Agriculture

On ne relance pas le moteur de la croissance en taxant son carburant

Ceux qui nous dirigent n’ont décidément rien compris !

La croissance française est presque à l’arrêt. Les ménages comptent. Les entreprises hésitent. L’investissement ralentit. Les artisans regardent le prix du gazole avant de prendre la route. Les agriculteurs celui du GNR avant d’entrer dans leurs champs. Les transporteurs font leurs comptes à chaque plein. Les pêcheurs restent à quai. L’immobilier est en crise. On ne construit plus.

Et devant cette économie qui s’essouffle, que cherche-t-on encore ? De nouvelles taxes !

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette obstination française à vouloir soigner par l’impôt les maux que l’impôt contribue à aggraver.

L’Insee ne prévoit désormais plus que 0,4 % de croissance en France en 2026.[1] La Banque … Lire la suite

L’écologie des liens · Réconcilier le citoyen, la nature et le territoire [Institut Thomas More]

Marc Le Chevallier, chercheur à la London School of Economics (LSE) et à University College London (UCL)

Un fossé entre l’action citoyenne et le mouvement écologique

Les épisodes de canicule et les terribles incendies de cet été ont brutalement rappelé à tous l’urgence écologique. Mais ils ont aussi révélé une autre réalité, porteuse d’espoir. Les agriculteurs, les pompiers et les habitants nous ont montré que face à la crise, les premiers à répondre présents furent les Français eux-mêmes. Ce sursaut contraste pourtant avec leur défiance à l’égard du mouvement écologiste. Près de neuf d’entre eux sur dix jugent le mouvement écologiste déconnecté des réalités du terrain. Ce rapport part donc d’un paradoxe : les Français sont aujourd’hui prêts à s’engager pour l’écologie … Lire la suite

« La France a de l’eau. Laissons les Français inventer ! » [La Nouvelle Revue Politique]

Publié le 8 septembre 2026 par La Nouvelle Revue Politique

Il est des évidences que notre époque, à force de réglementer les choses simples, finit par oublier. La première d’entre elles tient en quelques mots : sans eau, il n’y a pas de vivant. Pas d’arbre, pas de forêt, pas de prairie, pas de vigne, pas de blé. Pas d’élevage. Pas de biodiversité. Pas d’alimentation. Une plante privée d’eau ne devient pas « sobre » : elle dépérit. Un arbre soumis trop longtemps au stress hydrique ne remplit pas un formulaire de dérogation : il sèche. Et pourtant, chaque fois que revient la sécheresse, nous rejouons la même pièce. L’eau manque ? On réunit une commission. On établit une carte. … Lire la suite

Après le vote de la loi Duplomb

Article publié dans la Revue Politique et Parlementaire le 21 juillet 2026

« L’agriculture n’est que l’expression, à un moment donné et dans le champ agricole, de l’état d’une société. » Edgar Pisani

Il est des lois qui prétendent bouleverser le monde et ne déplacent pas une motte de terre. Il en est d’autres, plus modestes, qui ne changent pas tout, mais qui changent le sens du mouvement. Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles appartient peut-être à cette seconde catégorie.

Adopté par l’Assemblée nationale après un accord trouvé entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, il doit encore achever son parcours parlementaire. N’en faisons donc ni un aboutissement, ni une révolution. Mais reconnaissons-lui … Lire la suite

Cinquante ans après la loi de 1976 : le temps de l’évaluation.

La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature est de celles-là. Elle a consacré un principe simple : certaines espèces, devenues rares ou menacées, méritaient une protection particulière. Cinquante ans plus tard, la tribune de Bertrand Alliot et Romain Lasseur publiée dans Le Figaro nous invite à nous interroger : cette politique n’a-t-elle pas, sur certains points, si bien réussi qu’il est temps d’en réévaluer les modalités ?

La question mérite d’être posée.

Car, à mes yeux, le problème n’est pas tant la loi de 1976. Le problème est ce que nous avons construit depuis cinquante ans.

Au fil des directives européennes, des lois, des décrets, des circulaires et des jurisprudences, nous avons progressivement changé … Lire la suite

« La terre, premier capital de la nation » [La nouvelle revue politique]

Il est des mots que notre époque prononce avec gêne : propriété, capital, transmission. Comme s’ils étaient devenus suspects. Pourtant, en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen place la propriété au cœur des droits naturels et imprescriptibles, aux côtés de la liberté, de la sûreté et de la résistance à l’oppression¹. Ce n’est pas un détail d’histoire. C’est une architecture politique. Sans propriété protégée, la liberté devient dépendance. Sans capital, l’économie devient fragile. Sans transmission, la nation s’épuise. Et c’est peut-être dans nos campagnes que cette vérité apparaît aujourd’hui avec le plus de netteté.

