Billets d’humeur, coups de gueule, humour, divers…

La taxe Zucman : un leurre pour éviter d’aborder les vrais sujets

La France a un talent rare : celui de transformer un problème réel en un symbole creux, une réforme en gesticulation, une politique publique en slogan.

La taxe dite Zucman, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale dans une ferveur quasi révolutionnaire, en est l’illustration parfaite.

Annoncée comme l’arme absolue pour « faire payer les riches », elle se présente comme un impôt annuel minimum de 2 % sur les très gros patrimoines, ceux supérieurs à 100 millions d’euros.

Mais derrière le vacarme des tribunes et la ferveur des plateaux télévisés se cache une réalité juridique et économique implacable : cette taxe ne verra jamais le jour sous la forme annoncée. Elle fondra comme neige au soleil, laissant derrière elle … Lire la suite

Une question de confiance

Le Premier ministre est monté à la tribune de l’Assemblée nationale pour demander un vote de confiance. Confiance… Ce mot si noble, si fragile, si rare. Comme si la confiance pouvait se décréter par un discours ou s’imposer par un vote. Comme s’il suffisait de la réclamer pour l’obtenir. La confiance, c’est comme l’amour : elle se mérite, elle se gagne, elle se perd. Elle ne se mendie pas.

Dans ce pays, on parle beaucoup de confiance. On en affiche les slogans, on en convoque les symboles. Mais au fond, qu’est-ce qui, aujourd’hui, pourrait nous la rendre ?

L’homme qui parlait de confiance

Prenons celui qui, hier encore, était chef du gouvernement. En 2007, il fit exploser l’UDF pour aller … Lire la suite

Rave-party · Danser sur les cendres

Quand la fête se fait sur les cendres, c’est que nous ne savons plus distinguer la vie de la mort, le respect du mépris. Analyse d’Yves d’Amécourt, viticulteur, ancien élu local de Gironde, référent ruralité de Nouvelle Énergie et membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More.

Ils sont venus par milliers, comme des insectes attirés par la lumière, s’installer au milieu des terres calcinées de l’Aude. Des hectares de forêts et de vignes partis en fumée, des collines noires comme des plaies ouvertes, nécrosées, et sur ce théâtre de désolation, les enceintes crachent leur vacarme. On danse dans les cendres. On boit, on se drogue, et on rit sur le cadavre encore fumant d’un paysage meurtri (l’incendie d’août a … Lire la suite

Politique énergétique : chaque gigawatt (GW) supplémentaire d’éolien ou de solaire entraîne une augmentation de +2,2 % de notre facture d’électricité !

Le 1er septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié un document de “clarification” sur les scénarios de développement du système électrique français. Deux jours plus tard, le Cérémé – Cercle d’Études Réalités Écologiques et Mix Énergétique – a réagi par un communiqué argumenté, chiffres à l’appui. Je tiens à saluer cette prise de position courageuse et salutaire, tant elle vient combler le vide laissé par des responsables politiques défaillants depuis maintenant huit ans.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la politique énergétique française s’est enfoncée dans une suite de contradictions, d’improvisations et de décisions dogmatiques. On a fermé Fessenheim, retardé la relance du nucléaire, subventionné massivement l’éolien et le solaire intermittents, commencé à démanteler notre parc hydraulique sous … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

François Bayrou ou la sortie en trompe-l’œil

TRIBUNE. En sollicitant le vote de confiance de l’Assemblée nationale, le Premier ministre a choisi de quitter la scène politique en endossant le rôle du martyr, explique Yves d’Amécourt, porte-voix du parti Nouvelle Energie. Ce faisant, il abandonne la France engluée dans une situation à laquelle il a contribué.

Par Yves d’Amécourt

Publié le 28 août 2025 à 15h00 dans Valeurs Actuelles

La politique française n’est pas seulement un théâtre, c’est un vaudeville. On y voit des portes qui claquent, des amants qui se cachent dans les placards et des notables qui sortent en feignant d’être chassés. François Bayrou vient d’y ajouter une scène de choix : il quittera Matignon en prétendant qu’on l’en expulse, alors que c’est lui … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

DNC : abattre, vacciner, isoler ?

Au fil des crises agricoles, un triste refrain revient : l’isolement des éleveurs, l’opacité des décisions sanitaires, et le poids des procédures administratives qui s’ajoute à la détresse. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie virale qui touche les bovins, s’est récemment invitée dans cette litanie. En France, un seul cas déclaré suffit à déclencher l’abattage total du troupeau, sans réelle prise en compte de l’état sanitaire global, du statut vaccinal ou de la nature de l’élevage. Et pourtant, ailleurs, d’autres approches existent. Plus proportionnées. Moins brutales.

