Ecologie

Zones humides : quand le droit de l’environnement se déconnecte du terrain

Protéger les zones humides est une nécessité écologique largement partagée. Mais à force d’élargir silencieusement leur définition juridique, le droit de l’environnement en est venu à qualifier de « zones humides » des terrains secs, parfois bâtis ou cultivés depuis des siècles, sur la seule base de critères pédologiques abstraits. Cette dérive technocratique, fondée sur une lecture déconnectée du paysage et des usages, bloque l’aménagement des territoires ruraux sans bénéfice écologique démontré, et finit par affaiblir la cause qu’elle prétend défendre.

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La protection des zones humides est l’un de ces combats écologiques qui ne divisent pas. Et c’est heureux. Chacun comprend intuitivement ce que recouvre cette notion : un marais, une mare, un ruisseau, une rivière, une zone inondable, … Lire la suite

PPE3 : « La France n’a pas vocation à être l’amortisseur des erreurs énergétiques européennes » [The Epoch Times]

La PPE3 raisonne comme un document technocratique, alors que l’énergie est devenue un enjeu stratégique continental, déplore Yves d’Amécourt.

Epoch Times – La PPE3 a été une nouvelle fois reportée. Que vous inspire cet énième report ?

Yves d’Amécourt – Ce report n’est pas un simple contretemps administratif : il traduit une crise de lucidité stratégique. À l’heure où l’énergie est redevenue un instrument central de puissance économique et géopolitique, la France hésite là où elle devrait affirmer une vision claire.

Ce flottement est d’autant plus préoccupant qu’il intervient dans un contexte européen marqué par des choix énergétiques hasardeux. Ce n’est pas parce que l’Europe, emmenée par l’Allemagne, a engagé une trajectoire erronée que la France — qui disposait d’un … Lire la suite

Crise agricole française : le temps long contre le temps court [La nouvelle revue politique]

Il est des crises qui éclatent dans le fracas, occupent l’actualité, mobilisent gouvernements et experts, puis disparaissent avec la même rapidité qu’elles sont apparues. Et il en est d’autres, plus profondes, plus graves, presque silencieuses, qui ne connaissent ni commencement net ni résolution spectaculaire. Elles avancent à pas lents, s’installent dans les habitudes, sédimentent dans les décisions successives, jusqu’à devenir un état permanent.
La crise agricole française appartient à cette seconde catégorie. Elle ne surgit pas : elle s’installe. Elle ne surprend pas : elle use. Elle ne se résout pas par un plan : elle interroge une civilisation.


Car ce qui se joue aujourd’hui dans les campagnes françaises dépasse de loin la question des prix agricoles, des normes environnementales … Lire la suite

PPE3 : une décision sans mandat, un passage en force sans légitimité

Il est des moments où la question n’est plus seulement celle du bon choix politique, mais celle de la légitimité même à décider. La Programmation pluriannuelle de l’énergie, la PPE3, nous place aujourd’hui exactement à cet endroit de fracture.

Comment accepter que l’exécutif envisage d’adopter un texte engageant la France pour plusieurs décennies alors qu’il reconnaît lui-même ne pas connaître le coût global réel des énergies renouvelables, au point de lancer, dans le même temps, une mission d’audit destinée à en mesurer l’impact sur les finances publiques¹ ? Décider avant de savoir, programmer avant d’évaluer : cette inversion de la raison politique serait déjà contestable dans un contexte institutionnel stable. Elle devient proprement choquante dans la situation actuelle.

Car le … Lire la suite

Barrages, marais et sécheresses : n’est pas « castor » qui peut, n’est pas « enfant du marais » qui veut

Barrage construit par des castors

On nous raconte une fable moderne : tout ce que la nature façonne serait bon par essence, tout ce que l’homme bâtit serait mauvais par principe. Ainsi des barrages : les castors les dressent et l’on applaudit ; l’homme les construit et l’on soupire, voire même, on les démolit. Cette facilité morale n’est pas à la hauteur des temps. À l’ère des sécheresses et des feux de forêt, cessons de jouer aux animaux — nous n’avons pas à nous faire passer pour des castors quand nous retenons l’eau, ni pour des loups quand nous régulons des populations. Il nous revient d’être des hommes libres et responsables, c’est-à-dire capables de distinguer, libres de discerner et responsables … Lire la suite

Incendies : laisser travailler ceux qui savent

On a tous en tête l’odeur rousse de l’été, la peau piquée par le vent chaud, le ciel qui se voile de fumée comme un mauvais présage. Dans l’Aude, l’été 2025 a éprouvé les terres et les hommes : des milliers d’hectares avalés en quelques heures, des villages cernés, des vignerons sonnés devant des ceps noircis. Et, partout, la même remarque, dite d’une voix fatiguée : la vigne, naguère, servait de coupe-feu ; à force d’arrachages, le feu a trouvé ses autoroutes¹. On aurait pu l’entendre plus tôt : la géographie rurale n’est pas un décor, c’est une ingénierie lente, patiente, faite de haies, de pistes, de pâturages, de vignes et de bois mûrement conduits.

