Le_concombre.jpgAprès la peste, la grippe espagnole, le poulet à la dioxine, la vache folle, la grippe aviaire, la grippe H1N1, voilà la bactérie du concombre !
Après l’affaire de la rue de l’observatoire, celle des diamants de Bocassa, de la famille cachée du Président, des frais de bouche de la Mairie de Paris, des HLM des Hauts de Seine, de l’appartement d’Hervé Gaymard, après l’affaire Woerth-Betancourt, voici l’affaire DSK…

Après la catastrophe de Tchernobyl, voici celle de Fukushima.

Après le tremblement de terre de Mexico, le Tsunami de Pucket, le tremblement de terre d’Haïti, voici les tremblements de terre du Japon.

Après « 1 verre ça va, 2 bonjour les dégâts », « il vaut mieux un petit clic qu’un gros boum », après « bouger est bon pour la santé », « manger salé, sucré, nuit à la santé », « 5 fruits et légume par jour (sauf le concombre !) », « jour après jour votre corps se souvient de tout, après…», après « fumer tue », et bientôt « conduire tue », pourquoi pas « vivre tue » !

Dérèglement climatique, catastrophes naturelles, nanotechnologies, méga technologie, démographie, épidémies, affaires de mœurs, sécurité passive, sécurité active, sécurité des personnes, sécurité des biens… Tout est organisé pour que nous ayons peur de tout.

Tout est mis en chiffre afin de disposer de compteur, de tableau de bord, de mesures en tout genre. Et tout cela entretien nos peurs car plus on mesure n’importe quoi, plus on détecte tout, plus on fait peur !

  • « Comment se fait-il que les agressions faites aux personnes soient en augmentation ? » (c’est le sujet du moment – ça fait très peur !)
  • « Et bien, c’est-à-dire que, au début on ne la mesurait pas, et maintenant on note tout. ».

C’est en suivant le même processus que le Collège de Sauveterre de Guyenne dans un article du POINT (le 31 août 2006) est devenu, selon les statistiques, le collège le plus violent du Sud-Ouest de la France ! Statisticien, c’est un métier, ça ne s’invente pas.

Peur de la catastrophe, peur de la maladie, peur de la contamination, peur de la fin du monde, peur de notre propre fin, peur du retour de la faim dans le monde. Peur d’autant plus aiguë que nous n’avons qu’une confiance de plus en plus réduite en ceux qui nous gouvernent –ah les affaires ! -. Une confiance limitée dans la science et le progrès accusés d’avoir transgressé les lois de la vie, de la physique, de la nature. Une confiance qui s’amenuise dans les média qui n’ont plus le temps de « vérifier leur source » – le cœur du métier de journaliste-, car avec internet, l’info en continue, le journal permanent, le temps donné pour le faire est passé de la journée (24 heures), à la seconde.

On oublie simplement de nous dire, que le plus grand risque que nous courons en 2011 c’est de mourir dans notre lit, d’un arrêt cardiaque, sans passer à la télé (vite il faut acheter un defibrilateur!)… C’est d’avoir un accident dans notre cuisine sans faire la une des journaux. C’est d’avoir un accident de voiture à une distance évaluée entre 0 et 2 km de chez nous sur une route que nous connaissons par cœur et où nous passons tous les jours !

Il faut nous rendre à l’évidence, « Vivre tous les jours, tue chaque jour » !

6 commentaires sur “Le concombre qui tue !”

  1. MARIE-CHRISTINE

    Mon Dieu ! La journée commence mal…Quel portrait pessimiste de la vie telle qu’on nous la montre malheureusement tous les jours, sur les journaux, à la télévision ou la radio. Cela doit sans doute expliquer le nombre croissant de suicides. Mais tout est réel et bien résumé, cher Yves. Je pourrai te conseiller de partir en vacances dans une île déserte, sans télé ni Internet pour te vider la tête, en réalité, j’aimerai vraiment que nos prochains « dirigeants » sachent reprendre de la hauteur, trouver des solutions aux problèmes sans nous faire profiter de tous les détails dont nous n’avons pas besoin, ayant nous aussi à gérer notre quotidien et pas celui du monde entier ! L’espoir fait vivre…

  2. Bravo Yves,

    Tu as mille fois raison et tu l’écris admirablement !

    Pour moi, l’affaire du gaz de schiste en France et l’arrêt brutal et unilatéral du nucléaire en Allemagne marquent simultanément le passage à une société où le progrès devient l’ennemi public numéro 1.

    Le terrorisme intellectuel est tel que, dans les deux cas, la droite au pouvoir prend les devants sur les rêves les plus fous des écolos : Merkel ferme immédiatement 7 centrales simplement parce que ce sont historiquement les plus anciennes (alors qu’elles durent justement parce qu’elles sont sûres …), et l’UMP se précipite pour devancer le PS dans l’interdiction même de la recherche scientifique sur le gaz de schiste, alors même que nos ingénieurs, formés à Lacq, maîtrisent parfaitement la technique !

    On est fiers de s’interdire la recherche !

    Voilà un thème sur lequel il faudra se battre l’an prochain.

    Amitié.

    Alain

  3. il me semblait que ce titre le concombre qui tue a été utilisé l’expression par la tribune,Bfm,Liberation,le monde et j’en passe 😉

  4. Merci pour cette excellente lecture du soir.

    et pour aller dans ton sens cette magnifique citation de Woody Allen :

    « La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible »

  5. On se rend compte que les vrais médias n’existent pas ou
    plus.
    Seul le sensationnel est rentable pour eux…la faute peut être aux lecteurs
    La forêts des Landes qui disparait à cause d’un insecte…
    On interdit aux agriculteurs ,victimes de la secheresse de stocker l’eau de pluie qui revient à la mer….pendant que l’on pompe ,dans les couches profondes du sol de l’eau tombée à l’époque de Cro-Magnon pour alimenter les toilettes…etc…
    et la liste pourrait être longue….Mais pas sensationelle pour attirer le lecteur

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