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[TRIBUNE] La France laisse mourir ses agriculteurs et feint de s’en étonner

« La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété. » Tribune publiée le 11 janvier 2025 sur Boulevard Voltaire.

La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété : celui du temps court contre le temps long, de l’idéologie contre le réel, de la posture morale contre la souveraineté.

Depuis des années, les gouvernements successifs traitent l’agriculture non comme une activité vitale, mais comme un problème à encadrer. Chaque crise donne lieu à un plan d’urgence, chaque colère à une promesse, chaque drame à un chèque. Mais jamais à une remise en cause de fond. On colmate, on subventionne, … Lire la suite

PPE3 : « La France n’a pas vocation à être l’amortisseur des erreurs énergétiques européennes » [The Epoch Times]

La PPE3 raisonne comme un document technocratique, alors que l’énergie est devenue un enjeu stratégique continental, déplore Yves d’Amécourt.

Epoch Times – La PPE3 a été une nouvelle fois reportée. Que vous inspire cet énième report ?

Yves d’Amécourt – Ce report n’est pas un simple contretemps administratif : il traduit une crise de lucidité stratégique. À l’heure où l’énergie est redevenue un instrument central de puissance économique et géopolitique, la France hésite là où elle devrait affirmer une vision claire.

Ce flottement est d’autant plus préoccupant qu’il intervient dans un contexte européen marqué par des choix énergétiques hasardeux. Ce n’est pas parce que l’Europe, emmenée par l’Allemagne, a engagé une trajectoire erronée que la France — qui disposait d’un … Lire la suite

Crise agricole française : le temps long contre le temps court [La nouvelle revue politique]

Il est des crises qui éclatent dans le fracas, occupent l’actualité, mobilisent gouvernements et experts, puis disparaissent avec la même rapidité qu’elles sont apparues. Et il en est d’autres, plus profondes, plus graves, presque silencieuses, qui ne connaissent ni commencement net ni résolution spectaculaire. Elles avancent à pas lents, s’installent dans les habitudes, sédimentent dans les décisions successives, jusqu’à devenir un état permanent.
La crise agricole française appartient à cette seconde catégorie. Elle ne surgit pas : elle s’installe. Elle ne surprend pas : elle use. Elle ne se résout pas par un plan : elle interroge une civilisation.


Car ce qui se joue aujourd’hui dans les campagnes françaises dépasse de loin la question des prix agricoles, des normes environnementales … Lire la suite

OGM : il est temps de redonner à la science la place qui lui revient dans le débat public.

On croyait le sujet épuisé. Et pourtant, une nouvelle publication scientifique rouvre le débat avec rigueur. Une équipe de chercheurs chinois, sans lien apparent avec les multinationales de l’agrochimie ni avec une quelconque organisation militante, vient de publier dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry une étude concluant à l’innocuité d’un maïs génétiquement modifié sur plusieurs générations d’animaux de laboratoire. L’étude a été financée par des institutions publiques, notamment l’Académie des sciences médicales de Chine et la province du Yunnan.

L’information est majeure : car l’étude n’est pas orientée par l’industrie, et elle ne s’inscrit pas dans une démarche militante. Elle repose sur une méthodologie classique, reproductible, validée par les pairs dans une revue scientifique prestigieuse publiée par l’American … Lire la suite

Un DPE « climaticide » !

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), obligatoire depuis 2006, a changé de nature en 2021 : il est devenu opposable, autrement dit, il engage la responsabilité du vendeur ou du bailleur. Cette évolution aurait pu être salutaire si le DPE reflétait fidèlement les performances énergétiques et climatiques des logements. Mais il fait exactement le contraire.

Par un mécanisme opaque et abscons, le DPE pénalise lourdement l’électricité — y compris lorsqu’elle est d’origine nucléaire, hydraulique ou solaire — et valorise à l’inverse les systèmes de chauffage au gaz naturel ou au fioul, pourtant bien plus émetteurs de gaz à effet de serre. Un comble, à l’heure où la France prétend réduire de moitié ses émissions d’ici 2030.

