Fables, nouvelles, histoires naturelles ou technologiques

L’accent – Miguel Zamacoïs (1866-1955)

De l’accent! De l’accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c’est vous qui pour nous semblez l’avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
« Ces gens là n’ont pas le parler de tout le monde! »

Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l’accent, pour nous, c’est en avoir…
Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
Ceux qui n’ont pas d’accent, je ne puis que les plaindre!

Emporter de chez soi les accents familiers,
C’est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d’Auvergne ou … Lire la suite

Le coq et les flamants roses.

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Un jour sur les bords de l’étang de Vaccarès, comme les flamants roses dégustaient des crevettes, passa un coq. Un coq gaulois.

Qui êtes-vous fit le coq, qui n’avait jamais vu de flamants roses ?

« J’envie vos grandes pattes, votre couleur rose, votre long bec … J’aimerais comme vous, marcher dans le marais, sans mouiller mes plumes ! »

« Ah ! » fit l’un des flamants roses… « Rapproches toi de dame nature. C’est elle qui nous ainsi doté : nous sommes roses car nous mangeons les crevettes, nos pattes sont longues pour mieux les voir dans l’onde, et notre bec, nous permet de mieux les attraper ! »

« Moi aussi j’aime les crevettes, fit le coq. … Lire la suite

François, Jean-Marc, Pierre, Paul, Jacques … et nous.

Jean-Marc doit économiser 100 €uros. Mais au lieu de cela, pendant l’été, il dépense encore 200 € de plus… Il doit donc trouver 300 €uros… Il va donc voir François… François dit à Pierre et à Paul : « Jean-Marc a besoin de 300 €, partageons en 3 : 100 €uros pour lui, 100 €uros pour Pierre et 100 €uros pour Paul ! »

Résultat : Jean-Marc doit toujours trouver 100 € d’économie, et il fait payer ses dépenses supplémentaires à Pierre et Paul ! Et quand on lui demande : « Comment vas-tu faire pour trouver 100 € », il répond : « Je m’engage à ne pas dépenser plus ».

Il y a fort à parier qu’après avoir … Lire la suite

Le héron, la mangouste et le lévrier

Le_heron_la_mangouste_et_le_levrier.jpgUn héron, au bord de la rivière, là où l’eau est paisible , regardait passer les poissons ! Il admirait le reflet de son image dans l’eau claire : « je suis beau, je suis le plus fort, je suis le héron ! »

« Sans moi, la rivière ne coulerait pas. Sans moi, pas d’eau, pas de torrent, pas de cascades, pas de cultures, … Sans mon image sur l’onde, elle n’aurait pas la même allure. De la rivière, je suis la source et l’embouchure. Je suis l’Alpha et l’Omega de la nature.»

Non loin de là, vint à passer une mangouste. C’était une amie du blaireau. Dès qu’il avait le dos tourné, elle disait du bien de lui … Lire la suite

Perrette et le pot de lait (Jean de Lafontaine)

Perrette, sur sa tête ayant un pot de lait,
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue, elle allait à grands pas,
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait; en employant l’argent;
Achetait un cent d’oeufs, faisait triple couvée:
La chose allait à bien par son soin diligent.

«Il m’est, disait-elle, facile
D’élever des poulets autour de ma maison;
Le renard sera bien habile
S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s’engraisser coûtera peu de son;
Il était, quand je l’eus, de grosseur raisonnable:
J’aurai, le … Lire la suite

Le nouveau « gros-mot » des écolos : l’huile de palme !

La culture du palmier à huile et l’huile de palme alimentent aujourd’hui un débat passionné, au centre de nombreux thèmes d’actualité : déforestation, « malbouffe », biodiversité, déforestation, réchauffement climatique…

« Sauvons le monde, ne consommons plus d’huile de palme ! ». On voit fleurir ce slogan sur tous les emballages, après l’emballement des réseaux sociaux, c’est la grande distribution qui s’en est emparé.

Au coeur des repproches : « la déforestation en Indonésie au profit du lobby industriel et de la world-company » ! Tous les clichés sont là. Personne n’est aller voir. On oublie que de nombreuses, très nombreuses familles rurales des zones tropicales d’Afrique et d’Asie vivent de la culture du palmiste, de la production d’huile et … Lire la suite

Les buveurs de bière.

Un_verre_de_biere.jpgIls étaient de vieux amis, tous Européens, tous immigrés en Irlande : il y avait là un Français, un Allemand, un Tchèque, un Belge, un Slovène…

Chaque semaine, ils se retrouvaient au Pub, à Dublin, sur Temple Bar. Chaque semaine, il y avait ceux qui buvaient deux pintes. Ceux qui en buvaient 3. Ceux qui n’en buvaient qu’une. Il y avait ceux qui buvaient une Guinness brune, et ceux qui préféraient boire une Smithwick’s rousse. Chaque semaine, à 10, avec quelques snacks, la note était d’environ 100 euros.

Chacun aurait dû payer 10 €uros, ou bien ses propres consommations. Mais nos dix amis qui avaient des moyens différents, selon leur pays d’origine, selon leur emploi, selon leur famille, décidèrent de … Lire la suite

« L’impromptu de Berlin », un régal en alexandrins (auteur anonyme)

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.

Nicolas :

Madame, l’heure est grave : alors que Berlin danse
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l’Estrémadoure
Entendez les Romains: ils appellent au secours !
Ils scrutent l’horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, Madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m’ont fait l’interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu’on ne leur prête
Ce … Lire la suite

Un jeune coq dans le « kaki no ki ».

