Billets d’humeur, coups de gueule, humour, divers…

Les accords de 1968 à la lumière du présent

L’Assemblée nationale vient de voter la fin des accords franco-algériens du 27 décembre 1968¹. C’est un geste politique, certes symbolique, mais salutaire : il oblige la France à relire un texte devenu obsolète, et à rouvrir un dossier qu’on avait enfermé dans les archives de la mauvaise conscience. Un demi-siècle d’asymétrie, d’aveuglement et de faux-semblants : voilà ce que ces accords ont produit, sous le masque de l’« amitié franco-algérienne ».

1962 : la promesse trahie des accords d’Évian
Le 18 mars 1962, les accords d’Évian mirent un terme aux combats, mais non à la guerre². Les massacres, les départs, les règlements de compte prolongèrent la tragédie : l’exode des pieds-noirs, l’abandon des harkis, les drames de la rue … Lire la suite

Budget 2026 : le bricolage continue

Présenté comme une « trajectoire vers le désendettement », le projet de loi de finances pour 2026 n’est qu’un nouvel exercice d’illusion budgétaire. Derrière les promesses de rigueur, la dette enfle, les impôts s’ajoutent et les réformes attendront. La France n’a plus de cap : seulement une trajectoire, celle de l’endettement perpétuel.

Des taxes pour masquer l’absence de courage

Le déficit public reste à 4,7 % du PIB, la dette dépasse 3 345 milliards – soit plus de 48 000 euros par Français. L’État vit à crédit et appelle cela de la « responsabilité ». Au lieu de réduire la dépense, le gouvernement multiplie les taxes : sur les colis importés, les emballages plastiques, les tickets-restaurants … Une mosaïque d’expédients … Lire la suite

Un Nobel, une espérance : renouer avec la France qui innove

La France a parfois besoin d’un miroir extérieur pour se redécouvrir.  Aujourd’hui, ce miroir s’appelle Philippe Aghion, prix Nobel 2025 d’économie. Avec Joel Mokyr et Peter Howitt, ils viennent d’être récompensé pour leurs travaux sur la « destruction créatrice », ce moteur de la croissance par l’innovation qui renouvelle sans cesse les sociétés humaines. Loin d’être un concept abstrait, cette idée est un message : le progrès n’est pas un héritage, c’est un effort ; il ne tombe pas du ciel, il se cultive.

Ce Nobel n’honore pas seulement trois chercheurs, il rappelle à la France une vérité que nous avons trop oubliée : notre avenir dépend moins de ce que nous avons à partager que de ce qu’il nous … Lire la suite

Le crépuscule des renégats

Ils ont tous trahi, leurs amis, leurs idées, leurs convictions, pour porter Emmanuel Macron au pouvoir. Et aujourd’hui, à l’aube de son crépuscule, ils recommencent. Comme dans la fable du scorpion et du renard. C’est plus fort qu’eux.

Tout avait commencé par des certitudes, des déclarations hautaines et des postures de vertu. Gérald Darmanin, encore chez Les Républicains, voyait en Macron « le poison définitif de la Ve République » — un « populisme chic », disait-il, « pur produit du système », un homme qui « promet tout, c’est Noël avant l’heure ». Édouard Philippe, plume acérée dans Libération, se moquait de « ce tribun adepte d’un populisme désinvolte », capable de « marcher sur l’eau et … Lire la suite

“La parole vaut l’homme”, dit-on chez nous.

Quand Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre, je n’ai pas eu besoin d’attendre son discours pour comprendre qu’il ne tiendrait pas parole. L’histoire parle pour lui. En politique comme dans la vie, on juge un homme à ses fidélités — et celles de M. Lecornu sont à géométrie variable. Sébastien Lecornu confond rupture et trahison.

La bande du Bellota-Bellota

Sébastien Lecornu avant de prendre la lumière fut le collaborateur de Bruno Le Maire, dont il dirigea la campagne lors de la primaire de la droite et du centre en 2016. Après la défaite de son mentor, il rallia sans enthousiasme l’équipe de François Fillon — non par conviction, mais pour garder sa place. Autour de Bruno Le Maire et … Lire la suite

« La chute de l’agriculture française » [Atlantico]

Tribune publiée sur ATLANTICO.FR

Il y a des chiffres qui résonnent comme des coups de tonnerre. En 2024, l’excédent agricole français est tombé à 4,9 milliards d’euros, un plus bas inédit depuis plus de 20 ans. À la fin de l’été 2025, l’excédent cumulé — vins et spiritueux inclus — n’était plus que de 47 millions d’euros. Et pour la première fois depuis cinquante ans, un basculement historique est en passe de se produire : notre pays pourrait finir l’année avec un déficit agricole.

