changement climatique

Les flammes ne lisent pas le Code de l’environnement ; elles se nourrissent de nos renoncements.

Publié dans LA REVUE PARLEMENTAIRE / Enjeux et débats.

Par Yves d’Amécourt, viticulteur et sylviculteur, ancien élu local de Gironde*

“Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires”. La formule de Montesquieu résonne aujourd’hui avec une singulière actualité. Chaque été, lorsque les colonnes de fumée obscurcissent le ciel du Médoc, du Var, de la Corse ou de l’Anjou, lorsque les Canadair sillonnent le ciel et que les sapeurs-pompiers accomplissent des prodiges pour sauver des villages entiers, la France redécouvre sa vulnérabilité. Les habitants sont évacués, les hectares détruits se comptent par milliers, les ministres promettent de « tirer toutes les leçons » de la catastrophe. Puis vient l’automne, les commissions remettent leurs rapports, l’hiver apaise les inquiétudes, et l’été suivant la forêt … Lire la suite

Les incendiaires allument les flammes. La bureaucratie les nourrit [Valeurs Actuelles]

TRIBUNE. Quatre ans après les gigantesques incendies de Gironde, les mêmes feux reviennent avec les mêmes débats et les mêmes retards. Yves d’Amécourt pointe une responsabilité trop souvent esquivée : derrière les incendiaires, c’est l’inflation normative et la paralysie administrative qui permettent aux flammes de prendre une telle ampleur.

Les incendiaires allument les flammes. La bureaucratie les nourrit.

Je mesure le caractère provocateur de cette formule. Je ne prétends évidemment pas que les fonctionnaires mettent le feu aux forêts. Je dis simplement qu’à force d’empêcher ceux qui les entretiennent de les protéger, notre administration finit parfois par créer les conditions de la catastrophe.

Les incendies qui ravagent aujourd’hui le Médoc, le Var, la Corse et d’autres régions françaises ne sont … Lire la suite

«Notre pays sait empêcher les professionnels de protéger la forêt mais pas stopper ceux qui la brûlent» [Le Figaro]

Un hélicoptère de lutte contre les incendies déverse de l’eau sur une zone touchée par un incendie de forêt près de Cotignac, le 23 juillet 2026. Manon Cruz / REUTERS

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que plusieurs incendies exceptionnels embrasent le Sud-Ouest et le Var, le viticulteur Yves D’Amécourt, également membre de Nouvelle Énergie, dénonce notre incapacité à tirer les leçons de l’été 2022 et les injonctions contradictoires formulées aux forestiers.

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Yves d’Amécourt, ancien élu local de Gironde (conseiller général, maire, président d’EPCI, conseiller régional) est viticulteur et sylviculteur, référent agriculture-forêt-ruralité et porte-voix de Nouvelle Énergie, ingénieur de l’école des mines d’Alès. Il est l’auteur de L’humain, l’écologie, la politique (Éditions du Bien Commun, avril 2026).

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Pendant que les pompiers … Lire la suite

L’eau ne disparaît jamais, elle voyage.

On parle beaucoup d’eau cet an-ci. On parle de pénuries, de sécheresses, de retenues, d’irrigation, de centrales nucléaires, de conflits d’usage. Mais on parle rarement de ce qui devrait pourtant être le point de départ de toute réflexion : le cycle de l’eau.

Nous raisonnons souvent comme si l’eau disparaissait. Elle ne disparaît presque jamais.

Chaque année, la France métropolitaine reçoit environ 500 milliards de mètres cubes d’eau sous forme de pluie ou de neige. C’est un volume considérable. Sous l’action du soleil, une partie, 300 milliards, retourne naturellement dans l’atmosphère par évaporation des sols, des rivières et des océans, mais surtout par l’évapotranspiration des plantes. Une autre partie s’infiltre et recharge les nappes phréatiques. Le reste alimente les ruisseaux, … Lire la suite

Cinquante ans après la loi de 1976 : le temps de l’évaluation.

La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature est de celles-là. Elle a consacré un principe simple : certaines espèces, devenues rares ou menacées, méritaient une protection particulière. Cinquante ans plus tard, la tribune de Bertrand Alliot et Romain Lasseur publiée dans Le Figaro nous invite à nous interroger : cette politique n’a-t-elle pas, sur certains points, si bien réussi qu’il est temps d’en réévaluer les modalités ?

La question mérite d’être posée.

Car, à mes yeux, le problème n’est pas tant la loi de 1976. Le problème est ce que nous avons construit depuis cinquante ans.