Le cœur du problème … Lire la suite

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » — Bossuet

Il faut voir les tribunes indignées, les tweets rageurs, les pétitions enflammées. Plus d’1 million de signataire de la pétition contre la loi Duplomb ! À l’occasion du débat parlementaire, certains élus de la gauche radicale ont retrouvé leurs réflexes : protester, condamner sans vergogne, bloquer, et mentir outrageusement devant la représentation nationale ! L’objet de leur courroux ? La réintroduction, strictement encadrée, d’un insecticide : l’acétamipride[1].

Cette molécule, autorisée au niveau européen, est aujourd’hui utilisée dans une vingtaine de pays pour lutter contre des ravageurs spécifiques, notamment dans les cultures de la betterave, les vergers de pommiers ou de noisetiers. En France, elle … Lire la suite

Le béton qui se régénère : une leçon de modestie venue du nucléaire

Il y a parfois des nouvelles scientifiques qui bouleversent nos certitudes sans faire grand bruit. Une de celles-là vient d’être révélée dans un article étonnant publié par Le Gaz : certains bétons utilisés dans les centrales nucléaires… se régénèrent spontanément sous l’effet des radiations¹.

Oui, vous avez bien lu. Alors que l’on croyait que l’exposition prolongée aux neutrons dégradait irrémédiablement les structures en béton, une équipe de chercheurs japonais a démontré que le quartz, l’un des constituants de ces bétons, réorganise sa structure cristalline après déformation, réparant ainsi une partie des microfissures causées par le rayonnement².

Une découverte inattendue, presque poétique : au cœur d’un environnement que l’on dit hostile, un matériau inerte retrouve seul sa cohésion. Le béton, symbole … Lire la suite

Chauffage électrique : il est temps d’en finir avec le malus absurde de l’énergie primaire

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé sa volonté de ramener le coefficient d’énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9 à compter de janvier 2026. Objectif : faire revenir sur le marché locatif quelque 850 000 logements aujourd’hui exclus à cause d’un mauvais classement au DPE [1]. C’est un premier pas. Mais pourquoi marchander ce chiffre comme on négocierait une cote d’argus ? Il est temps de supprimer purement et simplement ce coefficient obsolète.


Une convention dépassée, héritée d’un autre temps

Ce fameux coefficient d’énergie primaire (Ep/Ef), appliqué à l’électricité dans le calcul des DPE, vise à prendre en compte l’énergie nécessaire à sa production, son transport et sa distribution. Jusqu’en 2021, il était fixé à 3,0. Depuis, … Lire la suite

Pour agir sur le climat, il y a mieux que les verts : il y a la chlorophyle !

On nous dit que le changement climatique est irréversible, que le CO₂ s’accumule depuis deux siècles et qu’il en faudra dix pour l’en faire partir. Les uns nous promette des solutions technologiques lointaines, complexes, hors de portée. Les autres nous propose la décroissance, la dénatalité et la précarité. Ils nous proposent de réensauvager la nature, d’en faire disparaître l’homme ! Les uns nous expliquent qu’il faut agir. Les autres nous disent que c’est trop tard. Les sociétés doutent. Le doute profite aux manigances et aux profiteurs. Se degage de tout cela un sentiment d’impuissance. Il est entretenu par ceux qui en tirent des bénéfices : financiers, politiques, philosophiques …

Et si, au lieu de nous résigner à l’impuissance, nous engagions … Lire la suite

Éolien, solaire : pour une politique énergétique fondée sur la réalité, pas sur le mimétisme

La transition énergétique est une nécessité. Mais cela n’autorise pas à faire n’importe quoi, n’importe où, au nom d’une bonne cause. En matière d’énergies renouvelables intermittentes, il est urgent de rappeler quelques fondamentaux : la différence entre puissance installée et production réelle, l’adéquation entre production et besoins, les coûts cachés de l’intermittence, et surtout, la finalité climatique qui devrait guider chaque choix selon les contextes nationaux. La France, dont l’électricité est déjà largement décarbonée, doit sortir du mimétisme pour retrouver le sens des réalités.

I. Une éolienne n’est pas un barrage, un panneau solaire n’est pas une centrale nucléaire, la puissance installée n’est pas la puissance délivrée

On parle beaucoup de « puissance installée » lorsqu’il s’agit d’énergies renouvelables. Mais … Lire la suite

Canicule : vive la clim ! N’en déplaise aux écolos.

