de mon anniversaire, vous m’avez offert un paquet.

Je l’ai ouvert.

Et j’ai découvert cette planche dont j’avais suivi la fabrication.

Vous m’offriez « Lubituku ».

Cette planche, je l’ai toujours.

Elle est dans notre salon, à Bréhermont.

Et chaque fois que je la regarde, je revois l’enfant que j’étais et le parrain qui, sans le savoir, était déjà en train de lui ouvrir une fenêtre sur le monde.

Je suis finalement allé au Congo en 1997.

J’y suis retourné de nombreuses fois depuis.

Mais il y a une chose que je dois confesser aujourd’hui :

je ne suis toujours pas allé à Lubituku !

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Pour nous, vos neveux et nièces, vous avez toujours été l’Oncle Christian du Congo.

Mais quel Congo !

Car il faut expliquer à ceux qui ne connaissent que le missionnaire, le prêtre ou l’économiste que notre Oncle Christian a eu plusieurs vies.

Et notamment une carrière assez improbable dans… le show-business !

Il y eut les Échos Noirs, devenus M’Bamina. Un membre des M Bamina est là aujourd’hui : Kuka !

Dans les années 1970, vous avez accompagné ces jeunes musiciens congolais qui allaient devenir l’un des premiers groupes africains à se produire sur les scènes internationales.

Pour nous, il reste des images.

Les M’Bamina chez nos grands-parents, au Val.

Le premier 45 tours des Échos Noirs.

La DS Break sur la place de la Concorde.

Et ces quatre chansons écrites par… le Père Christian de La Bretesche !

Au Congo, M’Bamina est devenu une légende.

Helena est encore jouée aujourd’hui.

Et certains de ces jeunes hommes que vous avez accompagnés n’ont jamais oublié ce qu’ils vous devaient.

Ce n’était déjà pas seulement de la musique.

C’était votre manière de faire confiance.

De donner une chance.

D’ouvrir une porte.

Sur les disques de Samba N Go, qui est installé aujourd’hui à San Francisco, il y a toujours une dédicace au Père Christian de La Bretesche.

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Puis, en 1997, je suis allé au Congo pour la première fois.

Une ONG, SOS Faim, souhaitait réaliser un audit du Forum des Jeunes Entreprises.

Vous aviez demandé que cet audit soit réalisé selon la méthode APTE, et vous aviez demandé à l’Oncle Bertrand que ce soit moi qui le mène.

Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai véritablement découvert l’étendue de ce que vous aviez entrepris.

Le Forum des Jeunes Entreprises du Congo, pour aider de jeunes Congolais à créer leur activité.

Les centres de ressources professionnels, pour les accompagner techniquement.

La CAPPED, devenue un acteur majeur du microcrédit. A Brazzaville, la « maison du Micro Crédit » porte le nom de Christian de La Bretesche.

Et j’ai alors découvert quelque chose d’assez inattendu : mon parrain était banquier !

Cela peut surprendre.

Au Congo, certains imaginent d’ailleurs que, puisque le Père Christian est banquier, il doit être riche.

Je peux aujourd’hui apporter un témoignage formel : ce n’est pas le cas !

Et puisque nous célébrons justement votre anniversaire, les dons restent donc parfaitement bienvenus… J’ai mis votre IBAN sur l’invitation !

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Vous avez compris qu’on ne pouvait pas parler de dignité à quelqu’un sans lui donner aussi les moyens de vivre debout.

Vous avez voulu que les hommes puissent travailler.

Entreprendre.

Créer.

Prendre des responsabilités.

Vous avez cru à leur liberté.

Depuis deux ans, je suis à mon tour administrateur du Forum des Jeunes Entreprises du Congo.

C’est une mission que vous m’avez confiée.

Je mesure ce qu’elle représente.

Car ce Forum que je découvrais il y a près de trente ans comme jeune auditeur, me voici aujourd’hui chargé, avec d’autres, de contribuer à son avenir.

Il y a là, pour moi, quelque chose qui ressemble à une transmission.

Et j’en suis profondément heureux.

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Il y eut aussi Médecins d’Afrique, au moment de la crise du sida.

La Thébaïde, construite près de Brazzaville, détruite pendant la guerre civile de 1997, reconstruite vers Pointe-Noire, près de la pointe Indienne, à Rivière Rouge, et aujourd’hui encore prête, s’il le faut, à recommencer ailleurs, à Hinda, pour satisfaire aux besoins d’extension du port de Pointe Noire.