Le feu, lui, n’est pas … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » — Bossuet

Il faut voir les tribunes indignées, les tweets rageurs, les pétitions enflammées. Plus d’1 million de signataire de la pétition contre la loi Duplomb ! À l’occasion du débat parlementaire, certains élus de la gauche radicale ont retrouvé leurs réflexes : protester, condamner sans vergogne, bloquer, et mentir outrageusement devant la représentation nationale ! L’objet de leur courroux ? La réintroduction, strictement encadrée, d’un insecticide : l’acétamipride[1].

Cette molécule, autorisée au niveau européen, est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays pour lutter contre des ravageurs spécifiques, notamment dans les cultures de la betterave, les vergers de pommiers ou de noisetiers. En France, elle … Lire la suite

Le béton qui se régénère : une leçon de modestie venue du nucléaire

Il y a parfois des nouvelles scientifiques qui bouleversent nos certitudes sans faire grand bruit. Une de celles-là vient d’être révélée dans un article étonnant publié par Le Gaz : certains bétons utilisés dans les centrales nucléaires… se régénèrent spontanément sous l’effet des radiations¹.

Oui, vous avez bien lu. Alors que l’on croyait que l’exposition prolongée aux neutrons dégradait irrémédiablement les structures en béton, une équipe de chercheurs japonais a démontré que le quartz, l’un des constituants de ces bétons, réorganise sa structure cristalline après déformation, réparant ainsi une partie des microfissures causées par le rayonnement².

Une découverte inattendue, presque poétique : au cœur d’un environnement que l’on dit hostile, un matériau inerte retrouve seul sa cohésion. Le béton, symbole … Lire la suite

Chauffage électrique : il est temps d’en finir avec le malus absurde de l’énergie primaire

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé sa volonté de ramener le coefficient d’énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9 à compter de janvier 2026. Objectif : faire revenir sur le marché locatif quelque 850 000 logements aujourd’hui exclus à cause d’un mauvais classement au DPE [1]. C’est un premier pas. Mais pourquoi marchander ce chiffre comme on négocierait une cote d’argus ? Il est temps de supprimer purement et simplement ce coefficient obsolète.


Une convention dépassée, héritée d’un autre temps

Ce fameux coefficient d’énergie primaire (Ep/Ef), appliqué à l’électricité dans le calcul des DPE, vise à prendre en compte l’énergie nécessaire à sa production, son transport et sa distribution. Jusqu’en 2021, il était fixé à 3,0. Depuis, … Lire la suite

Acétamipride : un retour maîtrisé, pas un recul écologique

Le Parlement a voté la réintroduction encadrée de l’acétamipride pour certaines cultures sensibles, notamment la noisette, dans le cadre de la loi DUPLOMB. Cette décision, souvent caricaturée comme un « retour des pesticides tueurs d’abeilles », mérite d’être éclairée avec rigueur. Il ne s’agit pas de nier les dangers inhérents à cette molécule, mais de rappeler un principe essentiel en toxicologie : le danger n’est pas le risque1.

L’acétamipride est effectivement un insecticide néonicotinoïde2. Il partage certaines propriétés avec des substances aujourd’hui interdites (imidaclopride, clothianidine), mais il présente une toxicité bien plus faible pour les abeilles3. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’il reste autorisé au niveau européen jusqu’en 20334, et que l’ANSES, … Lire la suite

Pour agir sur le climat, il y a mieux que les verts : il y a la chlorophyle !

On nous dit que le changement climatique est irréversible, que le CO₂ s’accumule depuis deux siècles et qu’il en faudra dix pour l’en faire partir. Les uns nous promette des solutions technologiques lointaines, complexes, hors de portée. Les autres nous propose la décroissance, la dénatalité et la précarité. Ils nous proposent de réensauvager la nature, d’en faire disparaître l’homme ! Les uns nous expliquent qu’il faut agir. Les autres nous disent que c’est trop tard. Les sociétés doutent. Le doute profite aux manigances et aux profiteurs. Se degage de tout cela un sentiment d’impuissance. Il est entretenu par ceux qui en tirent des bénéfices : financiers, politiques, philosophiques …

Et si, au lieu de nous résigner à l’impuissance, nous engagions … Lire la suite

Éolien, solaire : pour une politique énergétique fondée sur la réalité, pas sur le mimétisme

La transition énergétique est une nécessité. Mais cela n’autorise pas à faire n’importe quoi, n’importe où, au nom d’une bonne cause. En matière d’énergies renouvelables intermittentes, il est urgent de rappeler quelques fondamentaux : la différence entre puissance installée et production réelle, l’adéquation entre production et besoins, les coûts cachés de l’intermittence, et surtout, la finalité climatique qui devrait guider chaque choix selon les contextes nationaux. La France, dont l’électricité est déjà largement décarbonée, doit sortir du mimétisme pour retrouver le sens des réalités.