Au fil des directives européennes, des lois, des décrets, des circulaires et des jurisprudences, nous avons progressivement changé … Lire la suite

« La terre, premier capital de la nation » [La nouvelle revue politique]

Il est des mots que notre époque prononce avec gêne : propriété, capital, transmission. Comme s’ils étaient devenus suspects. Pourtant, en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen place la propriété au cœur des droits naturels et imprescriptibles, aux côtés de la liberté, de la sûreté et de la résistance à l’oppression¹. Ce n’est pas un détail d’histoire. C’est une architecture politique. Sans propriété protégée, la liberté devient dépendance. Sans capital, l’économie devient fragile. Sans transmission, la nation s’épuise. Et c’est peut-être dans nos campagnes que cette vérité apparaît aujourd’hui avec le plus de netteté.

Publié le 15 juin 2026 sur la Nouvelle Revue Politique

Le capital est né dans les champs.

Le mot « capital » … Lire la suite

[TRIBUNE] Yves d’Amécourt : Réconcilier l’Homme avec l’écologie

TRIBUNE. Dans son livre L’humain, l’écologie et la politique, Yves d’Amécourt plaide pour une écologie de responsabilité, fondée sur la confiance, les territoires et l’initiative humaine, loin d’une logique jugée technocratique et punitive.

Il existe aujourd’hui un étrange paradoxe français. Jamais l’écologie n’a occupé une place aussi importante dans le débat public. Et jamais, dans le même temps, les Français n’ont eu le sentiment d’être aussi éloignés des décisions prises en leur nom. L’écologie devait réconcilier l’homme avec la nature ; elle est devenue un facteur supplémentaire de fracture entre les élites administratives et le pays réel. À force de réglementations, d’interdictions, de culpabilisation permanente et de technocratie, nous avons fini par transformer une belle idée – protéger la … Lire la suite

« Yves d’Amécourt, ou l’écologie contre les petits gardes rouges de l’effondrement » par David Angevin dans Causeur.fr

« Il existe aujourd’hui deux écologies. La première aime les paysages mais déteste ceux qui y vivent. Elle adore les cartes, les normes, les interdictions, les schémas régionaux, les conférences citoyennes et les comités Théodule. Elle parle du vivant avec des mots morts. Elle rêve d’une planète administrée par des experts en mobilité douce et des diplômés de Sciences Po sous perfusion de subventions publiques.

Et puis il y a l’autre. L’écologie des gens qui vivent quelque part. Celle des paysans, des forestiers, des chasseurs, des maires ruraux, des viticulteurs, des ingénieurs, des artisans. Une écologie enracinée. Charnelle. Empirique. Une écologie qui sait qu’un paysage n’est pas un décor mais une civilisation. C’est cette écologie-là qu’Yves d’Amécourt défend dans un … Lire la suite

« Libérons la viticulture et soyons fier de notre savoir-faire » Yves d’Amécourt [The European Scientist]

A l’issue du colloque « Donner une ambition au vin français » qui s’est déroulé le 28 avril 2026 à l’Assemblée Nationale sous le patronage du député de l’Aisne Julien Dive, nous avons pu échanger avec Yves d’Amécourt. Etabli comme vigneron dans le bordelais, engagé en politique, il répond à nos questions : état des lieux sur ce secteur, crise de la viticulture, solutions pour remédier aux nombreux problèmes auxquels font face les vignerons, l’expert engagé dans le parti Nouvelle Energie de David Lisnard  fait passer un message ambitieux et surtout il rappelle que les viticulteurs français se doivent de porter haut l’étendard d’une culture unique. 

The European Scientist : Pouvez-vous vous présenter ?

Yves d’Amécourt : Je suis vigneron … Lire la suite

Un viticulteur français appelle à assouplir les règles dans les vignobles [Vinetur]

Selon lui, le réchauffement en Gironde impose aux vignerons d’adapter l’écartement des rangs et la gestion de la canopée aux sols locaux.

Un viticulteur et élu français a estimé cette semaine que les vignobles du pays ont besoin de davantage de souplesse, et non de règles plus strictes, pour faire face à un climat plus chaud qui modifie déjà les conditions de culture dans des zones comme la Gironde.

Yves d’Amécourt, vigneron à Sauveterre-de-Guyenne et ancien élu, a défendu cette position à l’issue d’une conférence organisée le 28 avril à l’Assemblée nationale à Paris, consacrée au vin, à la consommation et à l’adaptation au climat. Dans des propos résumés après l’événement, il a indiqué que la température moyenne en Gironde … Lire la suite

Donner une ambition au vin français.

Le 28 avril 2026 avait lieu à l’Assemblée Nationale, à l’invitation de Julien Dive, un colloque sur la vigne et le vin. Il était animé par le journaliste Pascal Perri.

Table ronde 1 – Consommation et image du vin : un bouleversement sans précédent ?