Il y eut Pointe-Noire Industrielle. Hubert de Beaumont est ici, qui a participer à ce projet.

Les PME.

Les TPE.

Le journalisme.

Au Val, Bon Papa recevait « la semaine Africaine » où l’Oncle Christian était éditorialiste sous le pseudonyme de Gaston Benzengamio.

Les livres.

Les formations.

Et puis tous ces outils que vous avez imaginés pour permettre aux hommes de mieux comprendre leurs cultures, leurs différences, leur histoire.

Mais surtout, derrière toutes ces institutions, il y eut des visages.

Une génération entière de Congolais a travaillé avec vous.

Certains ont appris avec vous l’économie, la doctrine sociale de l’Église, la méthode APTE.

D’autres sont devenus Maires, Experts Comptables, chefs d’entreprises …

Beaucoup sont devenus vos amis. Et beaucoup le sont restés.

Certains d’entre eux comme Prosper KimPro ont choisi pour vous remercier de prénommer leur fils « La Bretesche ».

Il y a quelques jours je rendais visite à mon ami Emmanuel Moreau à Pléhérel. Il me dit : « Il faut que je te raconte une histoire »

« J’étais à un mariage il y a quelques semaines et le curé de la paroisse était Africain ». Au dîner il était assis à coté de moi. Il me dit « vous connaissez le Congo ? » Emmanuel répond : « Pas très bien mais j’ai un ami dont le parrain est prêtre au Congo, le Père Christian de La Bretesche ! »

« Le Père Christian ! » répondu l’abbé : mais sans lui je ne serais pas prêtre !

Ils sont très nombreux, aujourd’hui, les prêtres du congo Brazzaville à venir évangéliser la France ! Tous ont dans leur cœur le Père christian et ses œuvres.

Lorsque le Père Christian est arrivé au Congo , en 1963, ils étaient 150 missionnaires européens. Aujourd’hui, il ne sont plus que deux. Mais il y a de très nombreux prêtres Congolais sur le sol Européen. Juste retour de choses.

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J’ai eu la chance de retourner souvent au Congo.

Avec Sophie.

Avec Tante Caroline et Antoine.

Avec Oncle Bertrand et toute l’équipe d’APTE.

Avec Brigitte et Aude.

Avec Maman.

Avec chacun de mes enfants.

Ou presque, reste Paola… qui attend son tour.

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Et puis il y eut ce voyage où nous étions là lorsque l’ambassadeur de France vous remit la Légion d’honneur.

La cérémonie avait lieu dans un endroit extraordinaire : la Case de Gaulle, à Brazzaville.

Ce lieu chargé de l’histoire de la France Libre.

L’ambassadeur retraça votre parcours. Le prêtre. Le missionnaire. Le musicien. Le journaliste. L’économiste. L’accompagnateur d’entrepreneurs. Le bâtisseur.

Mais ce qui me frappe encore aujourd’hui, c’est votre réponse. Vous avez expliqué que cette décoration ne récompensait pas une victoire. Elle honorait un combat.

Et immédiatement, vous avez associé à cet honneur ceux qui avaient combattu à vos côtés. Au Forum. A la CAPPED. A la Thébaïde. Médecins d’Afrique. Les Spiritains. Vos collaborateurs. Vos amis. Cela vous ressemble.

Vous n’avez jamais beaucoup aimé les piédestals.
Vous avez toujours préféré les chantiers.

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Et Dieu sait qu’il y en eut des chantiers !

Vous avez construit. Vous avez reconstruit. Et parfois… vous avez re-reconstruit.

Il fallait une certaine opiniâtreté. Car le Congo que vous aimé ne vous a pas épargné.

Vous avez connu les enthousiasmes et les désillusions. Les bouleversements politiques. Le communisme. Les crises. Les guerres.

Vous avez vu certaines de vos œuvres détruites. Vous avez perdu des amis. Certains sont morts pendant les guerres, parfois sous vos yeux. Vous avez été menacé. Vous avez été inquiété.

Je me souviens que pendant les guerres, la voiture que vous attendiez a été kidnappée et que l’on vous réclamait une rançon pour la récupérer. Tout le monde, y compris dans les plus hautes autorités, vous conseillait de payer. Mais vous avez mené votre enquête et vous êtes aller la rechercher au péril de votre vie.

Vous avez aussi fait confiance à des hommes qui vous ont déçu.

Certains ont cédé à la corruption. Et pourtant… vous avez continué à faire confiance. Et c’est ici que je repense aux mots de saint Paul que nous venons d’entendre.