Une maladie animale, pas une zoonose

La DNC, ou Lumpy Skin Disease (LSD) en anglais, est une maladie virale contagieuse, transmise par des insectes piqueurs (moustiques, mouches, tiques, taons), qui affecte essentiellement les bovins. … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Ultra-libérale, la France ? Ou bien plutôt… le dernier pays communiste du monde ?

Ah, la France… Cet enfer néolibéral où l’État prélève 57 % de la richesse nationale pour mieux la redistribuer à lui-même, où l’on recense plus de 360 impôts et taxes, où l’on croule sous 88 codes juridiques et près d’un demi-million de normes, où chaque décision doit s’aligner sur une circulaire, un décret ou une note de service. Et pourtant, à en croire Jean-Luc Mélenchon et les auteurs du dernier programme du Parti socialiste (photo / avril 2025), nous vivrions sous le joug d’un capitalisme sauvage, livré aux « puissances de l’argent »12. Il faut croire qu’ils vivent dans une autre France…

Une performance mondiale d’étatisme

Derrière les slogans se cachent des chiffres. Et quels chiffres !… Lire la suite

OPINION. « Pour une souveraineté agricole, énergétique et industrielle : relocaliser la production d’engrais et transformer nos récoltes en France » [La Tribune]

OPINION. La moisson 2025 est abondante, avec plus de 33 millions de tonnes de blé. Pourtant, les céréaliers français peinent à célébrer. Les cours s’effondrent, les coûts explosent, et la rentabilité s’effrite. Derrière des silos pleins, c’est un modèle agricole à bout de souffle.

La moisson 2025 s’annonce généreuse. Après une campagne 2024 désastreuse, la France renoue avec des rendements honorables. La récolte de blé devrait dépasser les 33 millions de tonnes. Et pourtant, les agriculteurs n’ont pas le cœur à la fête. (1)

Le contrat blé sur Euronext est passé sous la barre des 200 euros/tonne. En un an, ce sont plus de 45 euros/t qui ont été perdus. L’euro s’est fortement apprécié face au dollar, laminant la compétitivité … Lire la suite

Pesticides : et si on arrêtait de mentir aux consommateurs ?

Depuis des années, les discours écologistes nous accusent de tous les maux. Les agriculteurs dits « conventionnels », que l’on devrait plutôt appeler « raisonnés » ou « modernes », seraient des pollueurs, des empoisonneurs, des destructeurs de biodiversité. À l’inverse, l’agriculture biologique serait pure, vertueuse, inoffensive. Cette opposition binaire est non seulement injuste, mais elle est fausse.

Nous sommes nombreux à pratiquer une agriculture certifiée Haute Valeur Environnementale (HVE 3, version 4), avec des pratiques raisonnées, des traitements limités, des bandes enherbées, des haies, des rotations, une attention à la biodiversité. Nous sommes jugés sur des résultats environnementaux, pas sur une méthode figée. Et pourtant, nous sommes sans cesse attaqués, pendant que d’autres jouissent d’une impunité médiatique qu’ils ne … Lire la suite

Le cancer, la peur et la politique : pour une hiérarchie des risques fondée sur la science

Il y a des maladies plus graves que les maux qu’on instrumentalise, et des vérités plus têtues que les slogans. En matière de cancer, les chiffres sont implacables : le tabac, l’alcool, la sédentarité, l’obésité, l’âge et certaines infections expliquent l’immense majorité des cas. Pourtant, certains responsables politiques préfèrent mobiliser l’opinion sur les résidus de pesticides, comme l’acétamipride, dont la contribution réelle au risque cancéreux est infinitésimale. Pourquoi ? Parce qu’il est plus facile de désigner un coupable invisible que d’affronter les vrais défis de santé publique, qui supposeraient du courage, de la persévérance, et une action collective sur le long terme.

Dans une tribune parue le 26 juillet 2025 sur Atlantico, l’oncologue Jérôme Barrière lançait un cri d’alarme … Lire la suite

Redresser notre balance avec les États-Unis : audace, productivité, compétitivité

Alors que l’Europe vient de conclure un accord commercial imposant des droits de douane de 15 % sur les exportations vers les États-Unis[1], et que le Royaume-Uni a obtenu un traitement plus favorable limité à 10 % sur certains produits clés[2], la France doit regarder en face l’état de ses échanges avec son premier partenaire commercial non européen. Les chiffres sont sans appel : notre balance commerciale avec les États-Unis reste largement déficitaire sur les biens, et ce malgré un excédent sur les services.

