Billets d’humeur, coups de gueule, humour, divers…

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

DNC : abattre, vacciner, isoler ?

Au fil des crises agricoles, un triste refrain revient : l’isolement des éleveurs, l’opacité des décisions sanitaires, et le poids des procédures administratives qui s’ajoute à la détresse. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie virale qui touche les bovins, s’est récemment invitée dans cette litanie. En France, un seul cas déclaré suffit à déclencher l’abattage total du troupeau, sans réelle prise en compte de l’état sanitaire global, du statut vaccinal ou de la nature de l’élevage. Et pourtant, ailleurs, d’autres approches existent. Plus proportionnées. Moins brutales.

Une maladie animale, pas une zoonose

La DNC, ou Lumpy Skin Disease (LSD) en anglais, est une maladie virale contagieuse, transmise par des insectes piqueurs (moustiques, mouches, tiques, taons), qui affecte essentiellement les bovins. … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Ultra-libérale, la France ? Ou bien plutôt… le dernier pays communiste du monde ?

Ah, la France… Cet enfer néolibéral où l’État prélève 57 % de la richesse nationale pour mieux la redistribuer à lui-même, où l’on recense plus de 360 impôts et taxes, où l’on croule sous 88 codes juridiques et près d’un demi-million de normes, où chaque décision doit s’aligner sur une circulaire, un décret ou une note de service. Et pourtant, à en croire Jean-Luc Mélenchon et les auteurs du dernier programme du Parti socialiste (photo / avril 2025), nous vivrions sous le joug d’un capitalisme sauvage, livré aux « puissances de l’argent »12. Il faut croire qu’ils vivent dans une autre France…

Une performance mondiale d’étatisme

Derrière les slogans se cachent des chiffres. Et quels chiffres !… Lire la suite

OPINION. « Pour une souveraineté agricole, énergétique et industrielle : relocaliser la production d’engrais et transformer nos récoltes en France » [La Tribune]

OPINION. La moisson 2025 est abondante, avec plus de 33 millions de tonnes de blé. Pourtant, les céréaliers français peinent à célébrer. Les cours s’effondrent, les coûts explosent, et la rentabilité s’effrite. Derrière des silos pleins, c’est un modèle agricole à bout de souffle.

La moisson 2025 s’annonce généreuse. Après une campagne 2024 désastreuse, la France renoue avec des rendements honorables. La récolte de blé devrait dépasser les 33 millions de tonnes. Et pourtant, les agriculteurs n’ont pas le cœur à la fête. (1)

Le contrat blé sur Euronext est passé sous la barre des 200 euros/tonne. En un an, ce sont plus de 45 euros/t qui ont été perdus. L’euro s’est fortement apprécié face au dollar, laminant la compétitivité … Lire la suite

Pesticides : et si on arrêtait de mentir aux consommateurs ?

Depuis des années, les discours écologistes nous accusent de tous les maux. Les agriculteurs dits « conventionnels », que l’on devrait plutôt appeler « raisonnés » ou « modernes », seraient des pollueurs, des empoisonneurs, des destructeurs de biodiversité. À l’inverse, l’agriculture biologique serait pure, vertueuse, inoffensive. Cette opposition binaire est non seulement injuste, mais elle est fausse.

Nous sommes nombreux à pratiquer une agriculture certifiée Haute Valeur Environnementale (HVE 3, version 4), avec des pratiques raisonnées, des traitements limités, des bandes enherbées, des haies, des rotations, une attention à la biodiversité. Nous sommes jugés sur des résultats environnementaux, pas sur une méthode figée. Et pourtant, nous sommes sans cesse attaqués, pendant que d’autres jouissent d’une impunité médiatique qu’ils ne … Lire la suite

Le cancer, la peur et la politique : pour une hiérarchie des risques fondée sur la science

Il y a des maladies plus graves que les maux qu’on instrumentalise, et des vérités plus têtues que les slogans. En matière de cancer, les chiffres sont implacables : le tabac, l’alcool, la sédentarité, l’obésité, l’âge et certaines infections expliquent l’immense majorité des cas. Pourtant, certains responsables politiques préfèrent mobiliser l’opinion sur les résidus de pesticides, comme l’acétamipride, dont la contribution réelle au risque cancéreux est infinitésimale. Pourquoi ? Parce qu’il est plus facile de désigner un coupable invisible que d’affronter les vrais défis de santé publique, qui supposeraient du courage, de la persévérance, et une action collective sur le long terme.