Publié le 15 juin 2026 sur la Nouvelle Revue Politique

Le capital est né dans les champs.

Le mot « capital » … Lire la suite

[TRIBUNE] Yves d’Amécourt : Réconcilier l’Homme avec l’écologie

TRIBUNE. Dans son livre L’humain, l’écologie et la politique, Yves d’Amécourt plaide pour une écologie de responsabilité, fondée sur la confiance, les territoires et l’initiative humaine, loin d’une logique jugée technocratique et punitive.

Il existe aujourd’hui un étrange paradoxe français. Jamais l’écologie n’a occupé une place aussi importante dans le débat public. Et jamais, dans le même temps, les Français n’ont eu le sentiment d’être aussi éloignés des décisions prises en leur nom. L’écologie devait réconcilier l’homme avec la nature ; elle est devenue un facteur supplémentaire de fracture entre les élites administratives et le pays réel. À force de réglementations, d’interdictions, de culpabilisation permanente et de technocratie, nous avons fini par transformer une belle idée – protéger la … Lire la suite

« Yves d’Amécourt, ou l’écologie contre les petits gardes rouges de l’effondrement » par David Angevin dans Causeur.fr

« Il existe aujourd’hui deux écologies. La première aime les paysages mais déteste ceux qui y vivent. Elle adore les cartes, les normes, les interdictions, les schémas régionaux, les conférences citoyennes et les comités Théodule. Elle parle du vivant avec des mots morts. Elle rêve d’une planète administrée par des experts en mobilité douce et des diplômés de Sciences Po sous perfusion de subventions publiques.

Et puis il y a l’autre. L’écologie des gens qui vivent quelque part. Celle des paysans, des forestiers, des chasseurs, des maires ruraux, des viticulteurs, des ingénieurs, des artisans. Une écologie enracinée. Charnelle. Empirique. Une écologie qui sait qu’un paysage n’est pas un décor mais une civilisation. C’est cette écologie-là qu’Yves d’Amécourt défend dans un … Lire la suite

« Libérons les agriculteurs des charges et des contraintes absurdes : Il est temps de retrouver l’ambition d’une France première puissance agricole d’Europe. » David Lisnard – Nouvelle Energie

Ce qui est bon pour l’agriculture est bon pour la France. Dans une époque qui oppose systématiquement production et protection, modernité et tradition, économie et écologie, cette affirmation rappelle une vérité fondamentale : l’agriculture est une condition de notre indépendance et de notre puissance, en plus d’être la
mémoire vivante de nos paysages. Elle incarne notre rapport au temps long, à la transmission, à ce qui nous dépasse et nous survit. Un pays qui renonce à nourrir son peuple est un pays qui a déjà accepté sa
vassalisation.

L’agriculture est le ciment de nos terroirs et la matrice de notre identité. Dans un monde qui se fragmente, où les chaînes d’approvisionnement se tendent, où la démographie explose, maîtriser sa production … Lire la suite

Sainte-Soline ou l’art français de fabriquer l’absurde

Il pleut sur les Deux-Sèvres. Les sols sont gorgés d’eau. Les rivières débordent. Les fossés se remplissent. Les plaines sont saturées. Et pourtant, à Sainte-Soline, il est juridiquement interdit de remplir une réserve construite précisément pour stocker l’eau hivernale et éviter de pomper en été. Ce n’est pas une caricature. C’est un fait.

La Cour administrative d’appel de Bordeaux, dans sa décision du 18 décembre 2024, a jugé que l’autorisation délivrée pour plusieurs réserves de substitution du bassin de la Sèvre Niortaise, dont celle de Sainte-Soline, était illégale en l’absence d’une dérogation spécifique au titre des espèces protégées. Parmi elles : l’Outarde canepetière, oiseau de plaine classé au titre de la directive européenne « Oiseaux » et protégé par les … Lire la suite

Quand la loi s’efface devant la jurisprudence : le cas des poulaillers de la Rance

Il est des affaires locales qui en disent long sur l’état d’un pays. Celle des quatre poulaillers de La Ville-ès-Nonais, en Ille-et-Vilaine, s’inscrit dans ce registre. Elle pourrait n’être qu’un contentieux d’urbanisme de plus. Elle est, à bien des égards, autre chose : une question sur la manière dont la loi est interprétée et, peut-être, détournée par la jurisprudence administrative.

