Viticulture

[TRIBUNE] La France laisse mourir ses agriculteurs et feint de s’en étonner

« La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété. » Tribune publiée le 11 janvier 2025 sur Boulevard Voltaire.

La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété : celui du temps court contre le temps long, de l’idéologie contre le réel, de la posture morale contre la souveraineté.

Depuis des années, les gouvernements successifs traitent l’agriculture non comme une activité vitale, mais comme un problème à encadrer. Chaque crise donne lieu à un plan d’urgence, chaque colère à une promesse, chaque drame à un chèque. Mais jamais à une remise en cause de fond. On colmate, on subventionne, … Lire la suite

Prix d’orientation en viticulture durable : une avancée, deux risques

Le 15 juillet 2025, la Commission européenne a rendu un avis favorable sur un projet d’accord interprofessionnel innovant, porté par la filière viticole en Occitanie. Pour la première fois, un accord prévoyant la fixation de prix d’orientation pour les vins bio et HVE en vrac a été reconnu compatible avec le droit de la concurrence, sur la base de l’article 210 bis du règlement OCM.

Ce texte, introduit en 2021, autorise certaines dérogations aux règles classiques de concurrence dans le but de favoriser la durabilité environnementale, à condition que les restrictions soient strictement proportionnées aux objectifs poursuivis. C’est donc une révolution silencieuse mais significative : l’Union européenne reconnaît qu’un prix plus rémunérateur peut accompagner des pratiques agricoles plus vertueuses.… Lire la suite

« Il est urgent de redonner aux viticulteurs la liberté d’innover », estime Yves d’Amécourt

Yves d’Amécourt, viticulteur en Gironde et ancien secrétaire général du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, est référent ruralité, agriculture, forêt, pêche du parti Nouvelle Énergie fondé par David Lisnard. En exclusivité pour Agriculture & Environnement, il revient sur les causes de la crise que traverse la viticulture et propose quelques pistes pour en sortir.

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Agriculture biologique : quand la micro-écologie contredit la macro-écologie

L’agriculture biologique jouit d’une image flatteuse dans l’opinion : elle serait « bonne pour le climat », « respectueuse de la biodiversité », « économe en ressources et en énergie ». On vante ses circuits courts, ses sols vivants, ses paysages variés. Mais qu’en disent réellement les sciences du climat et de la biodiversité ?

En s’en tenant non aux résumés politiques du GIEC et de l’IPBES, mais aux rapports scientifiques eux-mêmes, force est de constater que la réponse est bien plus nuancée que les slogans des écologistes.


Ce que dit le GIEC : moins de rendement, plus de terres, pas moins d’émissions

Dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC (groupe III, volet scientifique), l’agriculture biologique apparaît comme une solution … Lire la suite

« Ne laissons pas mourir la viticulture dans l’indifférence » Stéphane Gabard

Dans nos vignes, dans nos fermes, nous crevons. Et tout le monde semble s’en accommoder. Les viticulteurs s’épuisent, s’endettent, sombrent. Leurs produits ne se vendent plus, ou à des prix qui ne couvrent même plus les coûts de production. Nos métiers ne permettent plus de vivre, juste de survivre. Quand ce n’est pas pire.

Pendant ce temps, les charges explosent : l’inflation, les prix de l’énergie, les normes toujours plus nombreuses, les accidents climatiques… Et malgré cela, les prix de nos vins en vrac s’effondrent. Où passe la valeur ? Certainement pas dans nos poches. Les consommateurs, eux, continuent de payer plus cher en rayon et nous continuons de vendre à perte. Cherchez l’erreur.

On nous parle d’environnement, de durabilité, … Lire la suite

Bordeaux, la crise viticole (NoA)

diffusé le 28/11/2024 à 20h44  Disponible jusqu’au 28/11/2025

C’est une crise sans précédent à Bordeaux, une crise qui touche la consommation de vin et la commercialisation de rouge surtout en berne. Côté Châteaux consacre un magazine de 30 minutes avec des réactions de petits vignerons en difficulté, le collectif viti 33 qui a relancé ses manifestations. Un joli tour d’horizon du plus grand vignoble de France qui a arraché plus de 10% de sa superficie pour diminuer sa production, vous verrez des entretiens avec les syndicats en charge de ces dossiers et l’interprofession, mais aussi avec les courtiers qui accompagnent ces viticulteurs. Ces petits vignerons font aussi preuve d’imagination avec de l’oenotourisme à la propriété pour s’en sortir. Un magazine … Lire la suite

Vigne et Vin demain

Ce colloque se tiendra le 28 novembre 2024 dans les locaux de l’académie d’agriculture.

Le thème du colloque répond à une urgence : l’humanité doit aujourd’hui faire face au changement du climat terrestre.

