Agriculture

« Libérons les agriculteurs des charges et des contraintes absurdes : Il est temps de retrouver l’ambition d’une France première puissance agricole d’Europe. » David Lisnard – Nouvelle Energie

Ce qui est bon pour l’agriculture est bon pour la France. Dans une époque qui oppose systématiquement production et protection, modernité et tradition, économie et écologie, cette affirmation rappelle une vérité fondamentale : l’agriculture est une condition de notre indépendance et de notre puissance, en plus d’être la
mémoire vivante de nos paysages. Elle incarne notre rapport au temps long, à la transmission, à ce qui nous dépasse et nous survit. Un pays qui renonce à nourrir son peuple est un pays qui a déjà accepté sa
vassalisation.

L’agriculture est le ciment de nos terroirs et la matrice de notre identité. Dans un monde qui se fragmente, où les chaînes d’approvisionnement se tendent, où la démographie explose, maîtriser sa production … Lire la suite

Sainte-Soline ou l’art français de fabriquer l’absurde

Il pleut sur les Deux-Sèvres. Les sols sont gorgés d’eau. Les rivières débordent. Les fossés se remplissent. Les plaines sont saturées. Et pourtant, à Sainte-Soline, il est juridiquement interdit de remplir une réserve construite précisément pour stocker l’eau hivernale et éviter de pomper en été. Ce n’est pas une caricature. C’est un fait.

La Cour administrative d’appel de Bordeaux, dans sa décision du 18 décembre 2024, a jugé que l’autorisation délivrée pour plusieurs réserves de substitution du bassin de la Sèvre Niortaise, dont celle de Sainte-Soline, était illégale en l’absence d’une dérogation spécifique au titre des espèces protégées. Parmi elles : l’Outarde canepetière, oiseau de plaine classé au titre de la directive européenne « Oiseaux » et protégé par les … Lire la suite

Quand la loi s’efface devant la jurisprudence : le cas des poulaillers de la Rance

Il est des affaires locales qui en disent long sur l’état d’un pays. Celle des quatre poulaillers de La Ville-ès-Nonais, en Ille-et-Vilaine, s’inscrit dans ce registre. Elle pourrait n’être qu’un contentieux d’urbanisme de plus. Elle est, à bien des égards, autre chose : une question sur la manière dont la loi est interprétée et, peut-être, détournée par la jurisprudence administrative.

Les faits sont simples. Un projet agricole — quatre bâtiments destinés à l’élevage de poules — a été autorisé par la mairie, conforme au plan local d’urbanisme (PLU) et compatible avec le schéma de cohérence territoriale (SCOT), en zone agricole, entre 700 et 1 000 mètres de la Rance derrière un bourg de La Ville-ès-Nonais⟮1⟯. Après un premier … Lire la suite

[TRIBUNE] La France laisse mourir ses agriculteurs et feint de s’en étonner

« La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété. » Tribune publiée le 11 janvier 2025 sur Boulevard Voltaire.

La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété : celui du temps court contre le temps long, de l’idéologie contre le réel, de la posture morale contre la souveraineté.

Depuis des années, les gouvernements successifs traitent l’agriculture non comme une activité vitale, mais comme un problème à encadrer. Chaque crise donne lieu à un plan d’urgence, chaque colère à une promesse, chaque drame à un chèque. Mais jamais à une remise en cause de fond. On colmate, on subventionne, … Lire la suite

Crise agricole française : le temps long contre le temps court [La nouvelle revue politique]

Il est des crises qui éclatent dans le fracas, occupent l’actualité, mobilisent gouvernements et experts, puis disparaissent avec la même rapidité qu’elles sont apparues. Et il en est d’autres, plus profondes, plus graves, presque silencieuses, qui ne connaissent ni commencement net ni résolution spectaculaire. Elles avancent à pas lents, s’installent dans les habitudes, sédimentent dans les décisions successives, jusqu’à devenir un état permanent.
La crise agricole française appartient à cette seconde catégorie. Elle ne surgit pas : elle s’installe. Elle ne surprend pas : elle use. Elle ne se résout pas par un plan : elle interroge une civilisation.


Car ce qui se joue aujourd’hui dans les campagnes françaises dépasse de loin la question des prix agricoles, des normes environnementales … Lire la suite

MACF sur les engrais : l’Europe taxe l’importation sans se donner les moyens de produire

Nous ne nous donnons pas les moyens de nos ambitions. Ce constat, amer, est celui du groupe de réflexion « agriculture » de Nouvelle Énergie. Alors que l’Europe prétend protéger son agriculture via le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), la réalité technique et économique dessine une trajectoire bien plus sombre pour nos exploitations.