Les faits sont simples. Un projet agricole — quatre bâtiments destinés à l’élevage de poules — a été autorisé par la mairie, conforme au plan local d’urbanisme (PLU) et compatible avec le schéma de cohérence territoriale (SCOT), en zone agricole, entre 700 et 1 000 mètres de la Rance derrière un bourg de La Ville-ès-Nonais⟮1⟯. Après un premier … Lire la suite

[TRIBUNE] La France laisse mourir ses agriculteurs et feint de s’en étonner

« La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété. » Tribune publiée le 11 janvier 2025 sur Boulevard Voltaire.

La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété : celui du temps court contre le temps long, de l’idéologie contre le réel, de la posture morale contre la souveraineté.

Depuis des années, les gouvernements successifs traitent l’agriculture non comme une activité vitale, mais comme un problème à encadrer. Chaque crise donne lieu à un plan d’urgence, chaque colère à une promesse, chaque drame à un chèque. Mais jamais à une remise en cause de fond. On colmate, on subventionne, … Lire la suite

Crise agricole française : le temps long contre le temps court [La nouvelle revue politique]

Il est des crises qui éclatent dans le fracas, occupent l’actualité, mobilisent gouvernements et experts, puis disparaissent avec la même rapidité qu’elles sont apparues. Et il en est d’autres, plus profondes, plus graves, presque silencieuses, qui ne connaissent ni commencement net ni résolution spectaculaire. Elles avancent à pas lents, s’installent dans les habitudes, sédimentent dans les décisions successives, jusqu’à devenir un état permanent.
La crise agricole française appartient à cette seconde catégorie. Elle ne surgit pas : elle s’installe. Elle ne surprend pas : elle use. Elle ne se résout pas par un plan : elle interroge une civilisation.


Car ce qui se joue aujourd’hui dans les campagnes françaises dépasse de loin la question des prix agricoles, des normes environnementales … Lire la suite

MACF sur les engrais : l’Europe taxe l’importation sans se donner les moyens de produire

Nous ne nous donnons pas les moyens de nos ambitions. Ce constat, amer, est celui du groupe de réflexion « agriculture » de Nouvelle Énergie. Alors que l’Europe prétend protéger son agriculture via le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), la réalité technique et économique dessine une trajectoire bien plus sombre pour nos exploitations.

Le tour de passe-passe du MACF

La Commission européenne s’est récemment félicitée de l’ajustement du dispositif sur les engrais, mettant en avant une réduction du taux d’exemption, passé de 30 % à 1 % (1). Mais cette communication masque l’essentiel. Dans le même temps, Bruxelles a modifié le paramètre le plus déterminant : la valeur d’émissions appliquée par défaut aux engrais importés.

Lorsque les fabricants … Lire la suite

« La chute de l’agriculture française » [Atlantico]

Tribune publiée sur ATLANTICO.FR

Il y a des chiffres qui résonnent comme des coups de tonnerre. En 2024, l’excédent agricole français est tombé à 4,9 milliards d’euros, un plus bas inédit depuis plus de 20 ans. À la fin de l’été 2025, l’excédent cumulé — vins et spiritueux inclus — n’était plus que de 47 millions d’euros. Et pour la première fois depuis cinquante ans, un basculement historique est en passe de se produire : notre pays pourrait finir l’année avec un déficit agricole.

L’excédent commercial agricole, longtemps source de fierté nationale, jouait le rôle d’un bouclier stratégique : quand nos industries manufacturières reculaient et que le déficit commercial global se creusait, l’agriculture restait ce pilier qui tenait encore l’édifice. … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

DNC : abattre, vacciner, isoler ?

Au fil des crises agricoles, un triste refrain revient : l’isolement des éleveurs, l’opacité des décisions sanitaires, et le poids des procédures administratives qui s’ajoute à la détresse. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie virale qui touche les bovins, s’est récemment invitée dans cette litanie. En France, un seul cas déclaré suffit à déclencher l’abattage total du troupeau, sans réelle prise en compte de l’état sanitaire global, du statut vaccinal ou de la nature de l’élevage. Et pourtant, ailleurs, d’autres approches existent. Plus proportionnées. Moins brutales.

Une maladie animale, pas une zoonose

La DNC, ou Lumpy Skin Disease (LSD) en anglais, est une maladie virale contagieuse, transmise par des insectes piqueurs (moustiques, mouches, tiques, taons), qui affecte essentiellement les bovins. … Lire la suite

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