Dans une tribune parue le 26 juillet 2025 sur Atlantico, l’oncologue Jérôme Barrière lançait un cri d’alarme … Lire la suite

Redresser notre balance avec les États-Unis : audace, productivité, compétitivité

Alors que l’Europe vient de conclure un accord commercial imposant des droits de douane de 15 % sur les exportations vers les États-Unis[1], et que le Royaume-Uni a obtenu un traitement plus favorable limité à 10 % sur certains produits clés[2], la France doit regarder en face l’état de ses échanges avec son premier partenaire commercial non européen. Les chiffres sont sans appel : notre balance commerciale avec les États-Unis reste largement déficitaire sur les biens, et ce malgré un excédent sur les services.

Il faut toutefois noter que ce nouveau taux de 15 % n’est pas radicalement différent du régime antérieur, où s’appliquaient un droit moyen de 4,8 % (tarif OMC) et une surtaxe de 10 % instaurée en … Lire la suite

Emmanuel Macron a un calendrier. Le Proche-Orient, lui, a une mémoire.

Il y a des gestes qui relèvent du symbole, d’autres de la stratégie. Et il en est certains, hélas, qui relèvent du désarroi. En annonçant la reconnaissance prochaine de l’État de Palestine par la France, Emmanuel Macron franchit un seuil — non celui du courage, mais celui de la précipitation. Non celui de l’équilibre, mais celui de la rupture. Cette décision, prise dans un climat de désordre géopolitique, d’émotions contradictoires et de pressions multiples, trahit moins une vision qu’un embarras. Elle vient s’ajouter à une longue série de volte-face présidentielles sur le dossier israélo-palestinien.

Une reconnaissance sans État, sans paix, sans frontières

Le droit international aime les subtilités mais déteste les contresens. Or, reconnaître un État suppose au minimum — … Lire la suite

« Le prochain président sera punk » David Lisnard

Il faut parfois un mot inattendu pour dire l’essentiel. En déclarant à l’AFP que « le prochain président sera punk », David Lisnard ne cherche ni la provocation ni l’effet de manche. Il pose un diagnostic lucide sur l’état du pays et sur ce que nécessitera son redressement : une rupture nette, un changement radical, une énergie neuve. La France ne se relèvera pas avec des compromis flous ni avec des « arrangements de notables ». Elle a besoin de clarté, de volonté, et d’un courage assumé pour agir.

Dix mesures pour un sursaut

Dans un entretien accordé à l’AFP ce 24 juillet, David Lisnard, maire de Cannes, président de l’Association des maires de France et fondateur de Nouvelle Énergie, … Lire la suite

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » — Bossuet

Il faut voir les tribunes indignées, les tweets rageurs, les pétitions enflammées. Plus d’1 million de signataire de la pétition contre la loi Duplomb ! À l’occasion du débat parlementaire, certains élus de la gauche radicale ont retrouvé leurs réflexes : protester, condamner sans vergogne, bloquer, et mentir outrageusement devant la représentation nationale ! L’objet de leur courroux ? La réintroduction, strictement encadrée, d’un insecticide : l’acétamipride[1].

