Billets d’humeur, coups de gueule, humour, divers…

« Il est urgent de redonner aux viticulteurs la liberté d’innover », estime Yves d’Amécourt

Yves d’Amécourt, viticulteur en Gironde et ancien secrétaire général du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, est référent ruralité, agriculture, forêt, pêche du parti Nouvelle Énergie fondé par David Lisnard. En exclusivité pour Agriculture & Environnement, il revient sur les causes de la crise que traverse la viticulture et propose quelques pistes pour en sortir.

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Chasse et biodiversité : quand l’idéologie se pare des habits de la science

Ce mercredi, au Sénat, la ministre de la Transition écologique a tenté de défendre l’indéfendable. Interpellée par le sénateur Pierre Cuypers (photo) sur son projet d’arrêté limitant la chasse de plusieurs espèces dites « en déclin », Agnès Pannier-Runacher a multiplié approximations, contradictions et pirouettes rhétoriques. Le tout, en invoquant comme bouclier cette Europe dont le gouvernement se réclame quand cela l’arrange — mais qu’il oublie volontiers lorsqu’il s’agit de défendre la filière nucléaire, la pêche ou l’agriculture.

Une ministre en roue libre sur les espèces

La « polombe » évoquée par la ministre restera dans les annales. Après le fuligule « malouin », voici donc la chasse à la « polombe » ! L’approximation n’est pas qu’une anecdote : … Lire la suite

Agriculture biologique : quand la micro-écologie contredit la macro-écologie

L’agriculture biologique jouit d’une image flatteuse dans l’opinion : elle serait « bonne pour le climat », « respectueuse de la biodiversité », « économe en ressources et en énergie ». On vante ses circuits courts, ses sols vivants, ses paysages variés. Mais qu’en disent réellement les sciences du climat et de la biodiversité ?

En s’en tenant non aux résumés politiques du GIEC et de l’IPBES, mais aux rapports scientifiques eux-mêmes, force est de constater que la réponse est bien plus nuancée que les slogans des écologistes.


Ce que dit le GIEC : moins de rendement, plus de terres, pas moins d’émissions

Dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC (groupe III, volet scientifique), l’agriculture biologique apparaît comme une solution … Lire la suite

Retrouver l’espérance dans un monde biaisé

Nous vivons dans une époque paradoxale. Jamais dans l’histoire de l’humanité il n’y eut autant de progrès mesurables : recul de la pauvreté, allongement de l’espérance de vie, accès à l’éducation, diminution de la violence à long terme. Et pourtant, rarement nos sociétés n’ont paru aussi inquiètes, aussi désabusées, aussi méfiantes face à l’avenir.

Cette dissonance n’est pas un hasard. Elle tient à la façon dont notre cerveau appréhende les risques et les pertes. Daniel Kahneman et Amos Tversky, dans leur théorie des perspectives, ont montré que nous ressentons les pertes avec deux fois plus d’intensité que les gains. Notre perception n’est pas linéaire : elle est biaisée par la peur, par l’émotion, par l’évolution elle-même qui nous a appris … Lire la suite

Je lis Sansal, parce qu’il est libre.

Ce week-end, dans toute la France, des voix s’élèvent pour un écrivain que l’on veut faire taire. #JelisSansal : c’est le mot d’ordre d’une opération nationale lancée par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, pour soutenir l’un des plus grands écrivains francophones vivants, pris en otage par le régime algérien. De nombreuses communes relaient cet appel : bibliothèques, librairies, lecteurs et élus dressent une muraille de livres contre le silence, contre l’oubli, contre la peur.

Il y a quelques jours, nos bacheliers planchaient sur cette question : « La vérité est-elle toujours convaincante ? »
Il est urgent de répondre, avec Boualem Sansal, que convaincante ou pas, la vérité ne doit jamais être … Lire la suite

La vérité est-elle toujours convaincante ?