« La charité excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout. »

Non pas une charité naïve. Vous connaissez trop bien les hommes pour être naïf. Mais cette décision, toujours renouvelée, de ne jamais désespérer d’eux. Vous avez été parfois déçu. Mais vous avez été bien plus souvent heureux d’avoir fait confiance. Vous avez parfois été découragé. Mais vous n’êtes jamais devenu cynique. Vous avez parfois douté des solutions. Jamais de la nécessité de servir.

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Au fil de mes voyages, moi aussi, j’ai connu ce sentiment étrange.

Je suis parfois revenu du Congo enthousiaste. Parfois désabusé. Souvent interloqué. Mais toujours séduit. Avec vous, j’ai espéré. Mais vous… vous avez tout donné.

Et lorsque je retourne là-bas, ce qui m’impressionne le plus n’est finalement ni un bâtiment, ni une institution, ni une association. Ce sont les gens. Au Congo, vous êtes entouré de vrais amis. Des hommes et des femmes qui vous connaissent depuis parfois quarante ou cinquante ans. Qui vous aiment. Qui vous admirent. Qui vous aident. Qui vous contredisent certainement aussi ! Et lorsqu’un homme arrive à quatre-vingt-dix ans entouré d’amitiés vieilles d’un demi-siècle, je crois que cela dit quelque chose de sa vie.

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Vous êtes né dans une famille de dix enfants. Cela apprend sans doute très tôt que l’on n’est pas seul au monde. Notre grand-père, militaire, vous a transmis le sens du devoir.

Mais le reste, c’est vous qui l’avez choisi. Vous avez choisi le sacerdoce. Vous avez choisi la mission. Vous avez choisi le Congo. Et pendant plus de soixante ans, vous avez renouvelé ce choix.

Vous avez été fidèle à votre vocation. Fidèle à votre foi. Fidèle à vos amis. Fidèle au Congo. Fidèle à votre famille.

Et cette fidélité n’a jamais été une immobilité. Au contraire. Vous avez toujours un projet. Toujours un texte à écrire. Une idée à défendre. Un problème à résoudre.

À 88 ans encore, vous présentiez à Brazzaville un nouveau livre.

À quatre-vingt-dix ans, manifestement, la retraite n’est toujours pas complètement acquise. Mais peut-être qu’un missionnaire ne prend jamais vraiment sa retraite. Il change de rythme. Il change de chantier. Mais il ne change pas de mission.

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Cher Parrain,

parmi tout ce que vous m’avez transmis, il y a une phrase que je voudrais partager aujourd’hui avec tous ceux qui sont ici. Un jour, nous parlions tous les deux de nos vies. De nos soucis. De nos projets. De ces problèmes qui nous encombrent et dont nous pensons parfois : « Lorsque j’aurai réglé cela, alors je pourrai être heureux. »

Vous m’avez regardé et vous m’avez dit : « N’attends pas d’avoir réglé tes problèmes pour être heureux ! »

Cette phrase m’accompagne. Elle m’aide beaucoup. Et plus les années passent, plus je comprends qu’elle raconte votre vie.

Car si vous aviez attendu que tous les problèmes soient réglés pour être heureux… vous auriez attendu longtemps !

Vous auriez attendu la fin des guerres. La fin des crises politiques. La fin de la pauvreté. La fin de la corruption. La fin des problèmes d’argent. La fin des problèmes administratifs. La fin des difficultés humaines. Bref… vous attendriez encore !

Mais vous n’avez pas attendu. Vous avez vécu. Vous avez aimé. Vous avez entrepris. Vous avez construit. Vous avez recommencé. Vous avez fait confiance. Et vous avez espéré.

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Alors je reviens à ce texte que vous avez choisi et que nous venons d’entendre ce matin.

Saint Paul nous dit : « Quand j’aurais la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque la charité, je ne suis rien. »

Vous avez déplacé quelques montagnes. Vous avez aussi essayé d’en déplacer certaines qui se sont révélées particulièrement résistantes… Mais, au fond, ce n’est pas cela que nous célébrons aujourd’hui. Nous ne célébrons pas le nombre de bâtiments construits. Ni le nombre d’associations créées. Ni le nombre d’entreprises accompagnées. Ni même une Légion d’honneur. Nous célébrons quelque chose de beaucoup plus simple.

Le bien que vous avez fait aux hommes et aux femmes que Dieu a placés sur votre chemin.

