Ecologie

« Je distingue l’écologie politique de l’écologie scientifique » Yves d’Amécourt (interview)

Vigneron en Gironde, ancien maire et ancien président d’une commune municipale, et vice-président de Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard, où il est également porte-parole pour l’agriculture, la sylviculture, la pêche et les affaires rurales, Yves d’Amécourt vient de publier L’humain, l’écologie et la politique (« Humanité, écologie et politique », Éditions du Bien Commun. Dans ce livre, il plaide pour remettre les mots en ordre : l’écologie est avant tout une science, et la science seule ne dicte pas les choix de la société. Énergie, eau, couches de bureaucratie, l’État stratège, la subsidiarité, le Ministère de la Transition Écologique : ici il défend une « écologie des vivants », qui raisonne dans les flux plutôt que dans les … Lire la suite

On ne relance pas le moteur de la croissance en taxant son carburant

Ceux qui nous dirigent n’ont décidément rien compris !

La croissance française est presque à l’arrêt. Les ménages comptent. Les entreprises hésitent. L’investissement ralentit. Les artisans regardent le prix du gazole avant de prendre la route. Les agriculteurs celui du GNR avant d’entrer dans leurs champs. Les transporteurs font leurs comptes à chaque plein. Les pêcheurs restent à quai. L’immobilier est en crise. On ne construit plus.

Et devant cette économie qui s’essouffle, que cherche-t-on encore ? De nouvelles taxes !

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette obstination française à vouloir soigner par l’impôt les maux que l’impôt contribue à aggraver.

L’Insee ne prévoit désormais plus que 0,4 % de croissance en France en 2026.[1] La Banque … Lire la suite

L’écologie des liens · Réconcilier le citoyen, la nature et le territoire [Institut Thomas More]

Marc Le Chevallier, chercheur à la London School of Economics (LSE) et à University College London (UCL)

Un fossé entre l’action citoyenne et le mouvement écologique

Les épisodes de canicule et les terribles incendies de cet été ont brutalement rappelé à tous l’urgence écologique. Mais ils ont aussi révélé une autre réalité, porteuse d’espoir. Les agriculteurs, les pompiers et les habitants nous ont montré que face à la crise, les premiers à répondre présents furent les Français eux-mêmes. Ce sursaut contraste pourtant avec leur défiance à l’égard du mouvement écologiste. Près de neuf d’entre eux sur dix jugent le mouvement écologiste déconnecté des réalités du terrain. Ce rapport part donc d’un paradoxe : les Français sont aujourd’hui prêts à s’engager pour l’écologie … Lire la suite

Vingt ans de blog, et quelques milliers d’articles plus tard : mon premier livre !

En décembre prochain, ce blog aura vingt ans. Vingt ans !

À l’échelle d’Internet, c’est presque de la préhistoire. Facebook commençait à peine à sortir des universités américaines, Twitter venait de naître, l’iPhone n’existait pas encore et personne ne parlait d’intelligence artificielle générative. Et moi, je commençais à écrire ici.

Depuis, les articles se sont accumulés. Plusieurs milliers. Combien exactement ? Je suis justement en train d’essayer de le savoir ! Peut-être 8 ou 10 000 !

Il y eut des billets très courts et de longues tribunes, des coups de colère et des coups de cœur, des discours et des hommages, des souvenirs et des propositions politiques, des histoires de vigne et de vin, des réflexions sur l’agriculture, l’écologie, … Lire la suite

« La France a de l’eau. Laissons les Français inventer ! » [La Nouvelle Revue Politique]

Publié le 8 septembre 2026 par La Nouvelle Revue Politique

Il est des évidences que notre époque, à force de réglementer les choses simples, finit par oublier. La première d’entre elles tient en quelques mots : sans eau, il n’y a pas de vivant. Pas d’arbre, pas de forêt, pas de prairie, pas de vigne, pas de blé. Pas d’élevage. Pas de biodiversité. Pas d’alimentation. Une plante privée d’eau ne devient pas « sobre » : elle dépérit. Un arbre soumis trop longtemps au stress hydrique ne remplit pas un formulaire de dérogation : il sèche. Et pourtant, chaque fois que revient la sécheresse, nous rejouons la même pièce. L’eau manque ? On réunit une commission. On établit une carte. … Lire la suite

Les flammes ne lisent pas le Code de l’environnement ; elles se nourrissent de nos renoncements.

Publié dans LA REVUE PARLEMENTAIRE / Enjeux et débats.

