
Il est des élections où les Français choisissent une majorité. Et puis il est des élections où ils choisissent une direction. Je crois que l’élection présidentielle de 2027 appartient à cette seconde catégorie.
Depuis près d’un demi-siècle, notre pays alterne les majorités sans jamais vraiment changer de cap. Les gouvernements passent, les ministres se succèdent, les lois s’empilent, les administrations se multiplient. Chaque alternance promet un nouveau départ ; chacune ajoute finalement une couche supplémentaire à un édifice devenu si complexe que plus personne n’en possède véritablement le plan.
La France ressemble parfois à ces grandes demeures familiales que chaque génération a voulu améliorer. Ici, on a ouvert une porte. Là, on a ajouté une aile. Plus loin, on a condamné un escalier, construit une véranda, percé une fenêtre. Chaque transformation paraissait justifiée. Pourtant, au fil du temps, la maison est devenue moins lisible, moins fonctionnelle, moins accueillante.
Notre République est devenue cette maison.
Nous avons ajouté des administrations comme on ajoute des cloisons. Des normes comme on ajoute des cadenas. Des procédures comme on installe des alarmes. À force de vouloir tout prévoir, nous avons fini par rendre difficile ce qui était simple.
À force de vouloir tout protéger, nous avons parfois oublié de faire confiance. Car c’est peut-être là le véritable mal français. Nous ne souffrons pas seulement d’une dette devenue vertigineuse. Nous ne souffrons pas seulement d’une immigration mal maîtrisée. Nous ne souffrons pas seulement d’une violence qui inquiète. Nous souffrons d’une crise plus profonde. Nous avons cessé de croire en la liberté.
Chaque difficulté appelle une nouvelle loi. Chaque crise appelle une nouvelle administration. Chaque émotion appelle une nouvelle interdiction. Chaque problème appelle une nouvelle dépense. Comme si notre premier réflexe consistait toujours à demander davantage à l’État, sans jamais nous demander ce que nous pourrions rendre aux Français.
Car il existe deux manières de faire de la politique.
La première consiste à promettre toujours davantage. Davantage d’argent public. Davantage de réglementation. Davantage de contrôles. Davantage d’interventions.
L’autre consiste à rendre. Rendre aux familles leur responsabilité. Rendre aux maires leur liberté d’agir. Rendre aux entrepreneurs le droit d’entreprendre. Rendre aux agriculteurs le droit de produire. Rendre aux enseignants le temps d’enseigner. Rendre à la justice son autorité. Rendre à l’État ses missions. Et, finalement, rendre à chacun la propriété de sa vie.
Cette idée est immense. Elle dépasse les clivages. Elle dépasse même les programmes.
Car une civilisation ne se mesure pas au nombre de lois qu’elle produit. Elle se mesure à la confiance qu’elle accorde à ses citoyens.
Depuis plusieurs semaines, j’ai écouté les premiers grands discours de cette campagne présidentielle. Je les ai lus sans chercher un favori. J’y ai cherché une pensée. J’y ai cherché une vision. J’y ai cherché cette idée simple qui permet de distinguer un programme d’un projet.
J’ai entendu Édouard Philippe. J’ai lu Bruno Retailleau. J’ai écouté David Lisnard.
Ces trois hommes sont respectables. Ils aiment la France. Ils veulent son redressement. Mais ils ne répondent pas à la même question.
Édouard Philippe s’interroge d’abord sur la manière de gouverner l’État. Bruno Retailleau place au cœur de son projet le rétablissement de l’autorité. David Lisnard pose une autre question, plus fondamentale à mes yeux. Comment rendre à nouveau la France gouvernable ?
Non pas en gouvernant davantage. Mais en gouvernant mieux. En distinguant enfin ce qui relève de la famille, de la commune, de la province, de la Nation, de l’Europe ou du monde. Car tout ne se décide pas à Paris. Et tout ne doit pas s’y décider.