Il faut toutefois noter que ce nouveau taux de 15 % n’est pas radicalement différent du régime antérieur, où s’appliquaient un droit moyen de 4,8 % (tarif OMC) et une surtaxe de 10 % instaurée en … Lire la suite

Emmanuel Macron a un calendrier. Le Proche-Orient, lui, a une mémoire.

Il y a des gestes qui relèvent du symbole, d’autres de la stratégie. Et il en est certains, hélas, qui relèvent du désarroi. En annonçant la reconnaissance prochaine de l’État de Palestine par la France, Emmanuel Macron franchit un seuil — non celui du courage, mais celui de la précipitation. Non celui de l’équilibre, mais celui de la rupture. Cette décision, prise dans un climat de désordre géopolitique, d’émotions contradictoires et de pressions multiples, trahit moins une vision qu’un embarras. Elle vient s’ajouter à une longue série de volte-face présidentielles sur le dossier israélo-palestinien.

Une reconnaissance sans État, sans paix, sans frontières

Le droit international aime les subtilités mais déteste les contresens. Or, reconnaître un État suppose au minimum — … Lire la suite

« Le prochain président sera punk » David Lisnard

Il faut parfois un mot inattendu pour dire l’essentiel. En déclarant à l’AFP que « le prochain président sera punk », David Lisnard ne cherche ni la provocation ni l’effet de manche. Il pose un diagnostic lucide sur l’état du pays et sur ce que nécessitera son redressement : une rupture nette, un changement radical, une énergie neuve. La France ne se relèvera pas avec des compromis flous ni avec des « arrangements de notables ». Elle a besoin de clarté, de volonté, et d’un courage assumé pour agir.

Dix mesures pour un sursaut

Dans un entretien accordé à l’AFP ce 24 juillet, David Lisnard, maire de Cannes, président de l’Association des maires de France et fondateur de Nouvelle Énergie, … Lire la suite

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » — Bossuet

Il faut voir les tribunes indignées, les tweets rageurs, les pétitions enflammées. Plus d’1 million de signataire de la pétition contre la loi Duplomb ! À l’occasion du débat parlementaire, certains élus de la gauche radicale ont retrouvé leurs réflexes : protester, condamner sans vergogne, bloquer, et mentir outrageusement devant la représentation nationale ! L’objet de leur courroux ? La réintroduction, strictement encadrée, d’un insecticide : l’acétamipride[1].

Cette molécule, autorisée au niveau européen, est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays pour lutter contre des ravageurs spécifiques, notamment dans les cultures de la betterave, les vergers de pommiers ou de noisetiers. En France, elle … Lire la suite

Loïk Le Floch-Prigent, la parole d’un homme debout

Il y a des hommes qui tombent et s’effacent. Et il y a ceux qui tombent… mais se relèvent. Loïk Le Floch-Prigent était de ceux-là. Il s’est éteint le 15 juillet 2025, à Paris, à l’âge de 81 ans, dans une indifférence feutrée — comme si l’on préférait ne pas entendre une voix qui, depuis plus de dix ans, dérangeait tant elle disait vrai.

Ingénieur de formation, diplômé de l’École nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble, il avait dirigé certains des plus grands groupes industriels français : Rhône-Poulenc, Elf, Gaz de France, la SNCF. Il avait vu, de l’intérieur, l’industrie française au travail, sa grandeur comme ses compromissions, ses forces vives comme ses angles morts. Et c’est cette … Lire la suite

Plan “Stop à la dette” : le faux-semblant budgétaire

Le Premier ministre a présenté hier son plan pluriannuel de redressement des finances publiques, sous un titre aussi martial que trompeur : “Stop à la dette !”. Il aurait fallu dire ralentir la dette, ou plutôt, ralentir l’augmentation de la dette. Car il ne s’agit pas d’un plan de désendettement, ni même de réduction des déficits — mais d’un simple maintien de la trajectoire actuelle, au prix d’efforts minimes, presque anecdotiques à l’échelle du problème posé.

Prenons les chiffres. Le déficit serait de 4,6 % du PIB en 2026, pour redescendre péniblement à 3 % en 2029. À aucun moment la France ne produira de budget excédentaire, condition pourtant indispensable pour rembourser la dette. Dans le meilleur … Lire la suite

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