Cette molécule, autorisée au niveau européen, est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays pour lutter contre des ravageurs spécifiques, notamment dans les cultures de la betterave, les vergers de pommiers ou de noisetiers. En France, elle … Lire la suite

Loïk Le Floch-Prigent, la parole d’un homme debout

Il y a des hommes qui tombent et s’effacent. Et il y a ceux qui tombent… mais se relèvent. Loïk Le Floch-Prigent était de ceux-là. Il s’est éteint le 15 juillet 2025, à Paris, à l’âge de 81 ans, dans une indifférence feutrée — comme si l’on préférait ne pas entendre une voix qui, depuis plus de dix ans, dérangeait tant elle disait vrai.

Ingénieur de formation, diplômé de l’École nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble, il avait dirigé certains des plus grands groupes industriels français : Rhône-Poulenc, Elf, Gaz de France, la SNCF. Il avait vu, de l’intérieur, l’industrie française au travail, sa grandeur comme ses compromissions, ses forces vives comme ses angles morts. Et c’est cette … Lire la suite

Plan “Stop à la dette” : le faux-semblant budgétaire

Le Premier ministre a présenté hier son plan pluriannuel de redressement des finances publiques, sous un titre aussi martial que trompeur : “Stop à la dette !”. Il aurait fallu dire ralentir la dette, ou plutôt, ralentir l’augmentation de la dette. Car il ne s’agit pas d’un plan de désendettement, ni même de réduction des déficits — mais d’un simple maintien de la trajectoire actuelle, au prix d’efforts minimes, presque anecdotiques à l’échelle du problème posé.

Prenons les chiffres. Le déficit serait de 4,6 % du PIB en 2026, pour redescendre péniblement à 3 % en 2029. À aucun moment la France ne produira de budget excédentaire, condition pourtant indispensable pour rembourser la dette. Dans le meilleur … Lire la suite

Il était l’impertinent que la France adorait détester — ou détestait adorer

Il aimait la transgression comme d’autres aiment le silence : passionnément, viscéralement, méthodiquement. Thierry Ardisson n’était pas un simple animateur : il était le canard noir dans la couvée de poussins du PAF, un monarchiste égaré dans la démocratie cathodique, un dandy punk aux lunettes noires, qui posait des questions comme on jette des pavés dans la vitrine du conformisme.

Dans la lignée des Coluche, des Desproges, des Boris Vian ou des Gainsbourg, il avait ce goût rare pour la provocation élégante, pour l’irrévérence tenue en laisse , juste assez pour qu’elle blesse l’hypocrisie sans jamais sombrer dans la vulgarité gratuite (quoi que, parfois … ). Il savait que l’art de déranger exige du style. Et du fond.

Comme les … Lire la suite

L’instruction oubliée : plaidoyer pour une école qui élève

« Ce qu’on apprenait autrefois par cœur, on tente aujourd’hui de l’apprendre sans cœur. » Jean d’Ormesson

Il fut un temps – pas si lointain – où l’on distinguait nettement l’éducation et l’instruction. L’école instruisait, la famille éduquait. La première transmettait les savoirs ; la seconde, les valeurs. C’était un partage de rôles aussi naturel qu’efficace. L’un s’occupait de l’esprit, l’autre du cœur. L’un formait la tête, l’autre façonnait l’âme.

Aujourd’hui, cette distinction s’est estompée dans le brouillard des responsabilités diluées. La session 2025 du baccalauréat en a donné un triste exemple : de nombreux enseignants ont dénoncé les consignes données par l’administration, leur interdisant de pénaliser des copies pourtant truffées de fautes ou de hors-sujets. Certains témoignent que l’on … Lire la suite

En 1958, de Gaulle a redressé la France. Pourquoi pas aujourd’hui ?

La dette publique française dépasse aujourd’hui 3 200 milliards d’euros. Depuis 1974, aucun budget n’a été voté à l’équilibre. Le déficit atteint plus de 5 % du PIB en 2024, dans un pays déjà champion mondial des prélèvements obligatoires. Notre commerce extérieur accuse un déficit abyssal, notre balance des paiements n’est sauvée que par les dividendes de quelques grandes entreprises… qui investissent désormais davantage à l’étranger qu’en France.

