En mémoire de ceux qui sont mort pour la France, avant et après le 19 mars 1962

Discours prononcé le 4 mai 2008 à Sauveterre de Guyenne à l’occasion de la pose d’une plaque « 19 mars 1962, Cessez le feu en Algérie. En mémoire de ceux qui sont mort pour la France, avant et après cette date ».

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Daniel Paludetto, le Président de la FNACA, a remercié tout le monde, il me reste donc à remercier Daniel Paludetto.

Avant de démarrer mon propos, permettez moi de remercier et de saluer Pierre Teulet, mon prédécesseur, qui est présent aujourd’hui et qui avait décidé de la tenue de cette cérémonie, et d’excuser l’absence de Martine Faure, notre député, retenue par d’autres obligations.

Ce jour est pour moi, un jour d’une immense émotion. Cette plaque que nous posons aujourd’hui à Sauveterre a été le sujet de nombreux débats entre nous.

Pendant la campagne électorale des élections municipales je m’étais engagé publiquement, lors d’une réunion le 12 février à la salle des fêtes de Sauveterre, à respecter le choix du Conseil Municipal précédent, à savoir, poser une plaque « Place du 19 mars 1962, cessez le feu en Algérie ».

A l’issue de cette réunion publique, des Sauveterriens respectables, et respectés de tous, sont venus me voir pour me dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec ce choix.

Le lendemain de mon élection comme Maire de Sauveterre, j’ai reçu ensemble, l’un d’entre eux, qui s’était fait leur porte parole, un ami, et Daniel Paludetto, le Président de la FNACA du canton de Sauveterre.

Ensuite, j’ai réuni les conseillers municipaux afin de leur exposer ce qui pose problème. Peut-être même devrais-je dire ce qui fait polémique, depuis si longtemps.

A l’issue de cette réunion nous avons décidé la pose de cette plaque en demandant à la FNACA que le texte en soit modifié.

Le texte que nous avons proposé à la FNACA et que la FNACA a accepté est celui que porte aujourd’hui cette plaque : « 19 mars 1962, Cessez le feu en Algérie. En mémoire de ceux qui sont mort pour la France, avant et après cette date ».

Ce faisant nous avons pensé prendre en compte le message que nous ont délivré les opposants à cette commémoration : il voulait nous dire que le 19 mars 1962 n’est pas la fin de la guerre d’Algérie, et qu’après le cessez le feu de nombreux hommes, Français ou Africains, sont morts pour la France.

En modifiant le texte nous avons souhaité écrire que se souvenir du Cessez le Feu du 19 mars 1962, ne doit pas occulter :

  • Le nombre de morts ou de disparus français après cette date qui se monte à plusieurs dizaines, parce que le cessez le feu n’a pas été respecté toujours et partout,
  • Les dispositions administratives prises par la France, au titre de l’Algérie, qui s’échelonnèrent jusqu’au 1er juillet 1964.

En modifiant le texte nous avons souhaité écrire que se souvenir du 19 mars 1962, c’est se souvenir, aussi, de l’interdiction faite aux autorités militaires, après cette date, de ramener en France les harkis et leur famille, avec les conséquences que l’on sait.

La FNACA a accepté très rapidement ce nouveau texte, je les en remercie. Je vous remercie.

Nous souhaitons que cette plaque permette à ceux qui connaissent l’histoire, de la raconter à ceux, de plus en plus nombreux, qui ne la connaissent pas : raconter la guerre l’Algérie, les combats d’Afrique du Nord, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, raconter le processus qui a aboutit aux accords d’Evian le 18 mars, raconter le cessez le feu le 19 mars qui n’a pas été respecté également des deux cotés, raconter la déchirure du départ pour les pieds noirs et raconter l’abandon des harkis par la France.

Il y a quelques mois je parlais avec mon oncle et parrain de la guerre d’Algérie. Cette période que je connais si mal et qu’il connaît si bien. Il a prononcé cette phrase qui me reste en mémoire : «Les Algériens, s’ils ont gagné la guerre, n’ont toujours pas gagner la paix véritable».

Chers amis, je me rendrai chaque fois que je le pourrai à l’invitation de ceux qui entretiennent le souvenir des anciens combattants d’Afrique du Nord.

  • En souvenir de ceux qui sont morts aux combats, et j’ai une pensée toute particulière pour Pierre Tomada, dont le Papa est tombé pour la France en janvier 1956, pour mon Oncle Antoine mort à Tablat dans une embuscade des Fellagha le 8 août 1956, pour le Caporal Claude Seré, enfant de Sauveterre, mort pour la France le 4 aout 1958 à Seraïa.
  • En souvenir des harkis abandonnés à leur destin tragique, et auxquels la République doit encore beaucoup,
  • Par amitié avec tous ceux, Africains et Pieds Noirs, qu’on a arrachés à leurs racines,
  • Par amitié avec ceux qui ont combattu et qui sont revenus, dont vous êtes,

Se souvenir ce n’est pas pardonner…Mais le souvenir permet le pardon, car on ne peut pas pardonner ce qu’on a oublié.

Oeuvrons ensemble, pour que les Africains du Nord et les Français déracinés retrouvent la Paix véritable, celle qui habite le cœur de chacun.

Oeuvrons ensemble pour que l’Union de la Méditerranée proposée et prônée par le Président de la République permette à ces peuples, dont nous sommes, de comprendre le passé et de construire l’avenir ensemble.

Vive l’Afrique, Vive l’amitié Franco Africaine ! Vive la France!

1 commentaire pour “En mémoire de ceux qui sont mort pour la France, avant et après le 19 mars 1962”

  1. Comment votre oncle peut-il dire que les Algériens avaient gagné la guerre, alors qu’il est bien connu que l’armée française étrait bel et bien devenue maitre du terrain.?

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