À chaque vague de chaleur, c’est le même scénario dans certaines communes françaises : on ferme les écoles, on renvoie les enfants chez eux à 10 h du matin, on annule les activités périscolaires ou sportives, « à cause du climat ». Mais plutôt que d’adapter les bâtiments ou d’investir dans des solutions modernes – climatisation, ventilation, ombrage – on préfère s’en remettre à l’idéologie, à la pénitence, voire au renoncement. Imaginez le sourire de nos compatriotes des Outremers lorsqu’ils regardent les informations !

Le gros mot du moment : “la clim”, au nom de l’écologie. On empêche les collectivités de s’en doter. Résultat : la France est l’un des pays les moins bien équipés d’Europe⁴. Et pourtant, c’est en … Lire la suite

« Il est urgent de redonner aux viticulteurs la liberté d’innover », estime Yves d’Amécourt

Yves d’Amécourt, viticulteur en Gironde et ancien secrétaire général du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, est référent ruralité, agriculture, forêt, pêche du parti Nouvelle Énergie fondé par David Lisnard. En exclusivité pour Agriculture & Environnement, il revient sur les causes de la crise que traverse la viticulture et propose quelques pistes pour en sortir.

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Chasse et biodiversité : quand l’idéologie se pare des habits de la science

Ce mercredi, au Sénat, la ministre de la Transition écologique a tenté de défendre l’indéfendable. Interpellée par le sénateur Pierre Cuypers (photo) sur son projet d’arrêté limitant la chasse de plusieurs espèces dites « en déclin », Agnès Pannier-Runacher a multiplié approximations, contradictions et pirouettes rhétoriques. Le tout, en invoquant comme bouclier cette Europe dont le gouvernement se réclame quand cela l’arrange — mais qu’il oublie volontiers lorsqu’il s’agit de défendre la filière nucléaire, la pêche ou l’agriculture.

Une ministre en roue libre sur les espèces

La « polombe » évoquée par la ministre restera dans les annales. Après le fuligule « malouin », voici donc la chasse à la « polombe » ! L’approximation n’est pas qu’une anecdote : … Lire la suite

Agriculture biologique : quand la micro-écologie contredit la macro-écologie

L’agriculture biologique jouit d’une image flatteuse dans l’opinion : elle serait « bonne pour le climat », « respectueuse de la biodiversité », « économe en ressources et en énergie ». On vante ses circuits courts, ses sols vivants, ses paysages variés. Mais qu’en disent réellement les sciences du climat et de la biodiversité ?

En s’en tenant non aux résumés politiques du GIEC et de l’IPBES, mais aux rapports scientifiques eux-mêmes, force est de constater que la réponse est bien plus nuancée que les slogans des écologistes.


Ce que dit le GIEC : moins de rendement, plus de terres, pas moins d’émissions

Dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC (groupe III, volet scientifique), l’agriculture biologique apparaît comme une solution … Lire la suite

Faire des déchets une ressource : la réponse responsable au défi environnemental

Pointe-Noire au Congo-Brazzaville photo Yves d’Amécourt

À l’occasion du sommet sur les océans de Nice, la question des plastiques marins a ressurgi avec force. C’est légitime. Mais c’est souvent mal posé. À chaque fois, le même réflexe : interdire, bannir, culpabiliser. Interdire les emballages, bannir le plastique, dénoncer le consommateur. Cette approche simpliste fait l’économie d’une réalité complexe : ce ne sont pas nos pailles en carton ou nos barquettes en plastique recyclé qui asphyxient les océans. Ce sont, pour l’essentiel, des déchets non collectés, non traités, déversés par les grands fleuves d’Asie et d’Afrique¹. Le vrai problème est là. Et la solution ne réside pas dans une politique de décroissance punitive, mais dans le développement massif de filières de … Lire la suite

Bertrand Alliot : l’homme qui ose briser les idoles vertes

Un hommage à l’auteur de « Comprendre l’incroyable écologie »

Une écologie devenue idolâtrie

Avec Bertrand Alliot, nous avons compris assez tôt que l’écologie, telle qu’elle est déclamée aujourd’hui, n’est ni une science, ni une politique, ni même une véritable religion. Elle s’apparente plutôt à une idolâtrie : une vénération aveugle d’une Nature idéalisée, un rejet viscéral de l’homme, une sanctification de la planète où le réel n’a plus sa place.