Par Yves d’Amécourt, viticulteur et sylviculteur, ancien élu local de Gironde*

“Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires”. La formule de Montesquieu résonne aujourd’hui avec une singulière actualité. Chaque été, lorsque les colonnes de fumée obscurcissent le ciel du Médoc, du Var, de la Corse ou de l’Anjou, lorsque les Canadair sillonnent le ciel et que les sapeurs-pompiers accomplissent des prodiges pour sauver des villages entiers, la France redécouvre sa vulnérabilité. Les habitants sont évacués, les hectares détruits se comptent par milliers, les ministres promettent de « tirer toutes les leçons » de la catastrophe. Puis vient l’automne, les commissions remettent leurs rapports, l’hiver apaise les inquiétudes, et l’été suivant la forêt … Lire la suite

Les incendiaires allument les flammes. La bureaucratie les nourrit [Valeurs Actuelles]

TRIBUNE. Quatre ans après les gigantesques incendies de Gironde, les mêmes feux reviennent avec les mêmes débats et les mêmes retards. Yves d’Amécourt pointe une responsabilité trop souvent esquivée : derrière les incendiaires, c’est l’inflation normative et la paralysie administrative qui permettent aux flammes de prendre une telle ampleur.

Les incendiaires allument les flammes. La bureaucratie les nourrit.

Je mesure le caractère provocateur de cette formule. Je ne prétends évidemment pas que les fonctionnaires mettent le feu aux forêts. Je dis simplement qu’à force d’empêcher ceux qui les entretiennent de les protéger, notre administration finit parfois par créer les conditions de la catastrophe.

Les incendies qui ravagent aujourd’hui le Médoc, le Var, la Corse et d’autres régions françaises ne sont … Lire la suite

«Notre pays sait empêcher les professionnels de protéger la forêt mais pas stopper ceux qui la brûlent» [Le Figaro]

Un hélicoptère de lutte contre les incendies déverse de l’eau sur une zone touchée par un incendie de forêt près de Cotignac, le 23 juillet 2026. Manon Cruz / REUTERS

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que plusieurs incendies exceptionnels embrasent le Sud-Ouest et le Var, le viticulteur Yves D’Amécourt, également membre de Nouvelle Énergie, dénonce notre incapacité à tirer les leçons de l’été 2022 et les injonctions contradictoires formulées aux forestiers.

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Yves d’Amécourt, ancien élu local de Gironde (conseiller général, maire, président d’EPCI, conseiller régional) est viticulteur et sylviculteur, référent agriculture-forêt-ruralité et porte-voix de Nouvelle Énergie, ingénieur de l’école des mines d’Alès. Il est l’auteur de L’humain, l’écologie, la politique (Éditions du Bien Commun, avril 2026).

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Pendant que les pompiers … Lire la suite

L’eau ne disparaît jamais, elle voyage.

On parle beaucoup d’eau cet an-ci. On parle de pénuries, de sécheresses, de retenues, d’irrigation, de centrales nucléaires, de conflits d’usage. Mais on parle rarement de ce qui devrait pourtant être le point de départ de toute réflexion : le cycle de l’eau.

Nous raisonnons souvent comme si l’eau disparaissait. Elle ne disparaît presque jamais.

Chaque année, la France métropolitaine reçoit environ 500 milliards de mètres cubes d’eau sous forme de pluie ou de neige. C’est un volume considérable. Sous l’action du soleil, une partie, 300 milliards, retourne naturellement dans l’atmosphère par évaporation des sols, des rivières et des océans, mais surtout par l’évapotranspiration des plantes. Une autre partie s’infiltre et recharge les nappes phréatiques. Le reste alimente les ruisseaux, … Lire la suite

« La terre, premier capital de la nation » [La nouvelle revue politique]

Il est des mots que notre époque prononce avec gêne : propriété, capital, transmission. Comme s’ils étaient devenus suspects. Pourtant, en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen place la propriété au cœur des droits naturels et imprescriptibles, aux côtés de la liberté, de la sûreté et de la résistance à l’oppression¹. Ce n’est pas un détail d’histoire. C’est une architecture politique. Sans propriété protégée, la liberté devient dépendance. Sans capital, l’économie devient fragile. Sans transmission, la nation s’épuise. Et c’est peut-être dans nos campagnes que cette vérité apparaît aujourd’hui avec le plus de netteté.

Publié le 15 juin 2026 sur la Nouvelle Revue Politique

Le capital est né dans les champs.

Le mot « capital » … Lire la suite

[ENTRETIEN] « Une partie de la crise écologique est une crise de la transmission »

Yves d’Amécourt présente son nouveau livre, une ode à la France.

Entretien publié le 14 juin 2026 par Boulevard Voltaire

Yves d’Amécourt, bien connu des lecteurs de BV, est vigneron et élu local en Gironde. Dans son dernier livre, L’Humain, l’Écologie et la Politique (aux Éditions du Bien commun), il met à profit son expérience pour proposer une réflexion politique et philosophique sur l’écologie, la transmission et la place de l’Homme dans la société. Entretien avec un homme d’action amoureux de la France.

Chloé Pineault. Vous attachez une grande importance à « la vérité du monde réel », qui est le titre d’une des parties de votre ouvrage. Quelle part de votre expérience d’élu de terrain avez-vous mise … Lire la suite

[TRIBUNE] Yves d’Amécourt : Réconcilier l’Homme avec l’écologie

TRIBUNE. Dans son livre L’humain, l’écologie et la politique, Yves d’Amécourt plaide pour une écologie de responsabilité, fondée sur la confiance, les territoires et l’initiative humaine, loin d’une logique jugée technocratique et punitive.