Ce matin, en écoutant les sujets du baccalauréat de philosophie, j’ai entendu cette question : « La vérité est-elle toujours convaincante ? » Et aussitôt, j’ai replongé dans mes années lycée, dans cette belle maison de savoir qu’était (et reste) le Lycée David d’Angers, où m’enseignèrent des maîtres inoubliables : Guy Ursulet, subtil dialecticien, et Yvon Joseph-Henri, penseur rigoureux au regard pénétrant. En leur hommage, et en souvenir des heures passées à disserter sur des tables grises, j’ai voulu me prêter à l’exercice. Ou plutôt, me laisser aller à une digression — une humeur du jour, au carrefour de la mémoire, de l’actualité et de la fidélité. « La vérité est-elle toujours convaincante ? » Quelle belle Lire la suite

Bertrand Alliot : l’homme qui ose briser les idoles vertes

Un hommage à l’auteur de « Comprendre l’incroyable écologie »

Une écologie devenue idolâtrie

Avec Bertrand Alliot, nous avons compris assez tôt que l’écologie, telle qu’elle est déclamée aujourd’hui, n’est ni une science, ni une politique, ni même une véritable religion. Elle s’apparente plutôt à une idolâtrie : une vénération aveugle d’une Nature idéalisée, un rejet viscéral de l’homme, une sanctification de la planète où le réel n’a plus sa place.

Ceux qui tombent dans ses rets ne sont pas les plus humbles ni les plus proches de la terre. Ils sont souvent urbains, ou néo-ruraux récemment convertis, déconnectés du vivant autant que fascinés par lui. Leur méconnaissance de la nature est flagrante : ils ignorent ses excès, ses cycles, … Lire la suite

Un an après la dissolution, la France paye l’addition.

Il y a un an, presque jour pour jour, un président élu sur la promesse de la stabilité prit la décision la plus instable qui soit : dissoudre l’Assemblée nationale. Non pas pour répondre à une crise, ni pour restaurer l’autorité, mais pour reprendre la main – après une défaite électorale qui n’avait d’autre portée que celle de l’humiliation personnelle.

« Un acte gaullien », osa dire Gérald Darmanin, dans un moment de lyrisme hors de saison. Le Général, lui, convoquait le peuple dans les heures les plus tragiques. Emmanuel Macron, lui, l’a fait à l’heure de sa défaite. On parle du 18 juin ; on assista à un 9 juin d’enfant gâté. Un « itinéraire » – certes – … Lire la suite

Tout est faux, ou presque, dans le discours d’Agnès Pannier-Runacher

Il est des moments où le bon sens réclame qu’on lève le voile. Où la réalité, trop longtemps pliée aux discours, finit par resurgir, brutale, incontestable. Le discours d’Agnès Pannier-Runacher, incarnation d’une écologie d’apparat, concentre à lui seul ces contradictions qui sapent la confiance des Français, et affaiblissent l’État. Il faut le dire avec calme, mais avec fermeté : tout est faux, ou presque, dans cette rhétorique officielle.

Prenons la question de la santé publique, souvent invoquée pour justifier l’interdiction des véhicules anciens dans les centres-villes. Ainsi le projet des Zones à Faibles Émissions (ZFE) [1] proposait (aujourd’hui abandonné) de chasser les conducteurs modestes au nom des particules fines. Mais dans le même temps, dans les funestes DPE, on décourage … Lire la suite

Pour une politique énergétique de souveraineté et de bon sens

À l’heure des incertitudes géopolitiques, de la flambée des prix de l’énergie et du défi climatique, la question énergétique n’est plus simplement technique ou environnementale : elle est devenue un enjeu vital de souveraineté, de compétitivité et de stabilité nationale. La France doit sortir des logiques idéologiques pour renouer avec une stratégie fondée sur l’efficacité, l’indépendance et la cohérence.

C’est dans ce contexte qu’une proposition de loi récemment débattue vise à fixer une trajectoire énergétique de long terme. Parmi ses orientations, la relance de la filière nucléaire française mérite d’être saluée, encouragée et amplifiée.