Depuis plus de vingt ans de vie publique, comme conseiller général, maire, président de communauté de communes, conseiller régional, mais aussi comme chef d’entreprise et vigneron, j’ai appris une leçon que le terrain enseigne à tous ceux qui veulent bien l’écouter. Les meilleures décisions ne viennent pas toujours d’en haut. Elles naissent presque toujours au plus près du réel. Dans une mairie. Dans une exploitation agricole. Dans un atelier. Dans une entreprise. Dans une association. Dans une famille.
La politique devrait commencer là. Au contact du réel. Comme le vigneron marche avant sa vigne avant de décider de la date des vendanges. Il regarde le ciel. Il observe les feuilles. Il goûte les baies. Puis il décide. Il ne commande jamais à la nature. Il commence par l’écouter.
La politique devrait retrouver cette humilité.
Le projet porté par David Lisnard me touche parce qu’il procède de cette même méthode. Il ne commence pas par les sondages. Il commence par une réflexion.
Autour de lui, depuis plusieurs années, plus de deux cents experts, des élus, des chefs d’entreprise, des agriculteurs, des universitaires et plus de vingt mille militants travaillent à construire une pensée politique cohérente. Ce n’est pas une campagne. C’est un travail. Je connais cette méthode. En 2015et 2016, j’ai participé, autour de François Fillon, à l’élaboration d’un projet qui surprit tous les observateurs.
Le projet de David Lisnard n’est évidemment pas celui de François Fillon. Le monde a changé. La France aussi. Mais je retrouve cette même exigence. Penser avant de communiquer. Construire avant de séduire. Préparer avant de promettre.
Et puis il y a les faits. Je me méfie des promesses. Je regarde les réalisations. Nous demandons sans cesse aux candidats ce qu’ils feront demain. Demandons-leur davantage ce qu’ils ont déjà fait.
La meilleure manière de prévoir le comportement d’un responsable politique demeure encore d’observer la manière dont il a exercé les responsabilités qui lui ont déjà été confiées. Les promesses sont des hypothèses. Les réalisations sont des preuves.
Enfin, je voudrais m’adresser aux médias. Vous avez une responsabilité considérable. Ne choisissez pas le Président avant les Français. Votre rôle n’est pas de désigner les favoris. Il est d’éclairer le choix des citoyens. Ne vous laissez pas enfermer dans les sondages. Les sondages photographient un instant. Les projets dessinent un avenir. Regardez les dynamiques plutôt que les instantanés. Comparez les visions plutôt que les éléments de langage. Interrogez les réalisations plus encore que les promesses.
Et surtout, cessons de transformer le « charisme » en catégorie politique. Le charisme est une lumière que l’Histoire projette souvent après coup sur ceux qui ont assumé leurs responsabilités.
En juin 1940, Charles de Gaulle n’était ni le plus connu, ni le plus populaire, ni le plus consensuel. Il était simplement celui qui avait vu plus loin que les autres.
La démocratie mérite mieux qu’un concours de notoriété. Elle mérite un débat d’idées.
Patrick Sébastien a lancé cette formule qui a fait sourire : « En 2027, il ne faudra pas simplement changer la nappe. Il faudra renverser la table. »
Je crois qu’il a raison. Mais renverser la table n’est pas un projet. Le véritable enjeu est ailleurs. Il est de savoir quel pain nous voulons y partager, quelle espérance nous voulons transmettre à nos enfants et quelle France nous voulons leur laisser en héritage.
Pour ma part, mon choix est fait. Parce que je crois qu’avant de changer les hommes, il faut retrouver une pensée. Parce que je crois qu’avant de gouverner un pays, il faut lui faire confiance. Parce que je crois qu’une nation ne se redresse jamais contre son peuple, mais toujours avec lui. Et parce que je crois que le projet porté aujourd’hui par David Lisnard est celui qui répond, avec le plus de cohérence, aux questions que notre temps nous pose.

Je suis supporter de DL depuis plus d’un an.
Je pense qu’il incarne le mieux le dirigeant capable de redresser le pays.
Il parle avant tout de son programme, de ses idées et très rarement il critique les autres.
Chester agréable d’écouter quelqu’un dont la seule ambition est son pays, enfin un nouveau de Gaulle.