Ceux qui tombent dans ses rets ne sont pas les plus humbles ni les plus proches de la terre. Ils sont souvent urbains, ou néo-ruraux récemment convertis, déconnectés du vivant autant que fascinés par lui. Leur méconnaissance de la nature est flagrante : ils ignorent ses excès, ses cycles, … Lire la suite

90% des déchets plastiques dans les océans proviennent-ils vraiment de 10 fleuves d’Asie et d’Afrique ? [TF1 info]

Àqui la faute ? Alors que le sommet des Nations Unies sur l’océan(nouvelle fenêtre) (UNOC-3) s’est ouvert à Nice et que la France se positionne comme un acteur important de la lutte contre la pollution plastique, certains jugent que ce n’est pas à l’Hexagone de se mobiliser. En effet, d’autres pays seraient les principaux responsables. « Il faut arrêter d’emmerder les Français ! 90 % des déchets plastique retrouvés dans les océans proviennent de seulement dix cours d’eau asiatiques et africains. En tête de classement, on retrouve le fleuve Yang-Tsé, en Chine », s’exclame Yves d’Amécourt, ancien élu de Gironde sur X , en réponse à une publication d’Agnès Pannier-Runacher, la Ministre de la Transition écologique. Le politicien … Lire la suite

Tout est faux, ou presque, dans le discours d’Agnès Pannier-Runacher

Il est des moments où le bon sens réclame qu’on lève le voile. Où la réalité, trop longtemps pliée aux discours, finit par resurgir, brutale, incontestable. Le discours d’Agnès Pannier-Runacher, incarnation d’une écologie d’apparat, concentre à lui seul ces contradictions qui sapent la confiance des Français, et affaiblissent l’État. Il faut le dire avec calme, mais avec fermeté : tout est faux, ou presque, dans cette rhétorique officielle.

Prenons la question de la santé publique, souvent invoquée pour justifier l’interdiction des véhicules anciens dans les centres-villes. Ainsi le projet des Zones à Faibles Émissions (ZFE) [1] proposait (aujourd’hui abandonné) de chasser les conducteurs modestes au nom des particules fines. Mais dans le même temps, dans les funestes DPE, on décourage … Lire la suite

Pour une politique énergétique de souveraineté et de bon sens

À l’heure des incertitudes géopolitiques, de la flambée des prix de l’énergie et du défi climatique, la question énergétique n’est plus simplement technique ou environnementale : elle est devenue un enjeu vital de souveraineté, de compétitivité et de stabilité nationale. La France doit sortir des logiques idéologiques pour renouer avec une stratégie fondée sur l’efficacité, l’indépendance et la cohérence.

C’est dans ce contexte qu’une proposition de loi récemment débattue vise à fixer une trajectoire énergétique de long terme. Parmi ses orientations, la relance de la filière nucléaire française mérite d’être saluée, encouragée et amplifiée.

Le nucléaire : pilier décarboné, pilotable et stratégique

Depuis les années 1970, la France s’est dotée d’un parc nucléaire unique en Europe, qui lui a permis … Lire la suite

Santé publique : la grande incohérence des politiques phytosanitaires

TRIBUNE. Alors que l’on exige toujours plus de rigueur et que l’on impose toujours plus de contraintes aux professionnels de l’agriculture, de la viticulture, de l’élevage ou des espaces verts, comme en témoigne le débat actuel à l’Assemblée nationale, certaines substances interdites dans les exploitations continuent de circuler librement dans les produits destinés aux particuliers. Cette incohérence réglementaire interroge : pourquoi interdire à ceux qui savent et laisser faire ceux qui ignorent ? Il est temps de rétablir le bon sens et de remettre la compétence au cœur des politiques de santé publique.

Par Yves d’Amécourt, Thomas Danrée, Angélique Delahaye, Emmanuel Ferrand, Théo Legrand, Thierry Moisy, Arthur Portier

Publié le 1 juin 2025 à 11h00 sur le site VALEURS ACTUELLESLire la suite

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