Le nucléaire : pilier décarboné, pilotable et stratégique

Depuis les années 1970, la France s’est dotée d’un parc nucléaire unique en Europe, qui lui a permis … Lire la suite

Ports, logistique et souveraineté : la mer, levier oublié de la transition écologique

La France aime se penser comme une grande puissance maritime. Son territoire s’étend sur tous les océans, elle dispose de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) au monde [1] et d’une biodiversité marine exceptionnelle. Pourtant, dans les faits, notre pays tourne le dos à la mer. Et avec elle, à l’un des leviers les plus puissants pour allier développement économique et réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Aujourd’hui, plus de deux tiers des conteneurs à destination de la France transitent par les ports d’Europe du Nord : Anvers, Rotterdam, Hambourg [2]. De là, ils sont transportés par camion sur des centaines de kilomètres jusqu’au territoire français. Cette situation, dénoncée depuis des années, constitue une aberration logistique et … Lire la suite

« Bruno Retailleau : la victoire de la clarté, de la fidélité et du courage » [Valeurs Actuelles]

TRIBUNE. L’élection de Bruno Retailleau à la tête des Républicains n’est pas une simple alternance interne. Elle signe le retour d’une droite cohérente, enracinée et exigeante, portée par un homme de convictions.

Par Yves d’Amécourt

Publié le 29 mai 2025 à 13h00 Mis à jour le 28 mai 2025 à 14h32

L’élection de Bruno Retailleau à la présidence des Républicains marque un tournant dans l’histoire récente de la droite française. Elle consacre un homme de convictions, au parler franc, dans un pays assoiffé de vérité politique. Son action remarquée au ministère de l’Intérieur, où il ose nommer les maux et proposer des remèdes, sert la lucidité républicaine. Alors que tant d’autres enrobent les réalités pour mieux les fuir, lui … Lire la suite

Il n’y a pas d’écologie sans connaissance

« Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé », disait Albert Einstein. En matière d’écologie, cette phrase prend aujourd’hui un sens tragique. Car notre époque, qui prétend faire de l’environnement une priorité, semble avoir évacué la science du débat écologique, au profit du soupçon, du slogan, et de l’émotion.

Le résultat ? Une écologie devenue dogme, une parole scientifique censurée ou caricaturée, des politiques publiques absurdes, qui stigmatisent ceux qui nourrissent et entretiennent la terre, tout en exonérant ceux qui en parlent sans jamais s’y confronter.

Le savoir rejeté, la science disqualifiée

Les biotechnologies, les solutions de génétique de précision, les innovations agronomiques : toutes sont jetées en bloc dans l’opprobre, indépendamment des évaluations rigoureuses menées … Lire la suite

« Conscience sans sciences n’est que ruine de la politique » [L’Opinion]

Par François Arnoux, céréalier, producteur de semences, dans le Sud de la Vendée, Claire Dutter, productrice de lait, de sucre et de céréales dans le Bas-Rhin, Bruno Cardot, producteurs de céréales, de betteraves, de pommes de terre, de maïs, de colza et viticulteur dans l’Aisne, Jean-Marc Chamignon, agriculteur dans l’Allier (polyculture-élevage),président de la SICA BB (Société Coopérative Agricole du Bocage Bourbonnais), vice-président de l’UCAL,une union de coopératives agricoles, Rémy Heim, agriculteur et entrepreneur en travaux agricoles, chercheur de solutions innovantes, en Alsace, Eric Allard, arboriculteur et conseiller arboricole dans les Hautes-Alpes, Yves d’Amécourt, viticulteur en Gironde et en Dordogne.

Une version allégée de cette tribune est publiée Lire la suite

Saint Yves : Pour une justice de dignité, d’ordre et de paix

En ce 19 mai, jour de la fête de Saint Yves, mon saint patron, j’ai souhaité lui rendre hommage. Je porte ce prénom en souvenir de ma grand-mère paternelle, Yvonne Berthemy, et en hommage à la Bretagne, région de cœur de ma maman (mes grands-parents maternels habitaient Plestan, dans les Côtes d’Armor). Saint Yves, avocat des pauvres et patron des juristes, incarne cette justice à la fois forte, humaine et protectrice dont notre époque a tant besoin.

Saint Yves : pour une justice de dignité, d’ordre et de paix

Le 19 mai, l’Église célèbre la fête de Saint Yves, patron des juristes, des avocats et des pauvres. Fils d’un seigneur breton, Yves Hélory de Kermartin (1253-1303), plus connu sous le … Lire la suite

L’Europe, ce grand rêve à réveiller

En cette Journée de l’Europe, il est temps de lever les yeux au-dessus des règlements tatillons et des frontières administratives pour retrouver l’horizon des commencements.