Intervenants : Samuel Montgermont, président de Vin & Société, Jean-Marie Fabre, président des Vignerons Indépendants, Jérôme Baudouin, rédacteur en chef de La Revue du vin de France

Table ronde 2 – Climat : comment adapter le vignoble ?

Intervenants : Bernard Angelras, président de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, Yves d’Amécourt, viticulteur à Sauveterre-de-Guyenne, Lucie Meyer, représentante xarvio®, Nadège Bidou, représentante Alliance Biocontrôle

Table ronde 3 – Gouvernance et leviers publics : quelles clefs … Lire la suite

PPE3 : une décision sans mandat, un passage en force sans légitimité

Il est des moments où la question n’est plus seulement celle du bon choix politique, mais celle de la légitimité même à décider. La Programmation pluriannuelle de l’énergie, la PPE3, nous place aujourd’hui exactement à cet endroit de fracture.

Comment accepter que l’exécutif envisage d’adopter un texte engageant la France pour plusieurs décennies alors qu’il reconnaît lui-même ne pas connaître le coût global réel des énergies renouvelables, au point de lancer, dans le même temps, une mission d’audit destinée à en mesurer l’impact sur les finances publiques¹ ? Décider avant de savoir, programmer avant d’évaluer : cette inversion de la raison politique serait déjà contestable dans un contexte institutionnel stable. Elle devient proprement choquante dans la situation actuelle.

Car le … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » — Bossuet

Il faut voir les tribunes indignées, les tweets rageurs, les pétitions enflammées. Plus d’1 million de signataire de la pétition contre la loi Duplomb ! À l’occasion du débat parlementaire, certains élus de la gauche radicale ont retrouvé leurs réflexes : protester, condamner sans vergogne, bloquer, et mentir outrageusement devant la représentation nationale ! L’objet de leur courroux ? La réintroduction, strictement encadrée, d’un insecticide : l’acétamipride[1].

Cette molécule, autorisée au niveau européen, est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays pour lutter contre des ravageurs spécifiques, notamment dans les cultures de la betterave, les vergers de pommiers ou de noisetiers. En France, elle … Lire la suite

Chauffage électrique : il est temps d’en finir avec le malus absurde de l’énergie primaire

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé sa volonté de ramener le coefficient d’énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9 à compter de janvier 2026. Objectif : faire revenir sur le marché locatif quelque 850 000 logements aujourd’hui exclus à cause d’un mauvais classement au DPE [1]. C’est un premier pas. Mais pourquoi marchander ce chiffre comme on négocierait une cote d’argus ? Il est temps de supprimer purement et simplement ce coefficient obsolète.


Une convention dépassée, héritée d’un autre temps

Ce fameux coefficient d’énergie primaire (Ep/Ef), appliqué à l’électricité dans le calcul des DPE, vise à prendre en compte l’énergie nécessaire à sa production, son transport et sa distribution. Jusqu’en 2021, il était fixé à 3,0. Depuis, … Lire la suite

Pour agir sur le climat, il y a mieux que les verts : il y a la chlorophyle !

On nous dit que le changement climatique est irréversible, que le CO₂ s’accumule depuis deux siècles et qu’il en faudra dix pour l’en faire partir. Les uns nous promette des solutions technologiques lointaines, complexes, hors de portée. Les autres nous propose la décroissance, la dénatalité et la précarité. Ils nous proposent de réensauvager la nature, d’en faire disparaître l’homme ! Les uns nous expliquent qu’il faut agir. Les autres nous disent que c’est trop tard. Les sociétés doutent. Le doute profite aux manigances et aux profiteurs. Se degage de tout cela un sentiment d’impuissance. Il est entretenu par ceux qui en tirent des bénéfices : financiers, politiques, philosophiques …

Et si, au lieu de nous résigner à l’impuissance, nous engagions … Lire la suite

Éolien, solaire : pour une politique énergétique fondée sur la réalité, pas sur le mimétisme

La transition énergétique est une nécessité. Mais cela n’autorise pas à faire n’importe quoi, n’importe où, au nom d’une bonne cause. En matière d’énergies renouvelables intermittentes, il est urgent de rappeler quelques fondamentaux : la différence entre puissance installée et production réelle, l’adéquation entre production et besoins, les coûts cachés de l’intermittence, et surtout, la finalité climatique qui devrait guider chaque choix selon les contextes nationaux. La France, dont l’électricité est déjà largement décarbonée, doit sortir du mimétisme pour retrouver le sens des réalités.

I. Une éolienne n’est pas un barrage, un panneau solaire n’est pas une centrale nucléaire, la puissance installée n’est pas la puissance délivrée

On parle beaucoup de « puissance installée » lorsqu’il s’agit d’énergies renouvelables. Mais … Lire la suite

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