Dans le même temps, l’école s’effondre, la recherche recule, les hôpitaux s’essoufflent, l’énergie devient chère et instable, et l’État, malgré son poids croissant, semble incapable de remplir ses missions les plus élémentaires. À force d’acheter la paix sociale à crédit, nous avons rompu le lien entre effort et récompense. L’administration prolifère, les … Lire la suite

Chauffage électrique : il est temps d’en finir avec le malus absurde de l’énergie primaire

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé sa volonté de ramener le coefficient d’énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9 à compter de janvier 2026. Objectif : faire revenir sur le marché locatif quelque 850 000 logements aujourd’hui exclus à cause d’un mauvais classement au DPE [1]. C’est un premier pas. Mais pourquoi marchander ce chiffre comme on négocierait une cote d’argus ? Il est temps de supprimer purement et simplement ce coefficient obsolète.


Une convention dépassée, héritée d’un autre temps

Ce fameux coefficient d’énergie primaire (Ep/Ef), appliqué à l’électricité dans le calcul des DPE, vise à prendre en compte l’énergie nécessaire à sa production, son transport et sa distribution. Jusqu’en 2021, il était fixé à 3,0. Depuis, … Lire la suite

L’État nounou, l’écran papa, le grille-pain sauvé : vingt ans d’infantilisation nationale

Manger, bouger, respirer, trier, éteindre, rénover, marcher, boire moins, chauffer à 19 degrés, penser local, dormir plus, réutiliser ses chaussettes… Depuis vingt ans, l’État n’a jamais été aussi présent — ni aussi paternaliste — dans nos vies quotidiennes. À force de se prendre tour à tour pour un médecin, un diététicien, un professeur des écoles ou un bon parent, notre République bascule dans un doux totalitarisme des bonnes intentions.


La France, ce pays où l’on vit sous consigne

On croyait être sortis de l’enfance à l’âge de raison. Mais voici que l’État nous parle comme on parle à des élèves de maternelle : « bois de l’eau », « ne fume pas », « prends l’escalier », « ne reste … Lire la suite

Acétamipride : un retour maîtrisé, pas un recul écologique

Le Parlement a voté la réintroduction encadrée de l’acétamipride pour certaines cultures sensibles, notamment la noisette, dans le cadre de la loi DUPLOMB. Cette décision, souvent caricaturée comme un « retour des pesticides tueurs d’abeilles », mérite d’être éclairée avec rigueur. Il ne s’agit pas de nier les dangers inhérents à cette molécule, mais de rappeler un principe essentiel en toxicologie : le danger n’est pas le risque1.

L’acétamipride est effectivement un insecticide néonicotinoïde2. Il partage certaines propriétés avec des substances aujourd’hui interdites (imidaclopride, clothianidine), mais il présente une toxicité bien plus faible pour les abeilles3. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’il reste autorisé au niveau européen jusqu’en 20334, et que l’ANSES, … Lire la suite

Pour agir sur le climat, il y a mieux que les verts : il y a la chlorophyle !

On nous dit que le changement climatique est irréversible, que le CO₂ s’accumule depuis deux siècles et qu’il en faudra dix pour l’en faire partir. Les uns nous promette des solutions technologiques lointaines, complexes, hors de portée. Les autres nous propose la décroissance, la dénatalité et la précarité. Ils nous proposent de réensauvager la nature, d’en faire disparaître l’homme ! Les uns nous expliquent qu’il faut agir. Les autres nous disent que c’est trop tard. Les sociétés doutent. Le doute profite aux manigances et aux profiteurs. Se degage de tout cela un sentiment d’impuissance. Il est entretenu par ceux qui en tirent des bénéfices : financiers, politiques, philosophiques …

Et si, au lieu de nous résigner à l’impuissance, nous engagions … Lire la suite

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