Le_coq__les_poules_et_le_kaki.JPGDans la basse cour poussait un magnifique kaki no ki. Chaque jour, depuis le début de l’automne, après la chute des feuilles, poules, coqs et poussins, dès le matin, attendaient que les kaki, fruits du kaki no ki, tombent à terre pour les pouvoir manger.

Sous l’arbre, une poule savante tenait régulièrement des conférences: « Ce fruit, voyez-vous, peut contenir jusqu’à 8 graines. On le tient du Capitaine Cook -prononcez « coq »-, qui en 1768 le ramena en Europe. Son nom vient du Japon. Nos sœurs d’Algérie l’appellent « œil de vache » (Aïn El Bagra). Il contient du carotène, des lycopènes et des xanthines en abondance. C’est l’un des fruits les plus riches en provitamine A. »

«oh»Lire la suite

L’affaire des tulipes hollandaises, premières folies spéculative de l’histoire…

bulbes_de_tulipes.jpgL’histoire des systèmes financiers est jalonnée de crises : l’affaire Law à Londres en 1719, la terrible crise de 1929, le krach de 1987, la crise asiatique de 1997, l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la crise des sub-prime en 2008, pour ne citer que quelques épisodes retentissants… Mais la 1ère affaire du « bulle » est sans conteste la spéculation effrénée sur les bulbes de tulipe en Hollande dans les années 30, 1630 !

Cette bulle financière connue sous le nom de “tulipomania” a explosé en février 1637.

En 1633, c’est le début de la bulle: à Hoorn, un amateur offre une maison contre trois tulipes rares.

A partir de 1635, les bulbes ne s’échangent plus uniquement pendant … Lire la suite

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans (Arthur Rimbaud)

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On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
− Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
− On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, − la ville n’est pas loin -,!
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

− Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse … Lire la suite

La « mèche hollandaise ».

Au XVIè siècle, les Hollandais inventèrent la mèche de souffre dite « mèche hollandaise » qui, brûlée dans la barrique, permet au vin non seulement de se conserver mais de s’améliorer en vieillissant. Cette invention permet le développement des vignobles à vin blanc liquoreux, car cet usage du souffre permet de stopper la fermentation avant sa fin et donc de conserver du sucre résiduel. Ce fut une véritable révolution pour le vin.

Le 5 Septembre 1383, le Château Tropeyte (aujourd’hui Place des Quinconces) protégeait la ville de Bordeaux des envahisseurs venant du Nord par le fleuve. C’est cette année-là que les moines de l’ordre des Chartreux de Vauclaire en Périgueux s’installèrent dans les marais de l’Audeyola situés en aval du … Lire la suite

Un petit sac poubelle au milieu de la prairie…

Un dimanche de printemps, alors que le soleil brillait, en haut de la colline, au bord de la route sinueuse, une prairie attirait tous les regards. L’herbe fraiche, les fleurs des prés, des odeurs de pollen, un léger vent frais : tout était là pour faire de cette prairie, un petit coin de paradis. Un touriste de passage ne s’y trompa pas. Il s’arrêta là avec toute sa famille pour prendre un repas, prendre l’air, admirer la vue. Le pique-nique pris, à cet endroit, des allures de repas gastronomique !

A la fin du déjeuner, après une bonne sieste, la famille repart.

Mais, sur l’herbe fraiche, pour remercier la nature, elle laissa ses restes. Un petit sac avec le plastique, … Lire la suite

La nature réconfortante.

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Il y a des jours de grande tristesse, où la nature se livre à vous dans sa grande beauté, dans sa simplicité, comme pour vous consoler… C’est ce jour là, comme par enchantement, le signe que vous attendiez.

Le concombre n’y était pour rien !

Dans sa folie accusatrice, le Filet Mondial de l’Information c’était refermé sur le concombre. Il fut mis en examen ! Le cucurbitacé était accusé de tous les mots : plus de concombre dans les caddies, plus de concombre dans les écoles, des tonnes de concombres à la poubelle, … Les frontières avec la Russie furent fermées pour les grosses légumes venus d’Europe ! Les cornichons commençaient à s’inquiéter, les courges et les citrouilles aussi. Dès que les médias sauraient qu’ils étaient cousins, la folie les emporterait tous… Mais voilà qu’on découvre que le concombre inculpé, qui , soit dit en passant, n’a jamais été présumé innocent, n’y était pour rien !

Une nouvelle fois, le système s’est emballé avant de … Lire la suite

Les grenouilles et le héron

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Dans la marre aux grenouilles, le printemps fait chanter. Chacun y va de son refrain sur l’état du monde, sur la politique générale, sur le temps qu’il fait.
« Tu crois dis l’une ? tu crois dis l’autre ? Moi je n’y crois plus dis la troisième, croaaa, croaaa, …. »
Les grenouilles sont en proie au doute, rien ne va plus, le débat fait rage. Le printemps est-il à l’heure, en retard, en avance ? Et pour la marre aux grenouilles, quelle conséquence ?
Ce débat, on l’entend dans toute la campagne. Chaque année, au printemps, c’est le même rituel. Certains ne le supportent plus, d’autre ont des insomnies. « Tu crois dis l’une ? tu crois dis l’autre … Lire la suite

Pour Léopoldine, sa fille.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo a écrit ce poème, sans titre, autobiographique, le 4 octobre 1847 pour sa fille Lire la suite

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