L’excédent commercial agricole, longtemps source de fierté nationale, jouait le rôle d’un bouclier stratégique : quand nos industries manufacturières reculaient et que le déficit commercial global se creusait, l’agriculture restait ce pilier qui tenait encore l’édifice. … Lire la suite

[Valeurs Actuelles] La justice, Nicolas Sarkozy et nous : quand le jugement des hommes vacille

TRIBUNE. En permettant aux magistrats de prononcer l’inéligibilité et l’exécution provisoire, sans restriction, au cas d’espèce, le législateur a donné aux juges un levier d’action sur la vie publique, déplore Yves d’Amécourt, porte-voix de Nouvelle Energie, le parti de David Lisnard.

Par Yves d’Amécourt

Publié le 26 septembre 2025 à 17h00

Ce jeudi, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme avec exécution provisoire. L’image d’un ancien président de la République ainsi frappé est saisissante, presque irréelle. Ce verdict, au-delà du destin d’un homme, touche à l’âme de nos institutions.

Il y a quelques mois, j’écrivais dans Valeurs Actuelles un édito à l’occasion du procès de François Fillon. La Présidente du Tribunal qui jugeait François Fillon … Lire la suite

[Boulevard Voltaire] La taxe Zucman : un leurre pour éviter les vrais sujets

Au-delà de son absurdité économique, cette taxe se heurte au mur du droit.

La France a un talent rare : celui de transformer un problème bien réel en un slogan creux, une réforme en une gesticulation, une politique publique en un spectacle médiatique. Avec une élégance toute particulière, notre pays sait allumer des contre-feux pour éviter de traiter les vraies questions. La taxe dite « Zucman », votée en première lecture dans une ferveur quasi révolutionnaire, en est l’illustration parfaite.

Présentée comme l’arme absolue pour « faire payer les riches », elle prévoit un impôt annuel de 2 % sur les patrimoines supérieurs à cent millions d’euros. Derrière les applaudissements des tribunes et l’enthousiasme des plateaux télévisés, une réalité économique … Lire la suite

La taxe Zucman : un leurre pour éviter d’aborder les vrais sujets

La France a un talent rare : celui de transformer un problème réel en un symbole creux, une réforme en gesticulation, une politique publique en slogan.

La taxe dite Zucman, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale dans une ferveur quasi révolutionnaire, en est l’illustration parfaite.

Annoncée comme l’arme absolue pour « faire payer les riches », elle se présente comme un impôt annuel minimum de 2 % sur les très gros patrimoines, ceux supérieurs à 100 millions d’euros.

Mais derrière le vacarme des tribunes et la ferveur des plateaux télévisés se cache une réalité juridique et économique implacable : cette taxe ne verra jamais le jour sous la forme annoncée. Elle fondra comme neige au soleil, laissant derrière elle … Lire la suite

Une question de confiance

Le Premier ministre est monté à la tribune de l’Assemblée nationale pour demander un vote de confiance. Confiance… Ce mot si noble, si fragile, si rare. Comme si la confiance pouvait se décréter par un discours ou s’imposer par un vote. Comme s’il suffisait de la réclamer pour l’obtenir. La confiance, c’est comme l’amour : elle se mérite, elle se gagne, elle se perd. Elle ne se mendie pas.

Dans ce pays, on parle beaucoup de confiance. On en affiche les slogans, on en convoque les symboles. Mais au fond, qu’est-ce qui, aujourd’hui, pourrait nous la rendre ?

L’homme qui parlait de confiance

Prenons celui qui, hier encore, était chef du gouvernement. En 2007, il fit exploser l’UDF pour aller … Lire la suite

Rave-party · Danser sur les cendres

Quand la fête se fait sur les cendres, c’est que nous ne savons plus distinguer la vie de la mort, le respect du mépris. Analyse d’Yves d’Amécourt, viticulteur, ancien élu local de Gironde, référent ruralité de Nouvelle Énergie et membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More.

Ils sont venus par milliers, comme des insectes attirés par la lumière, s’installer au milieu des terres calcinées de l’Aude. Des hectares de forêts et de vignes partis en fumée, des collines noires comme des plaies ouvertes, nécrosées, et sur ce théâtre de désolation, les enceintes crachent leur vacarme. On danse dans les cendres. On boit, on se drogue, et on rit sur le cadavre encore fumant d’un paysage meurtri (l’incendie d’août a … Lire la suite

Politique énergétique : chaque gigawatt (GW) supplémentaire d’éolien ou de solaire entraîne une augmentation de +2,2 % de notre facture d’électricité !