Le tour de passe-passe du MACF

La Commission européenne s’est récemment félicitée de l’ajustement du dispositif sur les engrais, mettant en avant une réduction du taux d’exemption, passé de 30 % à 1 % (1). Mais cette communication masque l’essentiel. Dans le même temps, Bruxelles a modifié le paramètre le plus déterminant : la valeur d’émissions appliquée par défaut aux engrais importés.

Lorsque les fabricants … Lire la suite

« La chute de l’agriculture française » [Atlantico]

Tribune publiée sur ATLANTICO.FR

Il y a des chiffres qui résonnent comme des coups de tonnerre. En 2024, l’excédent agricole français est tombé à 4,9 milliards d’euros, un plus bas inédit depuis plus de 20 ans. À la fin de l’été 2025, l’excédent cumulé — vins et spiritueux inclus — n’était plus que de 47 millions d’euros. Et pour la première fois depuis cinquante ans, un basculement historique est en passe de se produire : notre pays pourrait finir l’année avec un déficit agricole.

L’excédent commercial agricole, longtemps source de fierté nationale, jouait le rôle d’un bouclier stratégique : quand nos industries manufacturières reculaient et que le déficit commercial global se creusait, l’agriculture restait ce pilier qui tenait encore l’édifice. … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

DNC : abattre, vacciner, isoler ?

Au fil des crises agricoles, un triste refrain revient : l’isolement des éleveurs, l’opacité des décisions sanitaires, et le poids des procédures administratives qui s’ajoute à la détresse. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie virale qui touche les bovins, s’est récemment invitée dans cette litanie. En France, un seul cas déclaré suffit à déclencher l’abattage total du troupeau, sans réelle prise en compte de l’état sanitaire global, du statut vaccinal ou de la nature de l’élevage. Et pourtant, ailleurs, d’autres approches existent. Plus proportionnées. Moins brutales.

Une maladie animale, pas une zoonose

La DNC, ou Lumpy Skin Disease (LSD) en anglais, est une maladie virale contagieuse, transmise par des insectes piqueurs (moustiques, mouches, tiques, taons), qui affecte essentiellement les bovins. … Lire la suite

OPINION. « Pour une souveraineté agricole, énergétique et industrielle : relocaliser la production d’engrais et transformer nos récoltes en France » [La Tribune]

OPINION. La moisson 2025 est abondante, avec plus de 33 millions de tonnes de blé. Pourtant, les céréaliers français peinent à célébrer. Les cours s’effondrent, les coûts explosent, et la rentabilité s’effrite. Derrière des silos pleins, c’est un modèle agricole à bout de souffle.

La moisson 2025 s’annonce généreuse. Après une campagne 2024 désastreuse, la France renoue avec des rendements honorables. La récolte de blé devrait dépasser les 33 millions de tonnes. Et pourtant, les agriculteurs n’ont pas le cœur à la fête. (1)

Le contrat blé sur Euronext est passé sous la barre des 200 euros/tonne. En un an, ce sont plus de 45 euros/t qui ont été perdus. L’euro s’est fortement apprécié face au dollar, laminant la compétitivité … Lire la suite

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » — Bossuet

Il faut voir les tribunes indignées, les tweets rageurs, les pétitions enflammées. Plus d’1 million de signataire de la pétition contre la loi Duplomb ! À l’occasion du débat parlementaire, certains élus de la gauche radicale ont retrouvé leurs réflexes : protester, condamner sans vergogne, bloquer, et mentir outrageusement devant la représentation nationale ! L’objet de leur courroux ? La réintroduction, strictement encadrée, d’un insecticide : l’acétamipride[1].

Cette molécule, autorisée au niveau européen, est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays pour lutter contre des ravageurs spécifiques, notamment dans les cultures de la betterave, les vergers de pommiers ou de noisetiers. En France, elle … Lire la suite

Acétamipride : un retour maîtrisé, pas un recul écologique

Le Parlement a voté la réintroduction encadrée de l’acétamipride pour certaines cultures sensibles, notamment la noisette, dans le cadre de la loi DUPLOMB. Cette décision, souvent caricaturée comme un « retour des pesticides tueurs d’abeilles », mérite d’être éclairée avec rigueur. Il ne s’agit pas de nier les dangers inhérents à cette molécule, mais de rappeler un principe essentiel en toxicologie : le danger n’est pas le risque1.