Il existe aujourd’hui un étrange paradoxe français. Jamais l’écologie n’a occupé une place aussi importante dans le débat public. Et jamais, dans le même temps, les Français n’ont eu le sentiment d’être aussi éloignés des décisions prises en leur nom. L’écologie devait réconcilier l’homme avec la nature ; elle est devenue un facteur supplémentaire de fracture entre les élites administratives et le pays réel. À force de réglementations, d’interdictions, de culpabilisation permanente et de technocratie, nous avons fini par transformer une belle idée – protéger la … Lire la suite

Sainte-Soline ou l’art français de fabriquer l’absurde

Il pleut sur les Deux-Sèvres. Les sols sont gorgés d’eau. Les rivières débordent. Les fossés se remplissent. Les plaines sont saturées. Et pourtant, à Sainte-Soline, il est juridiquement interdit de remplir une réserve construite précisément pour stocker l’eau hivernale et éviter de pomper en été. Ce n’est pas une caricature. C’est un fait.

La Cour administrative d’appel de Bordeaux, dans sa décision du 18 décembre 2024, a jugé que l’autorisation délivrée pour plusieurs réserves de substitution du bassin de la Sèvre Niortaise, dont celle de Sainte-Soline, était illégale en l’absence d’une dérogation spécifique au titre des espèces protégées. Parmi elles : l’Outarde canepetière, oiseau de plaine classé au titre de la directive européenne « Oiseaux » et protégé par les … Lire la suite

Zones humides : quand le droit de l’environnement se déconnecte du terrain

Protéger les zones humides est une nécessité écologique largement partagée. Mais à force d’élargir silencieusement leur définition juridique, le droit de l’environnement en est venu à qualifier de « zones humides » des terrains secs, parfois bâtis ou cultivés depuis des siècles, sur la seule base de critères pédologiques abstraits. Cette dérive technocratique, fondée sur une lecture déconnectée du paysage et des usages, bloque l’aménagement des territoires ruraux sans bénéfice écologique démontré, et finit par affaiblir la cause qu’elle prétend défendre.

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La protection des zones humides est l’un de ces combats écologiques qui ne divisent pas. Et c’est heureux. Chacun comprend intuitivement ce que recouvre cette notion : un marais, une mare, un ruisseau, une rivière, une zone inondable, … Lire la suite

PPE3 : « La France n’a pas vocation à être l’amortisseur des erreurs énergétiques européennes » [The Epoch Times]

La PPE3 raisonne comme un document technocratique, alors que l’énergie est devenue un enjeu stratégique continental, déplore Yves d’Amécourt.

Epoch Times – La PPE3 a été une nouvelle fois reportée. Que vous inspire cet énième report ?

Yves d’Amécourt – Ce report n’est pas un simple contretemps administratif : il traduit une crise de lucidité stratégique. À l’heure où l’énergie est redevenue un instrument central de puissance économique et géopolitique, la France hésite là où elle devrait affirmer une vision claire.

Ce flottement est d’autant plus préoccupant qu’il intervient dans un contexte européen marqué par des choix énergétiques hasardeux. Ce n’est pas parce que l’Europe, emmenée par l’Allemagne, a engagé une trajectoire erronée que la France — qui disposait d’un … Lire la suite

Crise agricole française : le temps long contre le temps court [La nouvelle revue politique]

Il est des crises qui éclatent dans le fracas, occupent l’actualité, mobilisent gouvernements et experts, puis disparaissent avec la même rapidité qu’elles sont apparues. Et il en est d’autres, plus profondes, plus graves, presque silencieuses, qui ne connaissent ni commencement net ni résolution spectaculaire. Elles avancent à pas lents, s’installent dans les habitudes, sédimentent dans les décisions successives, jusqu’à devenir un état permanent.
La crise agricole française appartient à cette seconde catégorie. Elle ne surgit pas : elle s’installe. Elle ne surprend pas : elle use. Elle ne se résout pas par un plan : elle interroge une civilisation.


Car ce qui se joue aujourd’hui dans les campagnes françaises dépasse de loin la question des prix agricoles, des normes environnementales … Lire la suite

PPE3 : une décision sans mandat, un passage en force sans légitimité

Il est des moments où la question n’est plus seulement celle du bon choix politique, mais celle de la légitimité même à décider. La Programmation pluriannuelle de l’énergie, la PPE3, nous place aujourd’hui exactement à cet endroit de fracture.

Comment accepter que l’exécutif envisage d’adopter un texte engageant la France pour plusieurs décennies alors qu’il reconnaît lui-même ne pas connaître le coût global réel des énergies renouvelables, au point de lancer, dans le même temps, une mission d’audit destinée à en mesurer l’impact sur les finances publiques¹ ? Décider avant de savoir, programmer avant d’évaluer : cette inversion de la raison politique serait déjà contestable dans un contexte institutionnel stable. Elle devient proprement choquante dans la situation actuelle.

Car le … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

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