À cette fin, les initiatives politiques à l’échelle mondiale doivent être complétées par des actions individuelles, en vue de stopper les évolutions du climat et de pérenniser l’habitabilité de la planète. Des changements infrastructurels, organisationnels et juridiques sont nécessaires pour évoluer vers un mode de vie à faibles émissions de carbone : il faut apprendre à mieux utiliser l’énergie, mieux construire, mieux gérer l’eau et, surtout, maîtriser la démographie mondiale.

L’agriculture, dont on doit rappeler qu’elle produit nos aliments et qu’elle gère une large partie de … Lire la suite

Pour évaluer les intentions d’arrachage de vignes, une enquête est lancée (Viti)

Le Gouvernement annonce le lancement d’une enquête destinée à préciser les intentions d’arrachage de vignes par les viticulteurs français.

Dans cette enquête, le ministère de l’Agriculture demande, sous réserve de la validation de ce dispositif au niveau européen :

  • quelle surface vous seriez prêt à engager si une aide à l’arrachage temporaire de la surface en vignes pouvait vous être proposée à hauteur de 2.500 €/ha arrachés, en échange de la non-replantation en vigne de la surface équivalente pendant 4 ans ; l’autorisation de replantation des surfaces équivalentes ne pourrait être octroyée qu’après une période de 4 ans, mais sans obligation de replanter ni sanction.
  • quelle surface vous seriez prêt à engager si une aide à l’arrachage définitif de la surface
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« Huit mille hectares de vignes arrachées, c’est la France qu’on déracine » [Le Figaro]

Le matin du 18 avril 2024, dans l’Entre-deux-Mers, là où est né il y a 2000 ans le vignoble bordelais, la fumée des ceps de vigne se mêle à celle des bougies feux allumées contre le gel. Les viticulteurs brûlent les ceps qu’ils ont dû arracher faute de pouvoir écouler leurs vins, tandis qu’ils protègent les vignes subsistantes d’un gel tardif. Voilà deux des combats de ce printemps dans le vignoble bordelais.

Alors que les autorités françaises se félicitent d’avoir divisé par deux et demi la consommation d’alcool pur par Français depuis 1960, la consommation de tabac, qui a culminé vers 1990-1995, est revenue à son niveau de départ ; en un demi-siècle, la France est devenue championne d’Europe de … Lire la suite

Ces ceps que l’on brûle, c’est un peu de notre civilisation qui part en fumée.

Ce matin du 18 avril 2024, dans l’Entre-deux-Mers, là où est né il y a 2000 ans le vignoble bordelais, la fumée des ceps de vigne se mêle à celle des feux allumées contre le gel. Les viticulteurs brûlent les ceps qu’ils ont dû arracher faute de pouvoir écouler leurs vins, tandis qu’ils protègent les vignes subsistantes d’un gel tardif. Voilà deux des combats de ce printemps dans le vignoble bordelais.

Alors que les autorités françaises se félicitent d’avoir divisé par deux et demi la consommation d’alcool pur par Français depuis 1960, les effets pervers de ce résultat sont peu soulignés. D’une part, la consommation de tabac, qui a culminé vers 1990-1995, est revenue à son niveau de départ. De … Lire la suite

Ces ceps que l’on brûle, c’est un peu de notre civilisation qui part en fumée.

Ce matin du 18 avril 2024, dans l’Entre-deux-Mers, là où est né il y a 2000 ans le vignoble bordelais, la fumée des ceps de vigne se mêle à celle des bougies feux allumées contre le gel. Les viticulteurs brûlent les ceps qu’ils ont dû arracher faute de pouvoir écouler leurs vins, tandis qu’ils protègent les vignes subsistantes d’un gel tardif. Voilà deux des combats de ce printemps dans le vignoble bordelais.

Alors que les autorités françaises se félicitent d’avoir divisé par deux et demi la consommation d’alcool pur par Français depuis 1960, les effets pervers de ce résultat sont peu soulignés. D’une part, la consommation de tabac, qui a culminé vers 1990-1995, est revenue à son niveau de départ. … Lire la suite

« Les écologistes radicaux veulent nous ramener à la préhistoire » (Invité de Gabrielle Cluzel, Boulevard Voltaire)

Yves d’Amécourt, bien connu des lecteurs de BV, est issu d’une famille de viticulteurs, d’agriculteurs et de forestiers. Il a été porte-parole de François Fillon sur les questions agricoles et rurales lors de l’élection présidentielle de 2017, puis porte-parole jusqu’en 2022 du Mouvement de la ruralité. Il a été également secrétaire général du syndicat des viticulteurs de Bordeaux, puis maire, président de communauté de communes, conseiller général et conseiller régional. En 2021, Yves d’Amécourt a rejoint le mouvement de David Lisnard, Nouvelle Énergie.

Pour lui, ces révoltes successives de la France dite périphérique – qui est en fait « la France éternelle », celle des campagnes – devraient nous alerter. Il pointe notamment du doigt l’écologisme, bien différent de … Lire la suite

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