L’acétamipride est effectivement un insecticide néonicotinoïde2. Il partage certaines propriétés avec des substances aujourd’hui interdites (imidaclopride, clothianidine), mais il présente une toxicité bien plus faible pour les abeilles3. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’il reste autorisé au niveau européen jusqu’en 20334, et que l’ANSES, … Lire la suite

Pour agir sur le climat, il y a mieux que les verts : il y a la chlorophyle !

On nous dit que le changement climatique est irréversible, que le CO₂ s’accumule depuis deux siècles et qu’il en faudra dix pour l’en faire partir. Les uns nous promette des solutions technologiques lointaines, complexes, hors de portée. Les autres nous propose la décroissance, la dénatalité et la précarité. Ils nous proposent de réensauvager la nature, d’en faire disparaître l’homme ! Les uns nous expliquent qu’il faut agir. Les autres nous disent que c’est trop tard. Les sociétés doutent. Le doute profite aux manigances et aux profiteurs. Se degage de tout cela un sentiment d’impuissance. Il est entretenu par ceux qui en tirent des bénéfices : financiers, politiques, philosophiques …

Et si, au lieu de nous résigner à l’impuissance, nous engagions … Lire la suite

Pourquoi les bananes n’ont-elles pas de pépins ?

Éloge d’un petit bijou de science, d’histoire et de bon sens

À propos du livre de Benjamin Nowak (Dunod, 2025)

« Une banane ne produit pas de graines, et pourtant elle se multiplie. Un mystère ? Non : une invention humaine. »
— Benjamin Nowak, Pourquoi les bananes n’ont-elles pas de pépins ?

On croyait connaître les fruits et légumes qui remplissent nos paniers, nos assiettes et nos souvenirs d’enfance. Et pourtant, dans ce petit ouvrage lumineux, Benjamin Nowak nous apprend que la carotte fut blanche avant d’être orange, que le maïs était autrefois un simple graminée sauvage, et que la banane Cavendish que nous mangeons aujourd’hui n’est ni tout à fait naturelle, ni tout à fait artificielle : elle … Lire la suite

Agriculture biologique : quand la micro-écologie contredit la macro-écologie

L’agriculture biologique jouit d’une image flatteuse dans l’opinion : elle serait « bonne pour le climat », « respectueuse de la biodiversité », « économe en ressources et en énergie ». On vante ses circuits courts, ses sols vivants, ses paysages variés. Mais qu’en disent réellement les sciences du climat et de la biodiversité ?

En s’en tenant non aux résumés politiques du GIEC et de l’IPBES, mais aux rapports scientifiques eux-mêmes, force est de constater que la réponse est bien plus nuancée que les slogans des écologistes.


Ce que dit le GIEC : moins de rendement, plus de terres, pas moins d’émissions

Dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC (groupe III, volet scientifique), l’agriculture biologique apparaît comme une solution … Lire la suite

Tout est faux, ou presque, dans le discours d’Agnès Pannier-Runacher

Il est des moments où le bon sens réclame qu’on lève le voile. Où la réalité, trop longtemps pliée aux discours, finit par resurgir, brutale, incontestable. Le discours d’Agnès Pannier-Runacher, incarnation d’une écologie d’apparat, concentre à lui seul ces contradictions qui sapent la confiance des Français, et affaiblissent l’État. Il faut le dire avec calme, mais avec fermeté : tout est faux, ou presque, dans cette rhétorique officielle.

Prenons la question de la santé publique, souvent invoquée pour justifier l’interdiction des véhicules anciens dans les centres-villes. Ainsi le projet des Zones à Faibles Émissions (ZFE) [1] proposait (aujourd’hui abandonné) de chasser les conducteurs modestes au nom des particules fines. Mais dans le même temps, dans les funestes DPE, on décourage … Lire la suite

Ports, logistique et souveraineté : la mer, levier oublié de la transition écologique

La France aime se penser comme une grande puissance maritime. Son territoire s’étend sur tous les océans, elle dispose de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) au monde [1] et d’une biodiversité marine exceptionnelle. Pourtant, dans les faits, notre pays tourne le dos à la mer. Et avec elle, à l’un des leviers les plus puissants pour allier développement économique et réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Aujourd’hui, plus de deux tiers des conteneurs à destination de la France transitent par les ports d’Europe du Nord : Anvers, Rotterdam, Hambourg [2]. De là, ils sont transportés par camion sur des centaines de kilomètres jusqu’au territoire français. Cette situation, dénoncée depuis des années, constitue une aberration logistique et … Lire la suite

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