Le 1er septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié un document de “clarification” sur les scénarios de développement du système électrique français. Deux jours plus tard, le Cérémé – Cercle d’Études Réalités Écologiques et Mix Énergétique – a réagi par un communiqué argumenté, chiffres à l’appui. Je tiens à saluer cette prise de position courageuse et salutaire, tant elle vient combler le vide laissé par des responsables politiques défaillants depuis maintenant huit ans.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la politique énergétique française s’est enfoncée dans une suite de contradictions, d’improvisations et de décisions dogmatiques. On a fermé Fessenheim, retardé la relance du nucléaire, subventionné massivement l’éolien et le solaire intermittents, commencé à démanteler notre parc hydraulique sous … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

François Bayrou ou la sortie en trompe-l’œil

TRIBUNE. En sollicitant le vote de confiance de l’Assemblée nationale, le Premier ministre a choisi de quitter la scène politique en endossant le rôle du martyr, explique Yves d’Amécourt, porte-voix du parti Nouvelle Energie. Ce faisant, il abandonne la France engluée dans une situation à laquelle il a contribué.

Par Yves d’Amécourt

Publié le 28 août 2025 à 15h00 dans Valeurs Actuelles

La politique française n’est pas seulement un théâtre, c’est un vaudeville. On y voit des portes qui claquent, des amants qui se cachent dans les placards et des notables qui sortent en feignant d’être chassés. François Bayrou vient d’y ajouter une scène de choix : il quittera Matignon en prétendant qu’on l’en expulse, alors que c’est lui … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

DNC : abattre, vacciner, isoler ?

Au fil des crises agricoles, un triste refrain revient : l’isolement des éleveurs, l’opacité des décisions sanitaires, et le poids des procédures administratives qui s’ajoute à la détresse. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie virale qui touche les bovins, s’est récemment invitée dans cette litanie. En France, un seul cas déclaré suffit à déclencher l’abattage total du troupeau, sans réelle prise en compte de l’état sanitaire global, du statut vaccinal ou de la nature de l’élevage. Et pourtant, ailleurs, d’autres approches existent. Plus proportionnées. Moins brutales.

Une maladie animale, pas une zoonose

La DNC, ou Lumpy Skin Disease (LSD) en anglais, est une maladie virale contagieuse, transmise par des insectes piqueurs (moustiques, mouches, tiques, taons), qui affecte essentiellement les bovins. … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Ultra-libérale, la France ? Ou bien plutôt… le dernier pays communiste du monde ?

Ah, la France… Cet enfer néolibéral où l’État prélève 57 % de la richesse nationale pour mieux la redistribuer à lui-même, où l’on recense plus de 360 impôts et taxes, où l’on croule sous 88 codes juridiques et près d’un demi-million de normes, où chaque décision doit s’aligner sur une circulaire, un décret ou une note de service. Et pourtant, à en croire Jean-Luc Mélenchon et les auteurs du dernier programme du Parti socialiste (photo / avril 2025), nous vivrions sous le joug d’un capitalisme sauvage, livré aux « puissances de l’argent »12. Il faut croire qu’ils vivent dans une autre France…

Une performance mondiale d’étatisme

Derrière les slogans se cachent des chiffres. Et quels chiffres !… Lire la suite

OPINION. « Pour une souveraineté agricole, énergétique et industrielle : relocaliser la production d’engrais et transformer nos récoltes en France » [La Tribune]

OPINION. La moisson 2025 est abondante, avec plus de 33 millions de tonnes de blé. Pourtant, les céréaliers français peinent à célébrer. Les cours s’effondrent, les coûts explosent, et la rentabilité s’effrite. Derrière des silos pleins, c’est un modèle agricole à bout de souffle.

La moisson 2025 s’annonce généreuse. Après une campagne 2024 désastreuse, la France renoue avec des rendements honorables. La récolte de blé devrait dépasser les 33 millions de tonnes. Et pourtant, les agriculteurs n’ont pas le cœur à la fête. (1)

Le contrat blé sur Euronext est passé sous la barre des 200 euros/tonne. En un an, ce sont plus de 45 euros/t qui ont été perdus. L’euro s’est fortement apprécié face au dollar, laminant la compétitivité … Lire la suite

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