L’Europe n’est pas née pour comptabiliser des déficits et produire des normes, mais pour ouvrir des routes et bâtir des ponts — des ponts entre les peuples, entre les cultures, entre les âmes. Elle fut le berceau de la liberté quand tout semblait perdu, le phare de l’esprit dans les nuits les plus sombres, la main tendue au-dessus des ruines.

Aujourd’hui, l’heure n’est plus aux traités sans grandeur ni aux prudences sans lendemain. L’Europe doit redevenir cette force qui protège et qui inspire, cette terre où l’on forge l’avenir avec la même ardeur qu’hier.

Il … Lire la suite

5 mai 1992 – 5 mai 2025 : Philippe Séguin, l’honneur d’un discours et la fidélité à la nation

Il est des dates qui passent inaperçues, et d’autres qui, lentement mais sûrement, s’imposent à la mémoire nationale. Le 5 mai 1992 est de celles-là. Ce jour-là, dans l’hémicycle du Palais Bourbon, Philippe Séguin, debout comme un chêne au milieu d’une forêt de parlementaires, prononça l’un des discours les plus profonds et les plus prémonitoires de la Ve République.

Ce n’était pas un discours de circonstance. C’était un discours de destin.

Ce n’était pas une manœuvre politicienne. C’était une adresse à l’Histoire.

Ce n’était pas une posture. C’était une alerte.

Le traité de Maastricht allait être soumis à la représentation nationale. À travers lui, c’était plus qu’un texte de droit, plus qu’un simple “passage à la monnaie unique”, c’était … Lire la suite

[POINT DE VUE] « L’ignorance coûte plus cher que l’uranium »

Il est temps de cesser de diaboliser l’atome.

Depuis quarante ans, l’énergie nucléaire est la grande absente du débat honnête sur notre avenir énergétique. On la craint, on la dénigre mais, rarement, on la comprend.

Le 28 avril, à la tribune de l’Assemblée nationale, Dominique Voynet déclarait que deux tiers de l’énergie produite par nos centrales nucléaires étaient perdus. Ce chiffre, répété avec une satisfaction à peine voilée, semble vouloir disqualifier toute une filière. Il est pourtant connu de tout ingénieur : cette « perte » est inhérente à toute machine thermique. Le cycle de Carnot, implacable loi de la nature, impose des limites au rendement de toute transformation de chaleur en électricité. Mais ce que Mme Voynet oublie, c’est … Lire la suite

Proportionnelle : le poison lent de la démocratie

Il est des idées qui reviennent comme les modes : on les croit nouvelles, elles ont simplement changé d’étiquette. Ainsi en va-t-il de la proportionnelle. À chaque crise politique, à chaque désamour entre le peuple et ses élus, elle ressurgit, auréolée de promesses. Mais derrière les séductions de l’affichage, c’est souvent un vieux poison que l’on propose de resservir à la démocratie française.

La proportionnelle, nous dit-on, serait plus juste, plus fidèle, plus respectueuse. Hélas ! Sous ses atours flatteurs, elle est d’abord la négation du suffrage universel. Elle déshumanise ce lien simple et magnifique qui unit un électeur à son élu. Elle remplace l’homme par la liste, l’engagement personnel par l’appareil partisan. « Le suffrage par le choix est Lire la suite

[TRIBUNE] « Drapeau en berne et République laïque : un hommage, pas un sacrilège ! » Boulevard Voltaire

La neutralité n’est pas l’oubli, le respect n’est pas la soumission.

« L’Histoire, disait Chateaubriand, est un grand cimetière illuminé. » Et parfois, il arrive que la République elle-même se recueille sur une tombe.

Le jour où un pape s’éteint, c’est plus qu’un souverain spirituel qui disparaît : c’est une page du monde qui se tourne. L’hommage rendu par la France, en mettant ses drapeaux en berne, n’est pas un chapelet égrené au fronton de la laïcité mais un salut à la mémoire d’un homme, chef d’État du plus petit territoire et conscience d’un milliard de fidèles.

Il s’en trouvera pour crier à l’entorse, au sacrilège laïque. Comme si le drapeau tricolore, effleuré par le vent du deuil, devenait … Lire la suite

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