I. Une éolienne n’est pas un barrage, un panneau solaire n’est pas une centrale nucléaire, la puissance installée n’est pas la puissance délivrée

On parle beaucoup de « puissance installée » lorsqu’il s’agit d’énergies renouvelables. Mais … Lire la suite

« Il est urgent de redonner aux viticulteurs la liberté d’innover », estime Yves d’Amécourt

Yves d’Amécourt, viticulteur en Gironde et ancien secrétaire général du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, est référent ruralité, agriculture, forêt, pêche du parti Nouvelle Énergie fondé par David Lisnard. En exclusivité pour Agriculture & Environnement, il revient sur les causes de la crise que traverse la viticulture et propose quelques pistes pour en sortir.

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Chasse et biodiversité : quand l’idéologie se pare des habits de la science

Ce mercredi, au Sénat, la ministre de la Transition écologique a tenté de défendre l’indéfendable. Interpellée par le sénateur Pierre Cuypers (photo) sur son projet d’arrêté limitant la chasse de plusieurs espèces dites « en déclin », Agnès Pannier-Runacher a multiplié approximations, contradictions et pirouettes rhétoriques. Le tout, en invoquant comme bouclier cette Europe dont le gouvernement se réclame quand cela l’arrange — mais qu’il oublie volontiers lorsqu’il s’agit de défendre la filière nucléaire, la pêche ou l’agriculture.

Une ministre en roue libre sur les espèces

La « polombe » évoquée par la ministre restera dans les annales. Après le fuligule « malouin », voici donc la chasse à la « polombe » ! L’approximation n’est pas qu’une anecdote : … Lire la suite

Agriculture biologique : quand la micro-écologie contredit la macro-écologie

L’agriculture biologique jouit d’une image flatteuse dans l’opinion : elle serait « bonne pour le climat », « respectueuse de la biodiversité », « économe en ressources et en énergie ». On vante ses circuits courts, ses sols vivants, ses paysages variés. Mais qu’en disent réellement les sciences du climat et de la biodiversité ?

En s’en tenant non aux résumés politiques du GIEC et de l’IPBES, mais aux rapports scientifiques eux-mêmes, force est de constater que la réponse est bien plus nuancée que les slogans des écologistes.


Ce que dit le GIEC : moins de rendement, plus de terres, pas moins d’émissions

Dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC (groupe III, volet scientifique), l’agriculture biologique apparaît comme une solution … Lire la suite

Faire des déchets une ressource : la réponse responsable au défi environnemental

Pointe-Noire au Congo-Brazzaville photo Yves d’Amécourt

À l’occasion du sommet sur les océans de Nice, la question des plastiques marins a ressurgi avec force. C’est légitime. Mais c’est souvent mal posé. À chaque fois, le même réflexe : interdire, bannir, culpabiliser. Interdire les emballages, bannir le plastique, dénoncer le consommateur. Cette approche simpliste fait l’économie d’une réalité complexe : ce ne sont pas nos pailles en carton ou nos barquettes en plastique recyclé qui asphyxient les océans. Ce sont, pour l’essentiel, des déchets non collectés, non traités, déversés par les grands fleuves d’Asie et d’Afrique¹. Le vrai problème est là. Et la solution ne réside pas dans une politique de décroissance punitive, mais dans le développement massif de filières de … Lire la suite

Bertrand Alliot : l’homme qui ose briser les idoles vertes

Un hommage à l’auteur de « Comprendre l’incroyable écologie »

Une écologie devenue idolâtrie

Avec Bertrand Alliot, nous avons compris assez tôt que l’écologie, telle qu’elle est déclamée aujourd’hui, n’est ni une science, ni une politique, ni même une véritable religion. Elle s’apparente plutôt à une idolâtrie : une vénération aveugle d’une Nature idéalisée, un rejet viscéral de l’homme, une sanctification de la planète où le réel n’a plus sa place.

Ceux qui tombent dans ses rets ne sont pas les plus humbles ni les plus proches de la terre. Ils sont souvent urbains, ou néo-ruraux récemment convertis, déconnectés du vivant autant que fascinés par lui. Leur méconnaissance de la nature est flagrante : ils ignorent ses excès, ses cycles, … Lire la suite

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