Bruno Retailleau : « J’ai décidé de ne pas être candidat à la primaire de la droite et du centre »

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Chers amis,

A l’aube d’une rentrée politique déterminante pour notre famille politique, je souhaite m’adresser à vous. Vous avec qui, depuis quatre ans, au sein de Force Républicaine, je mène le combat des idées. Vous à l’égard de qui j’ai un devoir de sincérité et de vérité.

J’ai décidé de ne pas être candidat à la primaire de la droite et du centre.  Ce choix, mûrement réfléchi, je veux vous en livrer les raisons, avant qu’il ne soit rendu public.

Je n’ai jamais été obsédé par mon destin personnel, c’est le destin de notre pays qui m’obsède. Aux fonctions que j’occupe et au nom des convictions que je porte, j’ai une exigence de responsabilité et de lucidité.

Ma responsabilité, c’est de tout faire pour qu’un candidat de droite devienne le prochain Président de la République. La France en a besoin, les Français en ont envie comme le montrent le résultat de toutes les élections depuis les dernières Européennes. La lucidité, c’est de reconnaître en toute sincérité que je ne suis pas aujourd’hui le mieux placé pour représenter ma famille politique : d’autres candidats à droite sont plus connus, soit parce qu’ils ont été ministres, soit parce qu’ils ont été très médiatisés par la campagne des élections régionales. Je pourrais maintenir ma candidature, pour m’offrir un tour de piste médiatique, mais je ne veux pas ruser, je ne veux pas tricher : vouloir exister à tout prix, même au prix du collectif, ce n’est pas et cela n’a jamais été ma conception de la politique. Je ne serai pas un diviseur.

Je continue de penser que les primaires sont le meilleur moyen de départager des personnalités, une ligne, un projet. En démocratie quand il n’y a pas de candidat naturel, seul le vote peut être le juge de paix. Malheureusement, comme vous le constatez, nous sommes toujours dans le brouillard. Y aura-t-il des primaires ? Et si oui, quand ? Seront-elles ouvertes ou fermées ? Il est incroyable, pour ne pas dire irresponsable, qu’à huit mois des présidentielles, alors que nous avons désormais des candidatures multiples, la droite ne sache toujours pas quelle sera la règle pour départager les différents candidats.

Mon retrait est donc autant un appel à l’union qu’un appel à la raison, pour que la droite se donne les moyens de n’avoir qu’un seul candidat, grâce à la primaire. La présidentielle, ce n’est pas une course en solitaire. On ne gagne jamais seul. Il faut une équipe de France, portant un projet validé par le plus grand nombre de Français. Mais il faut surtout que ce projet soit puissant, ambitieux. La politique que la droite doit porter ne peut se limiter à quelques ajustements programmatiques. Ce dont notre pays a besoin, c’est d’une politique de civilisation car c’est aujourd’hui la survie de notre modèle qui est en jeu, ce modèle de l’Etat Nation que la France a inventé et qui est aujourd’hui, plus ou moins, le modèle occidental. Or aujourd’hui, l’Etat est à reconstruire et la nation est à refaire. 

Depuis les élections régionales, avec la victoire de la droite, un espoir s’est levé. Cet espoir est aussi le mien : malgré mes inquiétudes quant aux incertitudes pour sélectionner notre candidat, j’ai la conviction que la droite, qui a déjà gagné la bataille des esprits, peut gagner la bataille des urnes. Nous avons tous, là où nous sommes, chacun à notre place, le devoir de maintenir et de faire grandir cet espoir. Ne gâchons pas cette chance, pour la France, d’une véritable alternance. Car vous le savez : seule la droite est en mesure de faire mentir la prévision d’un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen dont les Français, majoritairement, ne veulent pas. Les responsables de notre famille politique doivent donc sentir, collectivement, sur leurs épaules, le poids des responsabilités qui sont aujourd’hui les leurs. Aujourd’hui, je prends les miennes, parce que je considère que les convictions doivent primer sur les ambitions, que l’union doit l’emporter sur les divisions.

Je veux remercier personnellement tous ceux qui, par leurs engagements, leurs dons, leurs propositions, ont accompagné l’action de Force Républicaine. Cet investissement n’a pas seulement été utile : il a été, je le crois, déterminant. Car comme vous, je constate qu’aujourd’hui à droite, dans les prises de position des uns et des autres, nos solutions sont reprises, notre discours d’exigence et de vérité est de plus en plus plébiscité. Naturellement, je continuerai à mener, comme vous, le combat pour nos idées. Et j’aurai d’ailleurs l’occasion, dans les prochaines semaines, d’échanger directement avec vous sur l’avenir de notre mouvement et de son action.

Dans l’attente de cet échange, je veux vous assurer de ma gratitude, pour tout ce que nous avons réalisé ensemble, comme de mon attachement à ces convictions fortes qui nous lient les uns aux autres, au-delà même des rendez-vous de la vie politique.

Fidèlement,

Bruno RETAILLEAU

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