Et si nous sommes si nombreux autour de vous aujourd’hui, c’est peut-être tout simplement parce que chacun d’entre nous porte une petite part de ce que vous avez semé. Une chanson. Un projet que vous avez aidé à faire naître. Une entreprise. Une rencontre. Un conseil. Un souvenir. Une amitié. Une parole prononcée au bon moment.

Chacun ici pourrait probablement raconter son Père Christian, son Oncle Christian.

Et c’est peut-être cela, finalement, une vie féconde : laisser quelque chose de soi dans le cœur des autres.

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Cher Oncle Christian,

cher Parrain,

à quatre-vingt-dix ans, je voudrais simplement vous dire merci.

Merci pour les Échos Noirs et M’Bamina. Merci pour le Forum, la CAPPED, Médecins d’Afrique, la Thébaïde, Pointe Noire Industrielle et tous les autres. Merci pour ce Congo que vous nous avez fait découvrir et aimer. Merci pour ceux auxquels vous avez fait confiance. Merci pour ceux que vous avez aidés à se mettre debout. Merci pour votre fidélité. Merci pour votre foi. Merci pour votre espérance. Merci pour cette leçon de vie Et surtout… merci pour votre charité.

Car tout à l’heure, saint Paul nous l’a rappelé : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. »

La foi, vous l’avez annoncée. L’espérance, vous l’avez vécue. Et la charité… il suffit de regarder autour de vous.

Elle est là. Dans votre famille. Dans vos amis. Dans ceux qui ont travaillé avec vous. Dans ceux qui sont venus parfois de loin pour vous entourer aujourd’hui. Dans tous ceux qui auraient voulu être là.

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Alors, cher Parrain, surtout, continuez.

Continuez à écrire.

Continuez à entreprendre.

Continuez à nous raconter le Congo.

Continuez à nous rappeler de ne pas attendre d’avoir réglé tous nos problèmes pour être heureux.

Continuez à faire confiance.

Continuez à semer.

Continuer à laisser quelque chose de vous dans le cœur des autres.

Et puisque vous m’avez confié, il y a deux ans, une petite part de cette œuvre en me demandant de devenir administrateur du Forum des Jeunes Entreprises, je voudrais terminer par une promesse.

Dans quelques mois, lorsque vous ferez appel à moi, je repartirai au Congo.

Je retrouverai Brazzaville.

Le Forum.

Vos amis.

Ceux qui sont devenus aussi un peu les miens.

Je retrouverai cette terre rouge que vous m’avez fait découvrir lorsque j’étais encore un enfant.

Et cette fois, cher Parrain…

j’espère que nous trouverons enfin ensemble, le chemin de Lubituku. Ce jour-là, j’aurai certainement une pensée pour la petite planche que vous m’avez offerte il y a si longtemps.

Et je me dirai que le voyage commencé ce jour-là, dans les yeux d’un enfant… n’est toujours pas terminé.

Très joyeux anniversaire, cher Oncle Christian.

Et que Dieu vous garde encore longtemps parmi nous.

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Annexe : Texte choisi par l’Oncle Christian pour cette seconde lecture. C’est la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens « L’hymne à la charité ».

J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges,

si je n’ai pas la charité,

s’il me manque l’amour,

je ne suis qu’un cuivre qui résonne,

une cymbale retentissante.

J’aurais beau être prophète,

avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu,

j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes,

s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif,

s’il me manque l’amour,

cela ne me sert à rien.

L’amour prend patience ;

l’amour rend service ;

l’amour ne jalouse pas ;

il ne se vante pas,

ne se gonfle pas d’orgueil ;

il ne fait rien d’inconvenant ;

il ne cherche pas son intérêt ;

il ne s’emporte pas ;

il n’entretient pas de rancune ;

il ne se réjouit pas de ce qui est injuste,

mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

il supporte tout,

il fait confiance en tout,

il espère tout,

il endure tout.

L’amour ne passera jamais.

Les prophéties seront dépassées,

le don des langues cessera,

la connaissance actuelle sera dépassée.

En effet, notre connaissance est partielle,

nos prophéties sont partielles.

Quand viendra l’achèvement,

ce qui est partiel sera dépassé.

Quand j’étais petit enfant,

je parlais comme un enfant,

je pensais comme un enfant,

je raisonnais comme un enfant.

Maintenant que je suis un homme,

j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.

Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ;

ce jour-là, nous verrons face à face.

Actuellement, ma connaissance est partielle ;

ce jour-là, je connaîtrai parfaitement,

comme j’ai été connu.

Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ;

mais la plus grande des trois, c’est la charité.

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